(La Vie Financière) -
Comment se porte le marché mondial du vin ?
J. F. Les dernières tendances restent sur une hausse de 1 à 2 % de la consommation, avec toujours une accentuation vers les produits plus haut de gamme. En ce qui concerne les vendanges, le millésime 2008 sera moins prometteur que 2007. Nous avons supporté un printemps pluvieux, et la récolte pourrait être assez faible. Et, faute de qualité et de quantité au niveau de la matière première, la demande de fûts peut se réduire dans telle ou telle région viticole. Mais je suis confiant dans la mutualisation du risque ; en effet, notre présence est bien répartie entre l'Europe, les Etats-Unis et l'hémisphère Sud.
Vous avez bouclé en avril un excellent exercice 2007-2008. Comment se présente celui qui vient de commencer ?
Nous sommes en effet très satisfaits de nos bonnes performances pour 2007-2008. Le plus important à retenir est que, hormis le rachat de Speyside Cooperage, qui n'est consolidé que sur quatre mois, le niveau déjà élevé des résultats enregistrés en 2006-2007 a été dépassé grâce à une croissance interne de l'activité de 6 %, pour une croissance globale supérieure à 13 %, ce qui fait de nous le leader mondial incontestable. Sans l'activité en Ecosse sur le marché des fûts à whisky, la marge opérationnelle du groupe serait de 27,1 %. Il faut savoir que, dans la tonnellerie, les marges de la branche alcool sont généralement inférieures à celles du vin. Mais, en augmentant l'activité réparation et recyclage de Speyside, nous continuerons à consolider nos ratios et à revaloriser une partie de nos fûts d'occasion, aptes à être recyclés pour le whisky. Seule la branche négoce, qui ne représente qu'une partie des ventes de Speyside, elles-mêmes ne représentant que 15 % du chiffre d'affaires consolidé du groupe, est réalisée à des taux de marge de l'ordre de 10 %. Pour l'exercice en cours, les relais de croissance tels que les produits de boisage sont en forte augmentation et contribueront positivement aux résultats. Et puis, nous pouvons espérer enfin une reprise du dollar. Il faut savoir que la baisse du billet vert ces quatre dernières années nous a fait perdre, en cumulé, entre 10 et 12 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et c'est aux Etats-Unis que nous réalisons nos meilleures marges.
Avez-vous déjà envisagé de quitter le marché ?
Nous n'avons pas pensé une seconde retirer le titre. Nous ne dépendons pas de la Bourse pour poursuivre notre développement. C'est éventuellement un moyen de financement, mais c'est aussi, pour nos clients et nos
salariés, un moyen d'asseoir notre stratégie. Nous n'avons pas encore totalement joué le jeu du marché dans la mesure où nous n'avons toujours pas fait appel à l'épargne publique. Mais nous pourrions y avoir recours si nous devions envisager une grosse acquisition, notamment dans le cadre d'un rachat par échange de titres.
Justement, où en sont vos projets de croissance externe ?
Nous sommes prêts à poursuivre nos acquisitions et je continue à examiner les dossiers qui se présentent. Nous ne cherchons pas forcément un nouveau métier, mais sommes plutôt attentifs au renforcement de nos marques. Nos activités se partagent aujourd'hui entre cinq métiers bien définis - la tonnellerie, la foudrerie, la merranderie, le boisage et la distribution-, dans lesquels il y a encore beaucoup de choses à réaliser. Mais, pour devenir un acteur mondial plus important, il est indispensable de s'appuyer sur une marque forte. Faute de croissance externe ou si nos acquisitions restent dans un montant compris entre 8 et 10 millions d'euros, nous continuerons à augmenter le dividende.
Vos investissements industriels sont en nette augmentation. Comptez-vous les maintenir à ce niveau ?
Cette année, ils atteindront 8 millions d'euros, après 3,7 millions réalisés l'an dernier sur 4 millions budgétés. Nous comptons maintenir un niveau d'investissement élevé au cours des deux prochaines années, à environ 6 millions d'euros, avant de revenir à notre vitesse de croisière de 4 millions. Mais tout dépendra bien évidemment de nos besoins. Grâce à ces investissements, nous préparons l'adaptation de notre outil de production à nos futures commandes
Propos recueillis par Perrine Delfortrie
Interview parue dans la Vie Financière n°3293