par Pascale Denis
PARIS (Reuters) - Une plainte au pénal déposée contre "X" pour "abus de biens sociaux et recel" a été déposée mardi par Sophie Boegner, administratrice de la holding familiale SLPS contrôlant la société
Wendel Investissement à hauteur de 34%.
Cette plainte vise les conditions dans lesquelles une quinzaine de cadres de
Wendel, à l'issue d'un montage complexe ayant abouti à une simplification des structures de contrôle de la société, ont obtenu 4,5% de son capital via des actions dont la valeur totalisait, il y a un an, plus de 300 millions d'euros, a-t-on appris auprès de l'avocat de la plaignante.
"Une plainte contre X a été déposée mardi. Il est bien clair qu'elle vise les 4,5% du capital du groupe qui ont été attribués au management pour plus de 300 millions", a déclaré à Reuters maître Patrick Maisonneuve.
Ce montage, destiné à associer les
dirigeants de
Wendel au capital du groupe, a notamment concerné Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance de
Wendel et également président du conseil d'administration de la SLPS, et
Jean-Bernard Lafonta, président du directoire de
Wendel.
Il a défrayé la chronique, par l'importance des sommes en jeu, depuis la parution d'un article du Monde sur le sujet, début mai.
La fronde menée par Sophie Boegner a poussé le président de la SLPS, Ernest-Antoine Seillière, à réunir à deux reprises les actionnaires familiaux de la holding pour répondre à leurs interrogations et leur donner les détails des différentes opérations intervenues entre 2004 et 2007.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE
WENDEL
La SLPS rappelle, ce mercredi dans un communiqué, que son conseil a été régulièrement informé des modalités de la restructuration et qu'il a approuvé à l'unanimité - y compris Sophie Lévine-Boegner - l'opération de simplification des structures familiales.
Elle ajoute que "les opérations de restructuration des holdings familiales
Wendel-Participations et SLPS ont été menées en parfaite légalité" et que son conseil demandera la révocation de la plaignante, le 11 juin prochain.
Elle engagera "les moyens judiciaires afin de faire cesser la diffusion d'informations trompeuses et diffamatoires".
Pour sa part,
Wendel, qui réunit son assemblée générale le 9 juin, a fait savoir dans un communiqué qu'elle prenait acte de la plainte déposée au niveau de SLPS et qu'elle "étudiait les moyens à l'encontre de Sophie Boegner pour diffusion de fausses informations et dénonciation calomnieuse".
La question de la rémunération des
dirigeants, via l'intéressement au capital des entreprises, pourrait donc refaire surface à l'occasion de l'assemblée générale de la société d'investissement, lundi prochain.
Interrogée, Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires, estime que ces questions doivent être débattues "au départ et non à l'arrivée".
"Cela se rapproche de la question des stock-options, quand ça marche. Le problème, c'est la quantité, qui doit être discutée, au départ", a-t-elle dit à Reuters.
Proxinvest rappelle quant à elle avoir pris position contre les conventions de 2007 portant sur la simplification des structures de holding de
Wendel.
"Nous étions opposés à ces conventions, car nous estimions alors qu'elles n'étaient pas tout à fait proportionnées", a déclaré à Reuters Pierre-Henri Leroy, dirigeant de la société de conseil aux investisseurs pour le vote en assemblée générale.
Wendel a fait savoir qu'elle "ne tolérera pas que ce sujet, qui concerne SLPS, donne lieu à la diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l'intérêt de ses actionnaires, à la crédibilité de
Wendel ou de son équipe de direction".
Le parquet peut classer la plainte sans suite, ouvrir une enquête préliminaire de police ou une information judiciaire confiée à un juge d'instruction.