LONDRES (Dow Jones)--Les investisseurs du secteur financier doivent se préparer à davantage de luttes de pouvoir au sein des conseils d'administration des principales
banques du monde dans les mois à venir.
L'annonce du départ du directeur opérationnel de
Barclays, Paul Idzik, en est un signe précurseur.
Les
dirigeants des grandes
banques et leurs conseils d'administration débattent désormais de nombreux problèmes dont ils ne se souciaient guère pendant la période de crédit abondant qui prévalait il y a encore un an.
Lever de l'argent frais est devenu une priorité sur les agendas en Europe comme aux Etats-Unis.
Royal Bank of Scotland, Société Générale,
HBOS,
UBS et IKB Deutsche Industriebank ont annoncé des augmentations de capital.
Barclays,
Deutsche Bank et
Fortis ont également besoin de nouveaux fonds propres.
La prochaine étape est de savoir comment dégager une croissance bénéficiaire alors que les
banques recapitalisées refont surface dans un marché transformé où les anciennes règles, qui consistaient à maximiser l'écart entre le coût du capital et le rendement des capitaux employés, ne tiennent plus.
Certains
banques ont besoin de nouveaux
dirigeants pour s'attaquer à la manière dont le capital doit être réalloué.
Citigroup et Merril Lynch ont probablement augmenté leurs chances de succés. Leurs nouveaux présidents, respectivement
Vikram Pandit et John Thain, ont agi rapidement afin de changer les patrons de certaines branches essentielles.
Mais même pour des
banques européennes, plus rétives à remanier en profondeur leur conseil d'administration, les choses ne pourront pas être comme avant.
Les tensions chez
Barclays sont particulièrement âpres. Bob Diamond, le président de Barclay Capital a récemment indiqué que la croissance aux Etats-Unis était sa priorité. Mais le patron de la banque internationale de détail, Frits Seegers soutient que son activité est le véritable moteur de la croissance du groupe.
Avec des capitaux devenus plus précieux que jamais, le directeur général John Varley ne pourra probablement pas soutenir les deux en même temps.
La banque d'investissement et de financement de
Deutsche Bank, dirigée par Angshu Jain, a dégagé de son côté une croissance rapide lors des dernières années mais il paraît peu probable qu'elle puisse réitérer cette performance à brève échéance.
Les
banques allemandes ont besoin d'autres sources de revenus stables et de dépôts supplémentaires de la part des clients afin de renforcer leur bilan.
Mais le directeur général de
Deutsche Bank, Josef Ackermann, est désavantagé par rapport à ses concurrents britanniques et français en raison de la fragmentation du marché allemand qui compte près de 1.200
banques, dont une majorité de petits établissements régionaux s'adressant à des clients particuliers et bénéficiant du soutien de l'Etat.
Même si la
Deutsche Bank veut participer à la consolidation, cela ne sera pas chose aisée.
Société Générale, Crédit Suisse et
UBS sont également à la recherche de revenus de substitution pour compenser le recul des bénéfices dans la banque d'investissement.
Les mois à venir devraient ainsi continuer de mettre à rude épreuve la gouvernance des
banques, et en particulier les
administrateurs indépendants.
Arindam Nag, Dow Jones Newswires
(END) Dow Jones Newswires
May 05, 2008 07:56 ET (11:56 GMT)