(La Vie Financière) -
Ressentez-vous l'impact du ralentissement économique sur votre activité ?
A ce jour, nous n'en avons pas encore senti les effets, mais nous savons que les prochains mois seront plus difficiles. Notre chiffre d'affaires est réalisé pour plus de 95 % dans la publicité. Or les dépenses des annonceurs souffriront immanquablement du ralentissement économique. D'ailleurs, France Pub, qui sonde les annonceurs, ne table plus que sur une progression des dépenses publicitaires de 1 % en 2008 en France, contre 2 % précédemment.
Internet ne sera pas épargné, mais tout est relatif. Si la croissance est moins forte qu'attendu sur le Net, elle devrait tout de même atteindre 25 % en 2008. Un niveau appréciable pour un groupe comme PagesJaunes, qui réalise déjà 400 millions d'euros de chiffre d'affaires sur le Web.
Dans ce contexte, pourrez-vous augmenter le revenu moyen par annonceur ?
Notre revenu moyen par annonceur devrait rester stable. Cela constitue une belle performance étant donné que les nouveaux clients, ceux conquis en 2007 et 2008, dépensent moins que les autres. Or, et c'est un point très positif, nous allons recruter au moins autant de nouveaux annonceurs cette année qu'en 2007, soit 120 000 au minimum.
Vos concurrents britannique (Yell) et italien (Seat Pagine Gialle) ont réduit, voire annulé, leur dividende. Peut-on craindre la même chose pour PagesJaunes ?
Certes, l'activité de nos homologues a souffert, mais leur problème est plus financier qu'opérationnel. Le poids de leur dette représente 5 fois leur Ebitda, contre 3,4 fois pour PagesJaunes. Et leurs covenants bancaires semblent plus contraignants que les nôtres. Le remboursement de notre dette n'est prévu qu'en 2011 et nous sommes couverts à 80 % contre la hausse des taux. Cela me permet de confirmer sans équivoque que nous allons poursuivre notre généreuse politique en matière de dividende, en distribuant 100 % du résultat net
Propos recueillis par Frédéric Cazenave et Emmanuel Schafroth
Interview parue dans la Vie Financière n°3292