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| Schaeffler met, avec les formes, la main sur Continental | |||
| Jeudi 21 Aout 2008 à 19:07 Catégorie : International | |||
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par Sylvia Westall FRANCFORT (Reuters) - Même s'il accompagne sa victoire de concessions symboliques, le fabricant allemand de roulements à billes Schaeffler s'est bel et bien assuré le contrôle de Continental, ouvrant la voie à la création du futur numéro trois mondial des équipements automobiles. Après s'être opposée pendant des semaines aux convoitises de son compatriote - trois fois plus petit que lui par le chiffre d'affaires - la direction de Continental a concédé à demi-mot sa défaite en cédant le contrôle effectif du groupe en échange de quelques compromis largement cosmétiques. Le président du directoire de Continental, Manfred Wennemer, qui avait qualifié Schaeffler d'"égoïste, autocrate et irresponsable" après son irruption au capital, quittera le groupe dès la fin du mois. Schaeffler s'était rapidement assuré le mois dernier le contrôle indirect du plus du tiers du capital de sa cible, ce qui avait dissuadé tous les "chevaliers blancs" potentiels et compliqué considérablement la stratégie de défense de Wennemer. Celui-ci s'était finalement tourné vers la BaFin, l'autorité des marchés financiers allemands, pour qu'elle enquête sur les manoeuvres de Schaeffler. Mais le gendarme boursier allemand a estimé jeudi qu'aucune règle n'avait été enfreinte durant le processus, ajoutant que Schaeffler n'avait pas l'obligation de lancer une OPA. Le compromis présenté jeudi prévoit que Schaeffler restera juste en dessous du seuil de 50% du capital - à 49,99% précisément - pendant une période de quatre ans. Ensemble, Continental et Schaeffler, un groupe familial bavarois, afficheront un chiffre d'affaires d'environ 34 milliards d'euros. La nouvelle société sera présente sur de nombreux segments de l'industrie de la construction mécanique et des équipements automobiles, des roulements à bille à l'électronique embarquée en passant par les systèmes de freinage et les pneus. "GROSSIR POUR SURVIVRE" Mais le nouvel ensemble verra le jour pendant une période difficile pour le secteur automobile, confronté au ralentissement économique et à l'impact de la hausse des prix du pétrole. "L'enjeu n'est pas les synergies", estime Stuart Pearson, analyste de Credit Suisse, mais "davantage le fait de grossir pour survivre dans le climat de plus en plus difficile du secteur automobile". Pour assurer sa victoire et abattre les obstacles que lui opposaient sa cible, Schaeffler a accepté des concessions notamment financières: il a relevé son offre en cash sur Continental de 70,12 à 75 euros par action, le valorisant environ 12 milliards d'euros. Le titre Continental s'échangeait à 73,80 euros en fin de séance à la Bourse de Francfort, en hausse de 0,42% sur la journée. Le relèvement de l'offre est en fait quasiment de pure forme: Schaeffler espère en effet que les actionnaires de Continental n'accepteront pas son offre, ce qui lui permettrait de se rapprocher de la majorité sans avoir à lancer une deuxième offre publique sur le solde. Cette stratégie de conquête est similaire à celle qu'avait adoptée il y a quelques mois Porsche pour prendre le contrôle de Volkswagen : le constructeur de voitures de sport avait pris 30% du généraliste puis lancé une offre publique volontairement basse avant de s'assurer le contrôle du capital. Le respect de l'accord entre Schaeffler et Continental, qui ne pourra pas être dénoncé avant le printemps 2014, sera garanti par l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. Certains points restent toutefois à trancher, notamment l'influence dont disposera Schaeffler au conseil de surveillance. Version française Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand |
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