(La Vie Financière) -
Quel est le bilan de votre première année de cotation en Bourse ?
M. V. En 2007, la Bourse nous a permis de lever au total 32 millions d'euros. Avant, nous investissions dans l'éolien tout l'argent que nous gagnions dans la branche
eau. A présent, Vergnet a déménagé pour accélérer sa croissance. Nous avons recruté soixante personnes dont vingt ingénieurs au bureau d'études ; nous travaillons avec les meilleurs
logiciels, que nous n'aurions jamais pu nous offrir auparavant ; nous pouvons faire appel aux plus grands cabinets de certification comme Germanischer Lloyd, qui refait tous nos calculs, vérifie toutes nos données et va nous permettre d'atteindre un niveau de qualité irréprochable. Un ancien directeur de
Valeo nous a rejoints comme directeur général adjoint, il nous apporte son expérience de gestion de trois usines à travers le monde.
Votre levée de fonds doit financer la production de l'éolienne GEV HP de 1 mégawatt résistante aux cyclones. Comment se présente la mise en production prévue en début d'année ?
Nous tenons le calendrier. La chaîne de production se met en place dans notre nouveau bâtiment qui comporte deux travées de 60 mètres pour l'assemblage des nacelles, le moule des pales est fait, les principaux composants sont là , les équipes sont structurées. Toute la phase de préparation de l'industrialisation est terminée et les deux premiers exemplaires sont en fabrication, nous sommes en train de rédiger la documentation. Nous restons sur un objectif de trente expéditions en 2008, l'installation étant programmée en 2009. Nous avons déjà vingt-huit préréservations.
Avec un baril à 100 dollars, l'analyse du potentiel de votre marché a-t-elle changé ?
Notre marché se confirme. La hausse du prix du baril va renchérir le prix de l'énergie pour notre marché du Farwind. C'est une zone qui compte 130 pays (1,5 milliard d'habitants), dont font partie Cuba, Saint-Domingue, Djibouti, les îles Fidji, contraints de produire de l'énergie à partir du pétrole importé... Pour ces pays, le prix de revient du kilowattheure produit à partir des énergies fossiles se situe déjà à environ 0,12-0,13 euro tandis que l'éolien est jusqu'à 40 % moins cher. De plus, ces pays sont soucieux d'assurer la sécurité de la fourniture d'électricité à la population alors que certaines îles peuvent redouter qu'un jour où l'autre les tankers ne s'y arrêtent plus pour livrer des cargaisons jugées insuffisantes.
Dans ce contexte, il est clair que notre éolienne bipale GEV HP, seul produit d'une puissance de 1 mégawatt parfaitement adapté à ces zones généralement cycloniques car muni d'un système rabattable, est d'une totale pertinence. L'an dernier, nous avons d'ailleurs observé que le nombre de projets d'implantation avait été multiplié par cinq. Et nous avons identifié à ce jour des demandes pour 2 000 mégawatts. Le potentiel du marché est bien plus vaste.
Confirmez-vous que Vergnet restera dans le rouge en 2007 en raison d'une révision à la baisse du chiffre d'affaires de 25 % ? Comment s'annonce 2008 ?
Effectivement, à l'automne, nous avions dû revoir nos prévisions à la baisse car trois appels d'offres pour lesquels nous étions les seuls à soumissionner ont été reportés. Or ils sortent actuellement. Nous soumissionnons dans les jours prochains pour l'un d'entre eux, le deuxième est en cours et le troisième est sur le point d'être relancé. Cependant, nous restons sur nos prévisions de 2008 pour un chiffre d'affaires de 66,2 millions d'euros. Nous sommes optimistes car notre clientèle s'élargit. En plus de nos clients traditionnels, le plus souvent des sociétés d'électricité locales, nous sommes maintenant approchés par des développeurs qui s'intéressent eux aussi à ce marché du Farwind.
Maintenez-vous vos objectifs à plus long terme ?
Vergnet, qui a déjà produit et commercialisé 600 éoliennes dans le monde, est en train de conquérir le « Farwind ». Nous voulons faire des choses utiles en gagnant de l'argent et, cette entreprise, nous sommes en train de la réussir. Je maintiens mes prévisions bénéficiaires. Mon objectif reste de réaliser un chiffre d'affaires de 166 millions d'euros en 2010 [Ndlr : contre 32 millions attendus en 2007] avec une marge d'exploitation de 12 %
Propos recueillis par Marie-Jeanne Pasquette et parus dans
La Vie Financière N° 3267 du 18 au 24 janvier 2008