(La Vie Financière) - La Bourse est pour moi étroitement liée aux valeurs moyennes. Elles m'ont donné l'occasion de découvrir des gens formidables. Ma première rencontre avec les valeurs moyennes remonte à 1984, année de mon entrée à la chambre syndicale des agents de change, qui allait devenir plus tard
Euronext. C'était une époque fantastique ! Le second marché avait un an et, avec lui, nous avons vu arriver des
dirigeants d'entreprises, en grande majorité familiales, soucieux de lever des fonds mais aussi très attachés à conserver un contrôle majoritaire. Ce compartiment de la cote, qui les autorisait à ne mettre que 10 % du capital dans le
public, était vraiment taillé à leur mesure. Certains des entrepreneurs venus au second marché avaient démarré leur activité dans un garage, ou dans des conditions parfois périlleuses, d'autres n'avaient jamais, ou presque, côtoyé les marchés financiers... Mais tous avaient déjà plusieurs années de développement derrière eux et comprenaient que la Bourse pouvait être une formidable opportunité. Le second marché a véritablement permis de faire émerger un pan de l'industrie française, dont nous n'avions pas forcément conscience. Il a aussi été une source de diversification importante pour les investisseurs, En vingt ans d'existence, pas moins de 689 sociétés ont rejoint le second marché.
Avec le nouveau marché en 1996, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, marquée par un profil de
dirigeants très différent. Ils étaient plus rôdés aux techniques financières, ce qui n'est pas systématiquement un gage de meilleure gestion... et une majorité d'entre eux avaient déjà ouvert leur capital et intégré la Bourse dans le parcours de leur société. Cette génération avait d'ailleurs une vision de l'entreprise assez différente. D'un côté, la maturité et des modèles économiques éprouvés, ce qui a sans aucun doute contribué au succès du second marché, et de l'autre, des entreprises jeunes avec pour ambition une croissance rapide et l'international. Ces deux marchés ne s'adressaient clairement pas à la même population d'entreprises, mais l'un comme l'autre ont bien rempli leur rôle. Ce qui est passionnant en Bourse, c'est justement d'accueillir des profils d'entreprises différents, tout en répondant à un besoin de financement.
Une grande variété d'entrepreneurs
Avec l'avènement de la liste unique et la création d'Alternext il y a trois ans, le souci d'
Euronext a été de proposer un marché ouvert à toutes les PME en quête de financement, sans restrictions en termes de taille ou de secteur. Nous avons alors vu émerger un troisième profil d'entrepreneurs qui, pour prendre une image, seraient à la fois les petits-enfants du second marché et les cousins du nouveau. Toute la richesse de notre pays tient à cette variété d'entrepreneurs. Et il est important que les PME continuent de venir se financer en Bourse. Les valeurs moyennes restent d'ailleurs une des préoccupations majeures pour
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Euronext, dont la vocation est à la fois de faire évoluer les marchés de cotation et décliner les outils pour accueillir de nouvelles recrues, indispensables au renouvellement de la cote
Propos recueillis par Perrine Delfortrie
Interview parue dans la Vie Financière n°3302
* directeur exécutif en charge du listing Europe au sein du groupe NYSE-Euronext