par Matthias Blamont et Marcel Michelson
PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a confirmé ses prévisions de résultats 2008 et s'est dit en mesure de tenir les objectifs de son plan stratégique "CAP 2010" après la publication de comptes semestriels supérieurs aux attentes.
Le président du directoire du constructeur automobile,
Christian Streiff, s'est également employé à rassurer les intervenants sur son état de
santé et déclaré que l'organisation de l'entreprise et son directoire avaient fonctionné correctement durant son absence.
"Comme vous le constatez, je suis en forme et je suis encore plus motivé qu'auparavant pour faire aller le groupe de l'avant. J'ai souffert d'un incident cérébral qui n'était pas sérieux et suis resté en contact avec la société au bout d'une semaine ou deux", a-t-il seulement affirmé au cours d'une conférence d'analystes retransmise par téléphone pour la presse.
Fin mai, PSA annonçait l'absence du dirigeant à l'assemblée générale des actionnaires pour des raisons médicales, sans donner davantage de précisions.
"Le marché automobile est difficile. Nous sommes conscients des risques qui pèsent sur 2008 et au-delà ", a fait valoir
Christian Streiff. Pour autant, le président a assuré que PSA pouvait tenir les objectifs du plan "CAP 2010", lequel fixe, à cette date, la vente de plus de quatre millions de véhicules par an, contre 3,2 millions en 2007, ainsi qu'une marge opérationnelle comprise entre 5,5 et 6%.
"Nous avons encore deux ans et demi devant nous, nous pouvons y arriver", a-t-il dit.
Plusieurs analystes se sont interrogés sur le maintien des ambitions de "CAP 2010" et craignent que
Renault, qui présentera ses résultats semestriels jeudi, revoit en baisse les prétentions de son propre plan : "Contrat 2009".
Vers 11h05, l'action PSA, deuxième constructeur automobile européen derrière l'allemand Volkswagen, s'offre 7,29% à 34,28 euros après une pointe dans la matinée à 35,15 euros.
Les inquiétudes relatives à la
santé du secteur automobile - particulièrement au sein des marchés matures d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord - et à l'économie mondiale ont néanmoins affaibli un titre qui affiche un repli de près de 38% depuis le début de l'année.
Dans le sillage de PSA, l'italien Fiat prend 4,58% Ã Milan tandis que Volkswagen avance de 4,58% Ã Francfort.
"PSA réitère tous ses objectifs mais l'environnement est tendu. Le second semestre sera dur", écrit Adam Jonas, analyste chez
Morgan Stanley, dans une note de recherche.
STOCKS EN HAUSSE
PSA a dégagé un résultat net en hausse de 49% à 733 millions d'euros sur les six premiers mois de 2008 et un résultat opérationnel courant de 1,11 milliard d'euros pour un chiffre d'affaires de 31,29 milliards.
Les 10 analystes financiers interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 665 millions d'euros, une marge opérationnelle de 1.034 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 31,29 milliards d'euros.
Les stocks du groupe ont toutefois crû sensiblement. Au 30 juin, ils atteignaient 668.000 unités, contre 619.000 un an plus tôt.
Isabel Marey-Semper, directeur financier, a justifié cette augmentation par le lancement des nouveaux modèles et déclaré qu'elle s'attendait à ce que le niveau revienne à "la normale" d'ici à la fin de l'année mais n'a pas précisé où se situait le seuil acceptable.
Dans son communiqué de résultats, PSA indique qu'après avoir mis sur le marché 10 nouveaux modèles au cours du premier semestre, neuf autres seront lancés sur la période juillet-décembre.
Christian Streiff a pour sa part attesté au cours de sa conférence que les lancements de nouveaux modèles en 2009 s'effectueraient au même rythme qu'en 2008.
Evoquant les effets de l'appréciation des prix des matières premières, laquelle place la rentabilité des constructeurs et de leurs équipementiers sous pression, PSA souligne que son impact devrait atteindre 300 à 350 millions d'euros cette année.
Le groupe a par ailleurs mis en avant la réduction de ses frais de structure et de ses coûts de production dans le cadre de "CAP 2010".
"Au total, les plans d'action portant sur la compétitivité ont contribué pour 882 millions d'euros à l'augmentation du résultat opérationnel courant et ont permis de compenser un impact cumulé négatif de 461 millions d'euros dû à l'inflation des coûts et aux dépenses de recherche-développement", peut-on lire dans le communiqué.
Isabel Marey-Semper a expliqué que PSA ne disposait pas de couvertures de changes pour le deuxième semestre et que, selon ses équipes, l'influence des changes sur les résultats du deuxième semestre serait similaire à celle constatée au cours de la première moitié de l'exercice.
Matthias Blamont, édité par Jean-Michel Bélot