Jethro Mullen,
DOW JONES NEWSWIRES
PARIS (Dow Jones)--Le fabricant de puces STMicroelectronics NV (STM) a basculé dans le rouge au premier trimestre sous l'effet d'une importante charge financière liée à la scission de son activité de mémoire flashs au sein d'une co-entreprise avec Intel (INTC).
A 10h55 l'action STMicro progresse de 3,5% à 7,66 euros à la Bourse de Paris après avoir ouvert en baisse, pénalisée par des résultats trimestriels inférieurs aux attentes des analystes.
Mais l'optimisme du groupe pour le reste de l'exercice a compensé cet aspect négatif aux yeux des investisseurs. Lors d'une conférence téléphonique, après l'ouverture de la Bourse, le groupe a indiqué qu'il envisageait une progression de son chiffre d'affaires en 2008 supérieure à la croissance du marché des semi-conducteurs dans son ensemble.
Tout en maintenant une prévision de croissance globale du marché des semi-conducteurs comprise entre 4 %et 6% pour cette année, le président directeur général de STMicro,
Carlo Bozotti, a affirmé lors d'une conférence téléphonique que le groupe visait "une croissance plus forte" pour son chiffre d'affaires.
Carlo Bozotti a également affirmé que le carnet de commandes de STMicro pour le deuxième trimestre était "très solide" et qu'il y avait également "de bons signes préliminaires pour le carnet de commandes du troisième trimestre".
Dans une note, JP Morgan a souligné que les résultats de STMicroelectronic au premier trimestre étaient légèrement plus faibles que prévu mais que la prévision pour le deuxième trimestre est supérieure à la fourchette attendue pour la période.
STMicroelectronics prévoit une croissance du chiffre d'affaires au deuxième trimestre comprise entre 5% et 11% en glissement séquentiel, et une marge brute comprise entre 36% et 38%. L'analyste estime que le résultat d'exploitation devrait désormais augmenter de façon séquentielle, ce qui est supérieur à ses attentes actuelles. Il maintient le titre à surpondérer.
Au premier trimestre, STMicroelectronics NV a enregistré une perte de 84 millions de dollars, soit 9 cents par action, contre un bénéfice de 74 millions de dollars, ou 8 cents par action, un an plus tôt. Ces résultats incluent une charge de 164 millions de dollars liée à la création d'une co-entreprise avec Intel dans les mémoires flash, Numonyx, ainsi qu'une charge pour dépréciation d'actifs de 29 millions de dollars passée sur des titres adossés à des actifs et une charge de restructuration de 19 millions de dollars.
Hors charges, le bénéfice par action est ressorti à 13 cents, en-dessous des 18 cents prévus en moyenne par les 11 analystes sondés par Dow Jones Newswires.
Le fabricant de semiconducteurs a vu son chiffre d'affaires progresser de 8,9% à 2,48 milliards de dollars, en-dessous des 2,51 milliards de dollars prévus par les analystes.
"Nous voyons un élément positif dans les résultats de STM...et plusieurs négatifs", a indiqué l'analyste d'
UBS Nicolas Gaudois. Les perspectives de chiffre d'affaires pour le T2 sont "honorables", selon lui, mais les résultats tiennent compte de niveaux élevés de stocks et la prévision de marge brute pour le deuxième trimestre est médiocre en excluant les activités de mémoires flash. L'analyste demeure à neutre avec un objectif de cours de 7,5 euros et conseille de vendre à court terme.
Au premier trimestre, la faiblesse du billet vert face à l'euro a pénalisé le groupe, qui a une base de coûts en euro mais réalise la majorité de ses ventes en dollars.
Carlo Bozotti a d'ailleurs averti que la faiblesse du dollar américain demeurait "le principal
défi du groupe".
La marge brute de STMicro au premier trimestre a augmenté à 36,3% du chiffre d'affaires, contre 34,5% un an plus tôt. L'entreprise avait prévu en janvier dernier une marge brute comprise entre 35,3% et 37,3% sur la période.
STMicro réalise notamment 20% de son chiffre d'affaires auprès de Nokia (NOK) qui a publié des résultats décevants un peu plus tôt ce mois-ci et a fourni une prévision pour 2008 assez terne. Le groupe s'est livré à plusieurs opérations financières récemment, scindant son activité de mémoire flash au sein de la co-entreprise avec Intel, Numonyx, acquérant Genesis Microchip, un fabricant de puces pour téléviseurs numériques, et intégrant son activité de puces pour les appareils sans fil à celles du groupe néerlandais NXP Semiconductors, au sein d'une coentreprise dont STMIcro détiendra 80%.
-Jethro Mullen, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 40; jethro.mullen@dowjones.com
(END) Dow Jones Newswires
April 29, 2008 05:04 ET (09:04 GMT)