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| Pas de récession selon la BdF, le gouvernement se mobilise | |||
| Lundi 18 Aout 2008 à 10:25 Catégorie : Point de Marché | |||
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PARIS (Reuters) - L'économie française devrait échapper de peu à la récession mais la croissance du PIB ne dépasserait guère 1% cette année selon une enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France publiée à quelques heures d'une réunion de crise convoquée à Matignon pour examiner les réponses à apporter à la dégradation de la conjoncture.
Selon une première estimation de la Banque de France, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France devrait ressortir à 0,1% au troisième trimestre 2008. L'économie française, dont le PIB s'est contracté de 0,3% au deuxième trimestre selon les résultats provisoires des comptes nationaux publiés jeudi par l'Insee, éviterait ainsi la récession correspondant techniquement à deux trimestres consécutifs de contraction de l'activité. A la fin du troisième trimestre, l'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année 2008 ne serait toutefois que de 1%, précise la Banque de France qui note une nouvelle dégradation du climat des affaires dans l'industrie. "Les prévisions des chefs d'entreprise font état d'une baisse de l'activité (dans l'industrie) pour les prochains mois", prévient la BdF. MOBILISATION GOUVERNEMENTALE Confronté à une nette dégradation de la conjoncture sous l'effet du ralentissement économique mondial, de la flambée des cours du pétrole et de l'euro fort, le gouvernement affiche sa mobilisation et maintient pour l'heure sa prévision d'une croissance de 1,7 à 2% cette année. De retour de vacances, le Premier ministre François Fillon a convoqué à 15h à Matignon les ministres concernés au premier chef : Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget), Luc Chatel (Consommation), Laurent Wauquiez (Emploi), Anne-Marie Idrac (Commerce extérieur) et Hervé Novelli (PME). L'objectif n'est pas d'arrêter dans l'urgence un plan d'action mais d'"analyser les causes de cette dégradation de la conjoncture internationale" et d'"identifier les réponses qui devront y être apportées". "Aujourd'hui, il s'agit de bien décrypter ce chiffre de prévision du deuxième trimestre et d'examiner quels leviers de l'action publique peuvent être activés. L'objet de cette réunion n'est pas d'aboutir immédiatement à un plan d'annonces", déclare ainsi Luc Chatel dans un entretien au quotidien Les Echos. La faiblesse des marges de manoeuvre budgétaire interdit de fait au gouvernement d'envisager des mesures significatives de relance pour la rentrée. INITIATIVE EUROPÉENNE ? La France, qui assure la présidence de l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année, a pris l'engagement vis-à-vis de ses partenaires européens de ramener son déficit public à 2,5% du PIB en 2008 puis à 2% en 2009. Le net ralentissement de l'activité depuis le deuxième trimestre risque de compromettre ces objectifs et la Commission européenne estime que le déficit public français atteindra l'an prochain le plafond de 3% du PIB, limite prévue par le Pacte de stabilité, et 2,9% cette année. "Nous avons toujours dit que la situation budgétaire était une situation difficile, que la réduction du déficit budgétaire n'était pas une option", a déclaré Luc Chatel sur BFM. "La rigueur, ce serait asphyxier l'économie à un moment où elle n'en a pas franchement besoin", a-t-il toutefois ajouté. "Nous pensons qu'il faut une saine gestion des dépenses publiques, il faut le faire non pas en taillant à la hache, mais en réformant en profondeur" a poursuivi le secrétaire d'Etat à la Consommation. Le Premier ministre a réaffirmé jeudi dernier sa détermination à tenir le cap des réformes, avec pour ligne d'horizon 2012 et le retour "absolument indispensable" à l'équilibre des comptes. Interrogé sur une possible initiative européenne pour éviter une récession au sein de la zone euro, Luc Chatel ne l'a pas exclue. "On peut imaginer d'avoir des réflexions à partager dans les prochaines semaines sur les conséquences de la crise économique mondiale sur l'économie européenne", a-t-il dit. "Le Premier ministre a eu un certain nombre de ses interlocuteurs au niveau européen", a ajouté le secrétaire d'Etat. Laurent Fabius a suggéré lundi au président Nicolas Sarkozy le lancement d'un plan européen d'investissements, dans le domaine énergétique notamment. "Il faudrait - puisque l'Europe, collectivement, n'est absolument pas endettée -, que la France prenne l'initiative d'un grand programme en particulier énergétique, où on réalise sur financement Banque européenne d'investissement (BEI) et BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement), des transports collectifs, des économies d'énergie dans l'habitat, des interconnexions électriques", a dit l'ancien Premier ministre socialiste sur RTL. Pour Laurent Fabius, un plan de relance national, à l'image des 20 milliards d'euros que l'Espagne s'apprête à injecter dans son économie sur deux ans, est inenvisageable car Nicolas Sarkozy "a dilapidé tout ce qu'on avait" avec le vote du "paquet fiscal" à l'été 2004. Marc Joanny, édité par Sophie Louet La Banque de France s'attend à une croissance du produit intérieur brut de la France de 0,1% pour le troisième trimestre selon son enquête mensuelle de conjoncture, dans laquelle elle fait par ailleurs état d'une nouvelle dégradation du climat des affaires dans l'industrie. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge |
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