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| "Pas démérité, dites-vous ?" | |
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Lundi 13 Octobre 2008 à 13:54
Catégorie :
Edito
Après l'effondrement de Dexia, une question reste sans réponse : comment en est-on arrivé là ? Les actionnaires, mais aussi les contribuables que nous sommes, ont droit à un minimum d'explications.
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(La Vie Financière) - Le 29 août, Dexia présentait ses résultats trimestriels. Tout va très bien, expliquait en substance le communiqué : « un faible coût du risque », « le niveau de solvabilité est bon » (et même « s'est amélioré » et « dépasse de loin notre objectif »), « le niveau des liquidités reste sain », « une bonne résistance dans un environnement particulièrement difficile », « Dexia est bien préparé pour faire face à ces défis », « l'accès aisé du groupe à la liquidité »... Autant de signaux très positifs envoyés aux investisseurs par les dirigeants du groupe, leader mondial du financement public local. Les deux tiers des analystes internationaux étaient à l'achat ou à « conserver ». Le président, Axel Miller, réitérait, le 11 septembre, ce message de confiance devant ses actionnaires lors d'une conférence que nous avions organisée à Strasbourg.
Trois semaines après, le 18 septembre, à la suite de l'effondrement de Lehman Brothers, Dexia annonce qu'elle s'attend à des pertes d'environ 350 millions d'euros. Pas trop grave pour une banque qui a réalisé 821 millions de résultat net au premier semestre. Toutes les autres banques ont subi de telles déconvenues. Les investisseurs peuvent rester sereins. Le communiqué signale juste dans une note de bas de page que le groupe pèse 11,7 milliards à la fin du premier semestre, alors que le communiqué précédent, du 29 août, indiquait 20,3 milliards à fin 2007 ! Deux semaines plus tard, le 30 septembre, coup de tonnerre : Dexia est au bord du gouffre. Les gouvernements français, belge et luxembourgeois volent à sa rescousse. Le contribuable français doit supporter une ardoise de 3 milliards d'euros, sur 6,4 milliards, pour sauver la banque de l'effondrement. A comparer avec la somme de 1,8 milliard dont dispose le Fonds de garantie des dépôts bancaires. La ministre de l'Economie évoque « un risque systémique » pour justifier l'intervention de l'Etat, le jour même où Bercy fait savoir que « la dette publique augmente de 18,8 milliards d'euros au deuxième trimestre 2008 pour atteindre 65,7 % du PIB », un record absolu. Dexia risquait, explique Christine Lagarde, « de ne pas passer la journée ». N'avait-elle pas pourtant déclaré le 21 septembre que « la crise systémique, c'est-à-dire l'effondrement complet du système financier, a été évitée. Notre système bancaire est solide et fonctionne bien » ? Bref, quelle confiance accorder aux déclarations des uns et des autres ? Avec un parachute doré en plus Les dirigeants du groupe annoncent leur démission dans un communiqué pour le moins lapidaire : ils tirent « les conclusions de la crise financière actuelle et de son impact sur le groupe Dexia » ! Pas un mot d'explication pour les actionnaires. Le jour même, Axel Miller, interrogé par la radio belge Bel RTL au sujet de ses 3,7 millions de parachute doré (dont il sera privé après l'intervention du gouvernement français), réagit ainsi : « En ce qui me concerne, je n'ai pas démérité et personne ne m'a dit que j'avais démérité. » Sidérant, lorsque l'on sait que Dexia vaut aujourd'hui en Bourse moins de 8 milliards d'euros. Et les managers du groupe comme le conseil d'administration n'y seraient pour rien ? Jean-Denis Errard Directeur de la rédaction Edito paru dans la Vie Financière n°3305 |
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