(La Vie Financière) - La riposte d’
Electronic Arts (EA) ne s’est pas fait attendre. Deux mois après l’annonce de la fusion entre
Vivendi Games – propriétaire du studio Blizzard qui édite le fameux World of Warcraft – et Activision, Electronics Arts vient de lancer une OPA sur Take-Two, éditeur du jeu « Grand Theft Auto ».
EA, numéro un de l’industrie, justifie cette opération à deux milliards de dollars, payée en cash, par la nécessité de renforcer sa position de leader dans un secteur en mutation. Le prix proposé offre une prime de 50 % sur le cours de clôture de vendredi. La direction de Take Two a refusé une telle offre, arguant que
Electronic Arts (EA) cherchait à la racheter à vil prix juste avant la sortie d’un de ses jeux vedettes. Il faut dire que cette offre valorise Take Two 18 fois ses bénéfices attendus en 2008 : un niveau nettement inférieur à la valorisation de ses concurrent.
Cette annonce risque de donner un coup de mou à UbiSoft en Bourse. Difficile en effet de croire que EA, qui détient plus de 15 % du capital du français, pourra rapidement réaliser deux acquisitions majeures. Or, la valorisation d’UbiSoft a sensiblement grimpé (+75 % en un an), notamment en raison des anticipations sur une possible prise de contrôle de la part de l’américain.
« La prime spéculative dont bénéficiait UbiSoft disparaît à court terme, explique Charles-Louis Planade, analyste chez Arkeon Finance. Et même si
Electronic Arts détient une trésorerie de plus de 3 milliards de dollars, il n’est pas exclu qu’il vende une partie de sa participation dans UbiSoft, ce qui risque de peser sur le titre. »
A plus long terme en revanche, dans une industrie du loisir, où les industries du jeu vidéo et du cinéma convergent de plus en plus, Ubisoft pourrait devenir une proie pour un géant des médias comme Viacom, Newscorp ou TimeWarner. L’été dernier,
Yves Guillemot, le Pdg d’Ubisoft ne déclarait-il pas Ã
La VF que « si un rapprochement devait avoir lieu, il aurait plus de sens avec un géant des médias, à la manière de la récente prise de participation de Warner dans
Eidos, qu'avec un autre éditeur ».
Frédéric Cazenave