PARIS (Dow Jones)--L'action Clarins SA (13029.FR) continue à gagner du terrain vendredi, l'accord entre
PPR SA (12148.FR) et L'Oréal SA (12032.FR) sur YSL Beauté relançant les spéculations sur un rachat du groupe de cosmétiques.
L'action s'adjugeait 3,3% à 46,14 euros vendredi à 15h04, après avoir bondi de 6,7% jeudi, portée par un relèvement de recommandation de
Société Générale.
La banque est en effet passée de conserver à achat, estimant que cette transaction "compromet nettement l'indépendance du groupe à moyen terme" et intègre désormais une probabilité de transaction de 33%, jugeant qu'elle pourrait se réaliser à EUR90 par action.
L'accord entre
PPR et L'Oréal "prouve que le secteur est dans une phase de concentration et attire l'attention sur le cas de Clarins", note un autre analyste.
Alors que le marché avait spéculé ces derniers mois sur un rapprochement entre YSL Beauté et Clarins, cet accord fait apparaître Clarins comme isolé et met encore plus en lumière son manque de taille critique, notamment dans les parfums et sur le marché américain, ajoute-t-il.
La cession d'YSL à L'Oréal représente en effet "la disparition de sa cible la plus attractive, au bénéfice du leader mondial de l'industrie qui sort ainsi nettement renforcé sur ce circuit de distribution", explique
Société Générale. Or "les belles opportunités d'acquisition dans le circuit sélectif des cosmétiques sont rares et les moyens de Clarins très limités au regard de ceux de ses principaux concurrents", ajoute la banque.
En novembre,
Christian Courtin-Clarins, le président du directoire de Clarins, avait déclaré pouvoir mobiliser environ 800 millions d'euros pour réaliser des acquisitions. Mercredi soir, L'Oréal annoncé avoir fait une offre à 1,15 milliard d'euros pour mettre la main sur YSL Beauté.
Difficile donc à court terme d'envisager un renforcement significatif du groupe par la croissance externe.
L'autre hypothèse privilégiée - l'adossement à un grand groupe sans perte de contrôle de la part de la famille Courtin-Clarins - paraît aussi compromise.
PPR a en effet reconnu qu'il n'était pas prêt à accepter une telle condition, et on voit mal quel autre grand groupe du secteur se contenterait d'une participation minoritaire.
"Sur Clarins, il est clair qu'il y a une complémentarité de produits et de marques, mais la famille Courtin, actionnaire majoritaire, a toujours précisé qu'elle ne céderait pas le contrôle. Il n'y avait donc pas de sens pour
PPR d'engager des capitaux importants pour une éventuelle participation minoritaire", a ainsi expliqué vendredi dans Le Figaro
François-Henri Pinault, président-directeur général du groupe de luxe et de distribution.
Reste la solution d'une acquisition pure et simple. Jusqu'à présent, les représentants de la famille Courtin-Clarins, qui contrôlent 65,1% du capital, ont répété qu'ils n'étaient pas prêts à céder le contrôle du groupe, mais plusieurs analystes estiment que tout va se jouer sur leur capacité à atteindre leurs objectifs de résultats en 2008, dans un environnement difficile, qui combine ralentissement de la croissance économique, mouvements de déstockage chez les distributeurs et augmentation des budgets de publicité et de commercialisation.
"Des risques de déception sur les performances 2008 (croissance interne, marges, résultats) ne peuvent donc plus être exclus, ce qui, selon nous, ne ferait que précipiter l'abandon de la stratégie d'indépendance", estime ainsi
Société Générale.
Dans ce cas, les candidats ne manqueraient pas: les noms des américains Ester Lauder Cos. (EL) et Procter & Gamble Co. (PG), tout comme celui du groupe de luxe
LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton (12101.FR) ou du parfumeur Coty ont ainsi été évoqués récemment comme pouvant être intéressés par le groupe.
En cas de résultats décevants,
Exane BNP Paribas envisage cependant une autre issue possible: un rachat des minoritaires par la famille, après une cession de la division parfums, dont les résultats ne sont pas pour le moment à la hauteur des attentes.
"Soit le plan [de croissance] réussit, ce qui se traduirait par une valeur raisonnable de 65 euros, soit il échoue, et des choix stratégiques devront être faits, éventuellement un retrait de la cote", estime ainsi l'analyste. Selon lui, la cession d'YSL Beauté crédibilise ce scénario, car "elle valide notre valorisation de la division parfums dans l'éventualité où la famille la cèderait pour retirer le groupe de la cote".
Ces scénarios sont en tout cas tous deux susceptibles de favoriser un rebond du titre, qui perd encore 19% depuis le début de l'année.
-Amélie Baubeau, Dow Jones Newswires; +33(0) 1 40 17 17 40; amelie.baubeau@dowjones.com
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January 25, 2008 09:05 ET (14:05 GMT)