par Matthias Blamont
PARIS (Reuters) - Renault, dont les ventes ont progressé de 4,3% au premier semestre, ne table plus que sur une croissance proche de 5% en raison du contexte économique alors qu'il s'était fixé initialement un objectif de 10%.
"Nous visons désormais une croissance de nos ventes en volumes comprise entre 5% et 10%, la visibilité n'est pas bonne et nous serons sans doute davantage proches de 5% que de 10%", a déclaré mercredi à la presse Patrick
Blain, directeur commercial du constructeur automobile français.
"La performance de l'entreprise est convenable. Le problème c'est que les marchés sont en chute brutale et ce n'est peut-être pas fini", a-t-il observé.
Vers 10h00, le titre cédait 0,44% à 49,60 euros, sous-performant légèrement l'indice sectoriel européen (+0,88%). L'action Renault abandonne 49% depuis janvier alors que les investisseurs s'inquiètent du manque de visibilité du secteur automobile. Sur la même période, l'indice DJ Stoxx européen du secteur a perdu 33%.
Certains analystes estiment que Renault pourrait devoir réduire ses objectifs de résultats. Pour l'heure, l'entreprise vise une marge de 4,5% pour 2008 et de 6% pour 2009.
Le P-DG du groupe,
Carlos Ghosn, fera un point sur le plan d'amélioration des performances du groupe lors de la publication des résultats semestriels, le 24 juillet prochain.
"Le titre a fortement chuté hier, le profit warning était déjà dans les cours", observe Frédéric Hamm, gérant chez Agilis Gestion, pour expliquer la faible réaction du titre, qui avait déjà perdu 2% la veille et 4,6% sur les dernières séances.
Bien que le marché français bénéficie du soutien du système de bonus-malus écologique, Patrick
Blain a souligné que la probabilité de tenir les objectifs de volumes inscrits dans le cadre du plan "Renault contrat 2009" s'était "détériorée" depuis le début de l'année.
Les constructeurs automobiles sont frappés de plein fouet par le ralentissement de l'économie mondiale ainsi que par la hausse vertigineuse du prix du carburant.
Aux Etats-Unis, les ventes ont atteint leur plus bas niveau depuis 15 ans, mettant à mal General Motors, dont la
santé financière inquiète les marchés. Le week-end dernier,
Carlos Ghosn avait estimé que ces difficultés pourraient relancer les projets de consolidation du secteur.
Au premier semestre, les ventes mondiales de Renault ont progressé de 4,3% à 1.325.504 unités, soutenues par la croissance hors Europe et les bonnes performances de sa filiale Dacia.
En dépit des vents contraires, Renault compte sur l'impact des sept nouveaux modèles lancés au premier semestre en Europe, qui devrait s'amplifier au second semestre, pour maintenir ses ventes. L'"offensive produit" se poursuivra avec la Laguna Coupé et le début du renouvellement de la famille Mégane, un programme considéré comme décisif pour le groupe.
Fin juin 2008, la part du marché mondial de Renault atteignait 3,8%, à comparer à 3,6% fin juin 2007.
En France et en Europe, les ventes reculent de 0,5% à 864.978 unités sur les six premiers mois de l'année tandis qu'en dehors de cette région, elles marquent une accélération de 15% à 460.526.
Les ventes de la filiale roumaine Dacia progressent de 13,3% à 127.276 véhicules tandis que celle du sud-coréen Renault Samsung Motors baissent de 7,2% à 53.704.
Renault précise par ailleurs avoir incorporé dans ses chiffres les performances de Lada - la marque phare du constructeur russe AvtoVaz au sein duquel le français a acquis une participation de 25% fin février - sur la période allant de mars à un juin.
Renault contrôle également 44% du japonais Nissan.
Mardi, PSA
Peugeot Citroën a annoncé une hausse de 0,5% de ses ventes mondiales au premier semestre
Avec la contribution de Jean-Michel Bélot, Sudip Kar-Gupta et Blaise Robinson, édité par Jacques Poznanski
Renault annonce que ses ventes mondiales ont progressé de 4,3% à 1.325.504 unités au premier semestre 2008, avec la croissance hors d'Europe et les bonnes performances de sa filiale Dacia. /Photo prise le 12 mars 2008/REUTERS/Osman Orsal