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| "Tsunami financier" | |
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Lundi 22 Septembre 2008 à 14:25
Catégorie :
Edito
L'annonce, lundi 15 septembre, de la faillite de l'une des plus grandes institutions financières du monde, Lehman Brothers, relance les interrogations sur la solidité des banques et des compagnies d'assurance.
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(La Vie Financière) - Imaginez. Vous avez pris rendez-vous avec votre banquier pour lui expliquer que vous avez spéculé en croyant gagner très vite des millions, mais que les marchés financiers vous ont pris à contre-pied. Bref, vous avez un énorme découvert à combler. Vous serez mal reçu ou, pis, jeté en prison, à l'instar de ce trader de la Société Générale qu'on avait laissé sans contrôle jongler avec les milliards, comme dans le monde virtuel d'un jeu vidéo. Vous vous dites qu'il vaudrait mieux prendre conseil auprès d'un expert en communication avant ce rendez-vous afin de présenter les choses de façon plus avenante. Dès lors, doté d'un argumentaire plus élaboré, vous sollicitez votre banque pour : primo, renforcer vos fonds propres ; secundo, mettre en oeuvre de nouvelles orientations stratégiques ; tertio, vous adapter au nouvel environnement économique. Serez-vous mieux accueilli ? J'en doute. Vous risquez de vous entendre expliquer que, dans la vie, il faut être sérieux et ne pas faire n'importe quoi.
Les sirènes de la spéculation Ce spéculateur dont je parle, vous l'avez compris, c'est l'une de ces grandes institutions financières qui font régulièrement la une de nos quotidiens et l'argumentaire en question est, mot pour mot, celui de Natixis. Toutes les banques américaines, certaines jusqu'au naufrage, ont spéculé sans raison garder sur les subprimes, crédits à taux élevés parce que consentis à des ménages peu solvables, pour acheter un logement, une voiture... Par le jeu de la titrisation, qui consiste pour ces banques à se refinancer en cédant ces paquets de prêts à haut risque à d'autres établissements financiers du monde entier, et des évolutions économiques et financières qui ont rendu insolvables un grand nombre d'emprunteurs, c'est toute la finance internationale qui s'est retrouvée contaminée par ces milliards de dollars de créances douteuses ou irrécupérables. Tenez-vous bien : 182,6 milliards ont été provisionnés en dépréciation d'actifs par l'ensemble des grandes banques mondiales au titre de 2007 et déjà 223,6 milliards pour ce premier semestre ! Il est sidérant de voir ainsi des institutions financières réputées trébucher ou basculer dans la faillite, comme cette semaine Lehman Brothers, juste après le sauvetage en catastrophe par le gouvernement américain des deux géants du crédit hypothécaire, Federal National Mortgage Association et Federal Home Loan Mortgage Corporation, surnommés respectivement Fannie Mae et Freddie Mac. En France, qui sait jusqu'où ce tsunami financier nous entraînera ? Toutes les banques ont cédé, plus ou moins, aux sirènes de cette spéculation, notamment le Crédit Agricole et Natixis, deux établissements dont on aurait pu imaginer que l'esprit mutualiste les tiendrait à l'écart de ce genre de dérive, qui viennent de demander à leurs actionnaires de les renflouer massivement. Plus troublant encore : pas un mot n'est adressé à la clientèle, ni même aux actionnaires, pour expliquer et rassurer ! Proposer des actions Natixis à 2,25 euros à ceux qui en ont acquis, je le rappelle, à 19,55 euros en novembre 2006 laisse perplexe ! Et curieusement, aucun des dirigeants de ces grandes banques ni leur conseil d'administration n'éprouvent la moindre culpabilité. Ce n'est pas leur faute ! Mais c'est la vôtre si vous êtes à découvert. Jean-Denis Errard Directeur de la rédaction Edito paru dans la Vie Financière n°3302 |
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