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| "Rien ne se perd, rien ne se crée" | |
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Vendredi 30 Mai 2008 à 15:59
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Edito
A peine la crise bancaire a-t-elle perdu en intensité qu'un autre sujet d'inquiétude prend le relais. La flambée des cours du brut menace la croissance et le pouvoir d'achat des ménages. La mondialisation fonctionne à l'envers.
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(La Vie Financière) - Durant les premières semaines de mai, l'indice CAC 40 a réussi à franchir la barre des 5 000 points. De nombreux experts, orientés, car intéressés à la vente de produits financiers ou de titres, sont montés au créneau pour expliquer que le pire était derrière nous, que les banques centrales avaient magistralement géré la situation, que la récession américaine serait de faible ampleur... Les optimistes savouraient leur revanche, les cassandres étaient vouées aux gémonies. Le chemin de la hausse s'ouvrait à nouveau. A La Vie Financière, nous le souhaitons bien évidemment, mais il est dangereux de prendre ses désirs pour des réalités.
Si la crise bancaire a un peu perdu de sa virulence, il ne faut pas oublier que les taux d'intérêt à trois mois se maintiennent à un niveau très élevé : 4,85 %. Mais un sujet d'inquiétude a resurgi avec fracas : le pétrole. En début d'année, après avoir poussé une pointe à près de 100 dollars, le baril s'était assagi, tombant à moins de 90 dollars début février. Logique : si la croissance économique mondiale ralentit, la demande en énergie doit être moins soutenue. Pourtant, le cours du pétrole n'a cessé de grimper depuis, bousculant les 110 dollars, puis les 120, et dernièrement les 130. La formule « rien ne se perd, rien ne se crée », s'appliquerait-elle à l'économie ? La mondialisation, qui a permis depuis de nombreuses années d'obtenir des produits à bas prix dans les pays riches, semble fonctionner à l'envers. Tout se passe comme s'il fallait rendre les économies réalisées dans un premier temps, par le jeu de la facture énergétique et des matières premières en général. Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie, a vingt-cinq ans d'avance. Il avait démontré au début des années 1980 que la libéralisation du commerce pourrait tous nous... appauvrir. Sans prôner le protectionnisme, il lançait un appel à la prudence. Une bouteille à la mer... Moral des ménages en berne Expliquer aux milliards d'Indiens et de Chinois qu'ils doivent réviser à la baisse leur soif de croissance ? Expliquer aux professionnels les plus dépendants du pétrole, pêcheurs, transporteurs, personnels des compagnies aériennes, etc. qu'ils doivent se serrer la ceinture, voire disparaître pour un certain nombre d'entre eux ? Les forces du marché ne manqueront pas de sceller le destin de chacun comme il se doit, le moment venu. Mais une chose est pratiquement acquise : contrairement à ce qui prévalait lors du choc pétrolier des années 1970, les salaires ne sont pas indexés sur la hausse des prix. Aux Etats-Unis, ils ont même tendance à décroître avec la hausse du chômage. Les ménages ne sont pas dupes. Les statistiques nous révèlent que leur moral n'a jamais été aussi bas depuis seize ans aux Etats-Unis, depuis vingt et un ans en France. Quant aux fameux Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine), ils semblent avoir été brisés en deux, une coupe nette : Brésil et Russie d'un côté, détenteurs de vastes ressources naturelles, Inde et Chine de l'autre, avec leurs usines goulûment énergétivores. A quand les fonds BR et les fonds IC ? Jean-Jacques Avédissian |
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