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Un marché paralysé nourrit des décotes excessives des foncières
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Jeudi 03 Juillet 2008 à 17:32
PARIS (Reuters) - L'absence de grosses transactions sur le marché immobilier français retarde la prise en compte de la crise et explique la forte décote boursière dont souffrent les foncières, notent des responsables du secteur.

Depuis le début de l'année, quelque deux milliards d'euros d'actifs ont été retirés de la vente dans un contexte de crédit rare et de retournement de marché, selon des professionnels.

"Le marché est incroyablement peu favorable aux grandes transactions en ce moment. Les acheteurs qui ont besoin de la dette ont du mal à en obtenir et ceux qui ont des fonds propres attendent que les prix baissent encore", a déclaré l'un d'eux.

Dans ce contexte, le président de la Fédération des Sociétés immobilières et foncières (SFIF), Jean-Paul Dumortier, appelle les experts à ajuster rapidement à la baisse, dès la publication des comptes du 1er semestre, les valorisations des actifs du patrimoine des sociétés foncières (leur actif net réévalué).

"Chacun sait que les prix vont baisser. (...) Ce n'est pas encore le cas en France. J'espère que (la baisse des prix) ne sera pas trop lissée dans le temps", a-t-il déclaré jeudi lors d'un colloque du Forum financier organisé par Paris Europlace.

"Les expertises ne prennent pas en compte, faute de transactions, la baisse des prix. C'est ce qui explique la très forte décote dont souffrent les foncières cotées", a-t-il dit

"Si les experts ratent le rendez-vous du 30 juin, ce serait une mauvaise nouvelle (pour le secteur coté)", a-t-il ajouté.

Les valeurs foncières, dont la décote peut aller jusqu'à 30% pour les plus liquides, souffrent aussi de la spécialisation de leur actionnariat minoritaire - OPCV ou fonds immobiliers - forcé de vendre des titres pour faire face à une décollecte massive, a ajouté Michel Clair, président du directoire de Klépierre, spécialisé dans les centres commerciaux.

Il estime en revanche que, sur le marché français des centres commerciaux, la concurrence reste vive et attend une prochaine transaction importante d'un portefeuille de centres commerciaux.

Le directeur général de Société Foncière Lyonnaise (SFL), Yves Mansion, a jugé pour sa part que la baisse des prix avait déjà été partiellement prise en compte par les foncières, bien qu'il s'agisse d'un exercice difficile lorsqu'il n'y a pas de marché. "Valeur de marché suppose qu'il y ait un marché", dit-il.

Juliette Rouillon


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