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UBS, un modèle de banque sous le feu de la critique
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Vendredi 04 Avril 2008 à 20:10
Par Thomas Atkins

ZURICH (Reuters) - UBS se retrouve au centre de la bataille qui se tient dans l'univers de la banque entre les partisans d'un modèle intégré et les avocats de scissions.

Citigroup se trouve dans le même cas de figure, les deux établissements devant affronter les autorités de régulation et des investisseurs mécontents qui les poussent à faire ce que les banques maîtrisent le mieux.

Les mastodontes bancaires ont longtemps tiré profit de leur diversification avec un secteur qui nourrissait l'autre et un champ d'activités qui leur permettait de réduire la volatilité de leurs revenus.

La crise du subprime a balayé ces scénarios, à l'image d'UBS qui a dû procéder à plus de 37 milliards de dollars de dépréciations et procéder à deux augmentations de capital. Son président, le légendaire et autrefois respecté Marcel Ospel, n'y a pas résisté.

La menace pour la banque suisse a pris le visage de son ancien directeur général, Luqman Arnold, qui mène désormais campagne pour démanteler le groupe avant d'en vendre les parties, ne gardant que la gestion de fortune où UBS est le numéro un mondial.

Luqman Arnold mène à présent les activités d'Olivant Advisers, qui détient 0,7% du capital de la banque. Ironie de l'histoire, le dirigeant avait quitté brutalement UBS en décembre 2001 sur un conflit de stratégie avec Marcel Ospel et avait été remplacé par Peter Wuffli.

"Si vous regardez UBS et Citigroup, ils ont exactement les mêmes problèmes en termes de taille et de complexité", a-t-il déclaré lors d'une interview sur la chaîne de télévision CNBC.

Citigroup a dû rechercher du capital pour près de 30 milliards de francs suisses et supprimer des milliers d'emplois. D'autres charrettes sont prévues, surtout dans la banque d'investissement.

La lettre que Luqman Arnold a adressée à Sergio Marchionne, administrateur indépendant et membre non exécutif, et dans laquelle il engage la banque à des réformes plus que symboliques, n'est pas sans rappeler le cas du groupe bancaire néerlandais ABN Amro.

Un actionnaire activiste avait envoyé une lettre en février 2007 dans laquelle il démontrait que la somme des parts du groupe avait plus de valeur que la banque intégrée. Il s'en suivait une bataille de huit mois qui voyait ABN Amro rachetée et démantelée.

Si un tel scénario n'est pas encore d'actualité ni pour UBS, ni pour Citigroup, il ne fait pas de doute que les géants de la branche devront vendre des activités et se dégager de quelques régions pour marquer leur retour vers la simplicité et une transparence réclamées tant par les actionnaires que par les investisseurs.

Thomas Atkins, version française: Pascal Schmuck


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