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Vers une année 2008 contrastée sur les marchés actions européens
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Mardi 18 Décembre 2007 à 15:12
PARIS (Reuters) - Les marchés actions européens devraient connaître un début d'année difficile et volatile en
2008, avec les tensions persistantes sur les marchés du crédit et les incertitudes sur l'évolution de l'économie
américaine, pour bien finir l'année grâce à la bonne santé des entreprises, à la croissance des pays émergents et
à des liquidités qui demeurent toujours aussi abondantes.

Rares sont cependant les professionnels qui écartent la possibilité d'une récession américaine, souvent
considérée comme le risque principal de ce scénario favorable en raison de l'absence de véritable découplage de
l'économie mondiale avec celle des Etats-Unis.

"Nous pensons que 2008 sera une histoire en deux parties contrastées. Le premier semestre devrait être peu
dynamique avec les retombées de la contraction du crédit, de prix de l'énergie au plus haut et de l'ajustement du
marché immobilier américain", prédit la banque américaine JPMorgan dans une étude.

"Cependant, bien que les incertitudes macroéconomiques restent élevées, nous ne pensons pas que nous soyons
en fin de cycle et nous attendons un rebond de croissance plus tard dans l'année", ajoute l'intermédiaire qui table
sur une hausse de 10% des Bourses européennes l'année prochaine.

AGF Asset Management est aussi optimiste avec un gain de l'ordre de 9% de l'indice EuroStoxx 50 d'ici fin
2008. Crédit Agricole Asset Management attend de son côté une croissance de 5 à 7% et UBS estime "tout à fait
possible" un pourcentage à deux chiffres.

TRIPLE CHOC

"Il est aisé de construire un scénario noir, récessionniste voire déflationniste. Mais notre sentiment est que la
situation n'est pas aussi noire qu'on veut bien aujourd'hui le dire", a récemment déclaré Pascal Blanqué, directeur
de la gestion de CAAM lors d'un point presse. "Nous sommes dans la seconde partie du cycle, une deuxième
partie avec un ralentissement de la croissance et une normalisation des prises de risque".

La solidité des bilans des entreprises, y compris financières, la dynamique des pays du Sud, la normalisation
progressive des conditions de crédit grâce à l'action des banques centrales, des liquidités abondantes, avec les
surplus accumulés par les pays émergents, et une valorisation raisonnable des marchés actions sont autant de
facteurs évoqués pour étayer un optimisme relatif pour 2008.

Des intermédiaires se disent néanmoins prudents à court terme compte tenu du triple choc -- marasme
immobilier, hausse du coût de l'énergie et contraction du crédit -- qui affecte aujourd'hui l'économie américaine.

Dans une récente étude intitulée "Credit crunch, ou l'ère du discredit", l'économiste de marché d'Oddo
Securities Bruno Cavalier soulignait ainsi : "au plan macroéconomique, la crise financière crée les conditions d'un
très fort ralentissement d'activité aux Etats-Unis. Le risque que cela débouche sur une récession véritable
(comme en 1990), ou, à défaut, sur une quasi-récession (comme en 2001) est très élevé. Bien entendu le reste du
monde ne sera pas indemne".

Le responsable de la stratégie d'Oddo, Jean Danjou, souligne dans une autre note que "des PE modérés dans le
contexte de taux peu élevés ne peuvent protéger efficacement d'une correction sensible à venir des
perspectives bénéficiaires". "Les indices ont perdu moins de 10% depuis leur plus haut, une correction de 20-30%
nous semble nécessaire pour nous permettre de redevenir constructif", ajoute-t-il en préconisant une approche
sectorielle défensive en faveur de la consommation courante, des services publics, de la pharmacie et du pétrole.

La banque d'affaires américaine Morgan Stanley vient de son côté d'indiquer qu'elle tablait désormais sur une
récession de 1% en moyenne annuelle au 4e trimestre 2007 et sur les deux premiers trimestres de 2008, avec
une croissance nulle en glissement au 4e trimestre de l'année prochaine et une baisse de 5 à 10% des bénéfices
des sociétés sur cette période.

"Des conditions financières plus strictes et la baisse des résultats des sociétés vont impacter les programmes
d'investissement et cette situation ainsi que les ralentissements attendus en Europe et au Japon vont fragiliser la
croissance mondiale", soulignent les stratèges de la banque qui tablent dans leur scénario central (auquel la
banque attribue un taux de probabilité de 45%) sur un recul de 4% des marchés européen en 2008 et de 20% en
cas de récession mondiale (scénario noir auquel la banque attribue un taux de probabilité de 35%).

VOLATILITE ATTENDUE

La banque conseille donc de rester "neutre" sur les actions avec des positions défensives au détriment des
cycliques.

Axa Investments Managers est un autre intermédiaire circonspect. "La décélération du cycle économique,
accentuée par les risques de 'credit crunch', nous incitent à entrer dans l'année 2008 avec beaucoup de
prudence", explique Sébastian Paris-Horvitz, directeur de la stratégie d'investissement dans une note.

Tout en excluant l'entrée des marchés boursiers dans une phase baissière, Axa IM évoque une "période de
turbulence" dans les prochains mois en raison de l'impact de la crise financière et de déceptions au niveau des
résultats de sociétés. Axa IM conseille en conséquence la sous-pondération sur les actions et la surpondération
sur les emprunts d'Etat.

Dans ce contexte incertain, tous les intermédiaires s'accordent à penser que l'année 2008 sera finalement
très volatile avec ses risques et ses opportunités.

AGF AM attend une progression de la volatilité dans toutes les classes d'actifs, ce qui "va favoriser des choix
actifs de gestion".

"Nous sommes désormais dans la partie mature du 'rally' des actions. On a rasé gratis depuis trois ans.
Aujourd'hui la volatilité est de retour", souligne de son côté Pascal Blanqué, le directeur de la gestion de CAAM.
Le responsable adjoint de la stratégie de cette société de gestion, Patrick de Faguier, renchérit : "Il y aura
moins de directionnel pur, il va falloir être plus sélectif dans cette phase de maturation du cycle".

"Le chemin est peut-être difficile mais cela en vaut encore la peine. Donc attachez vos ceintures", a lancé
récemment Ad van Tiggelen, stratégiste senior chez ING Investment Management.

Nicolas Rialan


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