(La Vie Financière) -
En quoi consiste l’activité de Recylex aujourd’hui ?
Recylex est spécialisé dans le recyclage et la production de plomb, de zinc et de métaux spéciaux. L’activité « plomb » représente environ deux tiers de notre chiffre d’affaires. Nous recyclons et produisons du plomb essentiellement à partir de batteries
automobiles et industrielles. Nous traitons plus de 11 millions de batteries par an, ce qui permet grâce à nos deux fonderies de produire jusqu’à 140 000 tonnes de plomb. Pour ce qui est de la branche « zinc », elle représente environ un tiers de nos facturations. Notre travail consiste, d’une part, à recycler de la poussière de zinc récupérée chez les aciéristes, puis à vendre les oxydes Waelz aux producteurs de zinc, et d’autre part, à recycler d’autres déchets de zinc pour les transformer en oxydes de zinc pour les fabricants de
pneumatiques et l’industrie pharmaceutique. Par ailleurs, la division « métaux spéciaux », de taille limitée pour le moment, offre un réel potentiel de croissance. Un grand nombre de produits de haute technologie (écran LCD, ordinateurs…) contiennent des métaux à très haute pureté (galium, germanium…). Par conséquent nous devrions profiter d’une demande en forte expansion. Enfin, nous recyclons les coques de batteries en plastique et d’autres produits à base de polypropylène pour les transformer en granules pour la fabrication de nouveaux produits en matière plastique.
Alors que la consommation mondiale s’essouffle, ne craignez vous pas un ralentissement de la demande de plomb ?
La demande de plomb n’a jamais été aussi soutenue. La Chine, premier consommateur mondial de batteries, a des besoins énormes. Le développement de son parc automobile, mais également celui des vélos électriques, va dans ce sens. De plus, malgré les nombreuses études menées depuis plusieurs années, il n’existe actuellement aucun substituant au plomb. Par ailleurs, chaque batterie a une durée de vie limitée. En moyenne, une batterie doit être changée tous les quatre à cinq ans. Ce qui nous offre une bonne visibilité.
Qu’en est-il des deux procédures judiciaires initiées en 2006 à l’encontre de Recylex SA par d’anciens salariés et les liquidateurs judiciaires de la société Metaleurop Nord SAS (ancienne filiale de Recylex) ?
La première procédure concerne les liquidateurs de Metaleurop Nord SAS. Ils ont assigné Metaleurop SA (devenue depuis Recylex SA) en comblement du passif à hauteur de 50 millions d’euros. Le Tribunal de Grande Instance de Béthune a rejeté cette demande. Les demandeurs ont fait appel de ce jugement. À ce jour, nous attendons le calendrier de procédure devant la Cour d’Appel de Douai. Mais nous espérons une décision de cette cour d’ici à la fin de l’année 2008. La seconde affaire concerne 586 anciens
salariés de Metaleurop Nord SAS qui réclament le versement d’une indemnité de 30 000 euros par personne soit une somme totale de 18 millions d’euros. Là encore, nous sommes en attente de la décision de première instance qui doit intervenir d’ici septembre 2008.
Quels sont vos axes de développement pour les années à venir?
Aujourd’hui, nous sommes le seul groupe français à recycler 95 % d’une batterie. Or, les deux composantes principales d’une batterie sont le plomb et le plastique. Un de nos objectifs est donc d’augmenter notre activité de recyclage du plastique. Pour cela, nous envisageons de traiter d’autres types de matières. Les pare-chocs, constitués essentiellement de polypropylène, sont une piste que nous examinons. D’autant que le prix du polypropylène est corrélé à celui de l’or noir. À plus long terme, nous aimerions reproduire le modèle de Recylex dans des pays en forte croissance (Europe de l’Est), où le recyclage n’existe pas encore.
Vous générez de forts cash flows. Peut-on imaginer le versement d’un dividende dans les prochaines années ?
Ma priorité est d’abord l’application du plan de continuation, qui comprend le remboursement des créanciers ainsi que le règlement du passif environnemental. Il ne prévoit pas de versement de dividende. Les flux de trésorerie issues de l’activité serviront d’abord à pérenniser la société et à son développement. À compter de 2008, nous investirons 15 à 16 millions d’euros par an contre moins de 10 millions auparavant.
Propos recueillis par Jean-baptiste André
Interview parue dans la Vie Financière n° 3283