PARIS (Dow Jones)--L'action
Unibail-Rodamco (UL.FR) recule jeudi après l'annonce d'une baisse du bénéfice net du groupe à 954,4 millions d'euros en 2007, en raison d'une charge de dépréciation plus élevée que prévu liée à l'acquisition du néerlandais Rodamco, et après la présentation de perspectives peu enthousiasmantes pour les investisseurs.
A 13h36, l'action du groupe foncier européen recule de 3,1% à 156 euros.
Unibail-Rodamco a annoncé jeudi une charge comptable de 1,33 milliard d'euros pour prendre en compte une baisse plus forte que prévu de la survaleur liée à l'acquisition de Rodamco et constitue une mauvaise surprise, estime Rabo Securities.
Le courtier estime en outre que les perspectives de croissance du groupe sont décevantes.
Si
Unibail-Rodamco a confirmé son objectif de hausse du résultat net récurrent de 10% par an en moyenne entre 2007 et 2012, il a toutefois indiqué que la progression ne serait que de l'ordre de 7% cette année.
"Les investisseurs auraient voulu en savoir plus sur la stratégie en matière de croissance du résultat récurrent", avance Rogier Quirijns, analyste Ã
ABN Amro, pour expliquer la réaction négative du marché.
"Le groupe n'en a pas dit beaucoup plus qu'il y a six mois. La direction, qui prête généralement attention aux actionnaires, est probablement occupée à l'intégration" d'
Unibail et de Rodamco, dont les résultats du second semestre ont été consolidés au sein du groupe, ajoute-t-il.
Sur l'ensemble de l'exercice 2007, le groupe a dégagé un résultat net récurrent par action en hausse de 15,4% à 7,86 euros, grâce à la progression de loyers nets perçus.
Contrairement au résultat net, ce résultat ne prend pas en compte les plus-values de cession, ni l'appréciation du patrimoine du groupe.
Le dividende proposé au titre de l'exercice écoulé sera de 7 euros, soit 40% de plus que pour 2006, a annoncé
Unibail-Rodamco.
Au cours de la conférence de presse consacrée aux résultats annuels, le président du directoire
Guillaume Poitrinal a déclaré que le ralentissement de la croissance du résultat attendu pour 2008 s'expliquait par une base de comparaison défavorable au niveau du résultat "récurrent".
Le dirigeant a par ailleurs indiqué que le groupe poursuivrait sa stratégie de cessions d'actifs "éparpillés" sur le territoire hollandais, au sein du portefeuille de Rodamco.
"Ce qui nous intéresse c'est la taille critique, la masse critique", a-t-il déclaré en soulignant que le groupe visait en priorité les actifs à fort potentiel présents dans les grandes agglomérations. "Il y aura aussi des cessions en France" dans le cadre de cette stratégie d'arbitrage, a-t-il ajouté.
En 2008, la progression de la valeur des actifs "sera tirée par les loyers, pas par une diminution des rendements", a prévu le dirigeant, alors que l'actif net réévalué du groupe a progressé de 20,4% en 2007, à 169,3 euros par action.
Le patrimoine total de la foncière était quant à lui évalué à 25,3 milliards d'euros au 31 décembre dernier.
"Nous n'observons pas de ralentissement de la consommation dans nos grands centres commerciaux", s'est voulu rassurant
Guillaume Poitrinal, soulignant par ailleurs que le groupe misait plus sur les performances des commerçants que sur l'indexation des loyers pour faire croître ses revenus locatifs.
Côté bureaux, le dirigeant n'a pas exclu une "correction des taux de capitalisation", dans le contexte actuel de crise du crédit en provenance des Etats-Unis.
Mais "toute correction sera purement financière et de courte durée. Les fondamentaux - cash flow, loyers - restent bons", a-t-il affirmé.
"Nous ne sommes pas inquiets sur le marché des bureaux", a-t-il ajouté, soulignant que le dynamisme du marché locatif devrait jouer un rôle "d'amortisseur" pour le groupe.
-Thomas Varela, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 72; thomas.varela@dowjones.com
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February 07, 2008 08:02 ET (13:02 GMT)