(La Vie Financière) -
Comment s'expliquent vos excellents résultats semestriels, salués par une forte hausse du cours de Bourse ?
M. L. Cette performance est due à l'effet positif de notre contrat d'hospitalité dans le cadre de la Coupe du monde de rugby et de l'activité chèques et cartes de services. Elle provient aussi de l'Amérique du Nord, où nous enregistrons une bonne progression des segments
santé, seniors et éducation. Malgré la conjoncture incertaine, nous confirmons notre objectif annuel d'une croissance interne supérieure à 7 % du chiffre d'affaires et de l'ordre de 12 % du résultat opérationnel, hors effet de change. Nous sommes donc en ligne avec notre projet Ambition 2015, qui prévoit de doubler la taille de Sodexo par rapport à son niveau de 2005, soit une croissance interne moyenne de 7 % par an d'ici à 2015, en nous appuyant sur le développement de nos trois pôles d'activité, la restauration, les services de facilities management et les chèques et cartes de services.
Pourquoi racheter 7,8 % du capital ?
Nous souhaitons assurer un retour aux actionnaires dans un environnement difficile. Cette opération devrait renforcer l'attrait de notre titre, sans obérer notre capacité d'investissement. Notre bilan reste solide. Après l'acquisition du brésilien VR et ce rachat d'actions, notre endettement financier net représentera 77 % de nos fonds propres et 0,8 fois notre Ebitda, niveau inférieur à la limite de 2,5 fois que nous nous sommes fixée. Grâce à notre activité fortement génératrice de cash, nous devrions d'ailleurs rapidement réduire notre dette.
En quoi consistent les services de facilities management ?
Ce concept d'offre de solutions globales est de plus en plus au coeur des préoccupations de nos clients. Les groupes veulent rationaliser leurs coûts en matière de services supports en mutualisant leurs fournisseurs. Il s'agit de les y aider. Nous estimons le potentiel du marché des services de restauration et de facilities management à 650 milliards d'euros, mais nous sommes sans doute bien en deçà de la réalité. Aux Etats-Unis, les universités veulent plus d'étudiants, les hôpitaux souhaitent attirer plus de patients par la qualité de leurs services... Dans les pays émergents, les entreprises cherchent avant tout à fidéliser leurs équipes. Elles nous demandent de contribuer à créer un cadre attrayant pour recruter et fidéliser les meilleurs éléments. Les marchés dans les pays développés sont eux aussi confrontés à la guerre des talents : nos clients veulent également des solutions pour garder leurs collaborateurs, tout en améliorant la productivité. En tant qu'experts de la qualité de vie, c'est ce type de solutions que nous savons apporter. De la même manière, en France, la volonté affichée par le gouvernement de réduire les dépenses publiques tout en améliorant sa qualité de service va inévitablement conduire l'Etat à faire appel aux partenaires privés. Nous avons une certaine expérience en la matière, travaillant avec succès, notamment avec des administrations de la
défense aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans bien d'autres pays. Fort de notre expérience, Sodexo aura une carte à jouer dans l'évolution inévitable des hôpitaux publics, de la
défense ou encore des universités dans les prochaines années.
Serez-vous pénalisé par la baisse du dollar ?
Aux Etats-Unis, la crise est bien là , mais nous réalisons plus de 75 % de notre activité dans les domaines de la
santé, des seniors, de l'éducation, de la
défense et des prisons, secteurs qui ne sont absolument pas affectés par la récession. Sur le segment des entreprises, qui représente moins de 25 % de notre chiffre d'affaires aux Etats-Unis, à peine 5 % seraient éventuellement concernés. De plus, la faiblesse du dollar n'a aucune incidence économique sur nos performances. Cela joue simplement sur la consolidation dans nos comptes. Être présent aux Etats-Unis est essentiel. Et nous sommes très confiants dans le développement de nos activités dans le facilities management outre-Atlantique, qui constitue un énorme relais de croissance. Dans les hôpitaux privés américains, seulement 30 % des services sont sous-traités et, sur cette partie, 50 % environ sont gérés par Sodexo. Notre problème est plutôt de trouver le personnel qualifié pour saisir toutes les opportunités
Propos recueillis par Perrine Delfortrie
Interview parue dans la Vie Financière n° 3281