(La Vie Financière) - Dans un entretien accordé à la Vie Financière à paraître vendredi,
Albert Saporta, président du laboratoire spécialisé dans le traitement des allergies par désensibilisation revient sur l’approbation en Allemagne du comprimé très prometteur Oralair Graminées, qui a fait repartir le titre depuis une semaine.
"C’est le début d’une nouvelle ère pour Stallergènes", affirme-t-il. "Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché dans un pays aussi exigeant que l’Allemagne, il fallait présenter un dossier sans faille. Un investissement tout à fait emblématique de la stratégie de la société qui va passer d’une société de niches à un laboratoire pharmaceutique à part entière, spécialisé dans une nouvelle classe thérapeutique : les allergènes."
Après un lancement attendu outre-rhin lors de la prochaine saison pollinique, Stallergènes prévoit ensuite de soumettre ce médicament à la reconnaissance mutuelle pour une autorisation européenne, probablement en mars-avril 2009. "Nous négocierons ensuite un prix sur les différents marchés européens où nous espérerons lancer ce produit fin 2009", précise
Albert Saporta. S’agissant du marché américain, le laboratoire pourrait déposer le dossier d’enregistrement début 2010 et lancer le produit un an plus tard, si tout se passe bien.
La recherche d’un partenariat reste plus que jamais à l’ordre du jour. "C’est pour nous une nécessité, une société de notre taille ne pouvant s’aventurer seule aux Etats-Unis et au Japon", indique le président de Stallergènes. "Après l’obtention de l’autorisation en Allemagne, la société va donc reprendre ses discussions sans précipitation. Certes, un partenaire permettrait d’alléger la charge financière des essais cliniques à mener aux Etats-Unis et au Japon mais nous avons les moyens de mener ces essais seuls pour les deux ans à venir et nous pourrions alors conclure dans de meilleures conditions encore. La charge financière serait de l’ordre de 15 millions d’euros en 2008/2009 que nous pourrions financer sans difficulté", affirme-t-il. Oralair est promis à un bel avenir.
"Le marché mondial de la désensibilisation est aujourd’hui évalué à 600 millions d’euros. Nous prenons l’hypothèse que Stallergenes et son concurrent sont capables de développer cinq comprimés dans les années qui viennent contre les allergènes suivants : graminées, acariens, pollen de bouleau, pollen d’ambroisie pour les Etats-Unis et pollen de cèdre du Japon. Le marché pourrait atteindre plus de 3 milliards d’euros dans dix ans. Nous espérons en détenir une part de plus de 50 % avec notre ( ou nos) partenaire(s)."
Quant à savoir, enfin, si
Wendel, qui détient 46,9 % du capital pourrait céder sa participation,
Albert Saporta, explique que les rumeurs de vente de la participation de
Wendel reviennent sur le devant de la scène tous les trois mois, avec une régularité de métronome. Or,
Wendel est resté actionnaire de référence de Stallergenes depuis plus de quinze ans. Il a soutenu le développement de la société, sa politique ambitieuse d’investissement industriel et sa recherche & développement, en acceptant de toucher un dividende limité qui n’a jamais excédé un tier du résultat net. "Cela dit,
Wendel n’a pas vocation à rester un actionnaire de Stallergenes. Il ne cédera cependant sa participation que le jour où un meilleur actionnaire se présentera. Il pourrait s’agir du futur partenaire commercial pour les Etats-Unis et le Japon mais un accord de licence est aussi une solution parfaitement envisageable", conclut le président.
Christine Colmont
Retrouvez l'intégralité de l'interview dans La Vie Financière de ce vendredi.