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Ralentissement probable de la croissance française début 2008
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Jeudi 20 Décembre 2007 à 07:29
PARIS (Reuters) - L'économie française ne devrait pas entièrement échapper au ralentissement mondial au premier semestre 2008 tout en
parvenant à amortir les multiples chocs qui l'ont affectée, estime l'Insee dans une note de conjoncture.

La prévision de croissance pour l'année 2007 relevée à 1,9% (contre 1,8% précédemment) reste inférieure à la borne basse de la prévision
gouvernementale de 2,0% à 2,5%.

L'Insee a par ailleurs confirmé sa prévision d'une croissance de 0,5% au quatrième trimestre 2007 mais en tenant compte d'un impact
négatif de 0,1 point de PIB des grèves dans les transports publics et table sur une croissance de 0,5% au premier trimestre 2008 (dont un effet
grèves positif de 0,1 point de PIB) et de 0,4% au deuxième trimestre. Plus de détails sur l'impact des grèves dans les transports

L'acquis de croissance à la fin du premier semestre ressortirait ainsi à 1,7% alors que le gouvernement a reconduit pour 2008 son objectif
d'une croissance en moyenne sur l'année comprise entre 2,0% et 2,5%.

"La France est soumise à de nombreux chocs (...) des tensions persistantes sur la marché monétaire, la hausse des prix du pétrole et des
matières premières agricoles et l'appréciation de l'euro", a souligné Eric Dubois, chef du département conjoncture de l'Insee lors d'une
conférence de presse de présentation de cette note de conjoncture trimestrielle. "Mais cette onde de choc nous parait devoir être amortie",
a-t-il ajouté.

"Si nous prévoyons un ralentissement de l'économie française au premier semestre de l'année prochaine, ce ralentissement devrait rester
modéré, plus modéré que l'impact de ces chocs pourrait le laisser craindre", a-t-il estimé.

RESSORTS INTERNES

La nette appréciation de l'euro devrait peser sur les exportations à la fin 2007 et au début 2008, préviennent les conjoncturistes de l'Insee
qui ont fait l'hypothèse d'un statu quo monétaire de la BCE jusqu'à la fin du premier semestre, horizon de leur prévision, et d'un euro à 1,45
dollar en moyenne sur la période.

La contribution du commerce extérieur à la croissance sera donc encore négative au premier semestre 2008, comme elle l'aura été en
2007, retirant 0,3 point à la croissance du PIB.

L'investissement des entreprises, encore dynamique en fin d'année 2007 selon les enquêtes de conjoncture, serait progressivement freiné
par le durcissement des conditions de financement et le ralentissement de la demande étrangère avec un fort ralentissement de l'économie
américaine où "le risque de récession n'est pas à négliger", selon l'Insee.

La zone euro connaîtrait un essoufflement de l'activité avec une croissance de 0,4% sur les deux premiers trimestres de 2008 et un acquis
de 1,4% en milieu d'année après une croissance de 2,6% en 2007.

"La stabilité du climat des affaires dont témoignent les enquêtes de conjoncture, malgré la dégradation de l'environnement international,
signale peut-être que la France dispose de ressorts internes lui permettant de résister mieux que prévu au relentissement général", relèvent
les conjoncturistes de l'Insee.

La croissance française continuerait aussi de bénéficier de la résistance de la consommation des ménages.

"La consommation serait soumise à des influences contradictoires", prévient toutefois l'Insee.

PIC D'INFLATION

"La hausse de l'inflation énergétique et alimentaire pèserait sur le revenu réel des ménages", souligne l'Insee en retenant l'hypothèse d'un
prix moyen du baril de brent de 90 dollars sur les six premiers mois de 2008. Plus de détails sur le pouvoir d'achat des ménages .

La hausse des prix de détail atteindrait ainsi un pic à 2,8% en rythme annuel au mois de février 2008 pour revenir à 2,4% en juin, soit son
niveau du mois dernier qui représentait un plus haut depuis août 2004.

"Les ménages parviendraient cependant à maintenir leur rythme de consommation en abaissant leur taux d'épargne, corrigeant ainsi en
partie sa forte progression du début 2007", prévoit l'Insee qui table sur une hausse de 0,6% par trimestre de la consommation sur la première
moitié de 2008.

Le revenu des ménages bénéficierait de la poursuite des créations d'emploi bien qu'à un rythme ralenti par rapport à 2007. L'Insee s'attend
ainsi à 122.000 créations d'emplois au premier semestre 2008 après 348.000 sur l'ensemble de l'année 2007.

Le taux de chômage au sens du BIT reviendrait à 7,7% de la population active au deuxième trimestre 2008 contre 7,9% au troisième
trimestre 2007 où il est repassé sous le seuil de 8,0% pour la première fois depuis la mi-2002.

"L'ampleur et la durée de la crise de liquidités actuelle constituent la principale source d'incertitude" affectant le scénario de croissance
retenu pour les prochains mois, selon l'Insee.

"Si elle se prolonge, la pénurie de liquidités pourrait entraver de nombreuses décisions d'investissement et le ralentissement de l'économie
mondiale s'accentuerait", prévient l'institut de conjoncture.

"A l'inverse, si elle devait se résoudre rapidement, l'assouplissement des conditions de financement qui en résulterait (...) pourrait entraîner
un redémarrage rapide de la croissance".

Marc Joanny


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