Thomas Varela
DOW JONES NEWSWIRES
PARIS (Dow Jones)--La foncière franco-néerlandaise
Unibail-Rodamco (UL.FR) a annoncé jeudi qu'elle abandonnait ses prévisions de croissance pour la période 2007-2012 en raison de l'évolution des conditions de marché dans le secteur immobilier, mais s'est montrée confiante dans sa capacité à atteindre les objectifs fixés pour 2008.
Le groupe, qui misait jusqu'à présent sur une progression moyenne de 10% par an de son résultat courant par action sur la période, a indiqué à l'occasion de la présentation de ses résultats du premier semestre qu'il présenterait de nouveaux objectifs à moyen terme lors de la publication de ses résultats annuels 2008 au mois de février prochain.
"Les paramètres changent, le monde change et nous voulons prendre cela en compte dans notre modèle" de prévisions, a déclaré le président du directoire du groupe
Guillaume Poitrinal jeudi lors d'une conférence téléphonique, en soulignant la hausse du coût du crédit intervenue depuis le déclenchement de la crise financière à l'été 2007, ainsi que la progression de l'inflation et des coûts de la construction.
Cette évolution du marché n'a toutefois pas empêché le groupe d'immobilier commercial de publier jeudi des résultats légèrement supérieurs aux attentes pour le premier semestre, le résultat courant progressant de 6,9% à 4,33 euros par action, tiré par la hausse des revenus locatifs. Le groupe a également confirmé son objectif d'une croissance de 7% du résultat courant par action sur l'ensemble de 2008.
"La non confirmation des objectifs à l'horizon 2012 n'est pas un élément positif mais elle est compréhensible compte tenu du contexte économique actuel", commente un analyste de la banque RBS, en soulignant également la forte croissance du résultat courant au premier semestre.
Jeudi à 12h45, l'action
Unibail-Rodamco progresse 4,1% à 145,77 euros, bénéficiant des résultats semestriels légèrement meilleurs que prévu ainsi que d'un rebond technique après la forte baisse de ces dernières semaines, liée aux inquiétudes suscitées par les signes croissants d'un retournement du marché immobilier.
Alors que les inquiétudes des investisseurs s'étaient notamment cristallisées sur l'éventualité d'une baisse de la valeur du patrmoine du groupe,
Unibail-Rodamco a réussi à afficher une progression de 1,6% de son actif net réévalué depuis le début de l'année, dans un environnement plus difficile. L'ANR du groupe atteignait 172 euros par action au 30 juin, avec un patrimoine immobilier d'une valeur de 26,1 milliards d'euros au total.
Selon les analystes, la question de la valeur des actifs devrait pourtant continuer à se poser au cours des prochains mois, les valeurs d'expert retenues dans les dernières transactions risquant de ne pas refléter la correction actuelle du marché.
Au premier semestre, seul le portefeuille de bureaux d'
Unibail a connu une perte de valeur, à hauteur de 315 millions d'euros, compensée par la croissance enregistrée sur le principal marché du groupe, celui des centres commerciaux, dont la valeur a progressé de 319 millions d'euros, grâce à la hausse des loyers sur la période. Tous ces chiffres s'entendent à périmètre constant.
Le revenu locatif net, qui représente l'équivalent du chiffre d'affaires pour une foncière, s'est établi à 599 millions d'euros en raison de la fusion entre
Unibail et Rodamco, contre 233 millions d'euros pour
Unibail seul au premier semestre 2007.
Le président d'
Unibail-Rodamco s'est dit serein jeudi sur l'évolution de la valorisation des centres commerciaux du groupe, qui devrait profiter de la poursuite de la hausse des loyers. Le marché des bureaux, plus cyclique, a en revanche "subi un fort ajustement au premier semestre", marqué par une remontée de 60 points de base des taux de rendement, a-t-il souligné.
Face à cet environnement "plus incertain", le dirigeant a indiqué que le groupe envisageait de procéder à des rachats d'actions en cas de nouvelle baisse de son cours de Bourse, qui a reculé de plus de 20% depuis juillet 2007.
Des cessions d'actifs pourraient être envisagées pour financer ces rachats d'actions, a ajouté le dirigeant sans préciser le montant des cessions éventuelles. Le groupe a reçu l'autorisation de ses actionnaires de racheter jusqu'à 10% de son capital.
- Thomas Varela, Dow Jones Newswires; +33 (1) 40 17 17 40: thomas.varela@dowjones.com
(END) Dow Jones Newswires
July 24, 2008 06:59 ET (10:59 GMT)