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Nicolas Sarkozy toujours confronté aux dossiers de l'énergie
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Dimanche 06 Janvier 2008 à 10:17
par William Emmanuel

PARIS (Reuters) - Les dossiers de l'énergie continueront d'être au coeur de la politique industrielle du présidentNicolas Sarkozy en 2008, selon des spécialistes du secteur et des sources proches du dossier.

Alors que la situation des finances publiques demeure difficile, ils attendent de nouvelles cessions de titres parl'Etat, en particulier d'entreprises dont les cours de Bourse ont bien tenu ces derniers mois. Le gouvernement a prévudans son budget 2008 des ventes d'actifs "non stratégiques" pour un montant de 5 à 10 milliards d'euros.

Tout le monde attend une nouvelle opération sur Electricité de France dont l'Etat a près de 85%, une participationvalorisée plus de 126 milliards d'euros au cours actuel (autour de 81,8 euros).

La ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde, a déclaré début décembre, après le placement d'unetranche de 2,5% du capital, qu'une nouvelle vente d'actions d'EDF était "très possible, en 2008 par exemple". Cettedéclaration a pesé sur le cours de Bourse de l'électricien, qui stagne après un parcours exceptionnel en 2007(+48,6%).

La loi impose que la part de l'Etat dans son capital demeure au-dessus de 70%. En descendant jusqu'à ce niveau, legouvernement pourrait lever 22 milliards d'euros mais, de l'avis de banquiers, il est impossible que le marché puisseabsorber un telle quantité de papier en une seule fois. "EDF va devenir une tirelire que l'Etat videra peu à peu",prédit un analyste.

L'Etat détient aussi 27,4% de France Télécom, ce qui représente environ 17 milliards d'euros.

Sur le plan industriel, le gouvernement doit notamment boucler le projet de fusion entre Suez et Gaz de France,dont l'Etat détient près de 80%. Les modalités ont été revues et seules restent à réaliser les dernières consultationsdes instances représentatives du personnel chez GDF. Si tout ce passe comme prévu, ce projet, annoncé en février2006, pourrait aboutir vers la fin du premier semestre.

AREVA, OBJET DE CONVOITISES

Mais le plus gros dossier concerne la refonte de la filière nucléaire et l'avenir d'Areva. Le gouvernement a lancéune réflexion sur l'avenir de ce groupe détenu à 78,96% par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), à 5,19% parl'Etat, à 3,59% par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), à 3,21% par la holding publique Erap et à 2,42% parEDF.

La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, explique depuis plusieurs mois que son groupe a besoind'argent pour son développement alors que le nucléaire revient en force à travers le monde dans un contexte de prixélevé du pétrole.

Une introduction en Bourse avait été étudiée ces dernières années mais le groupe suscite des convoitises. Bouyguesaffiche depuis plusieurs mois son intérêt pour une entrée dans le nucléaire et Alstom, dont il détient près du tiers ducapital, milite pour un rapprochement avec Areva.

A l'Elysée, on a voulu temporiser ces derniers mois en expliquant qu'il ne s'agissait pas seulement de trancher laquestion capitalistique. "La question est de savoir comment positionner la filière nucléaire française afin qu'elleprofite au mieux du développement du nucléaire dans le monde", dit-on de source proche du gouvernement, en ajoutantqu'en travaillant étroitement ensemble, Areva et EDF ont réussi à obtenir un contrat géant pour des centrales EPR enChine récemment.

En dehors de l'énergie, l'aéronautique et la défense suscitent aussi des interrogations. Après avoir réglé, l'étédernier, la question du management d'EADS, la France et l'Allemagne sont confrontées à la volonté d'Airbus dedélocaliser sa production vers les pays de la zone dollar alors que le billet vert a chuté contre l'euro en 2007.

Cela n'empêche pas certains de réfléchir à des "meccanos", la puissance publique étant présente dans le capital desprincipales sociétés du secteur. Après avoir souhaité un rapprochement avec Safran, dont l'Etat a 30,4%, Thales,détenu à 27,3%, a écarté l'idée fin novembre.

UNE FUSION ALCATEL-LUCENT - THALES

Les spéculations sur l'avenir des deux groupes ont repris. Safran est menacé par la faiblesse du dollar, selon desanalystes qui s'interrogent sur l'efficacité de sa couverture. Le groupe né de la fusion entre Sagem et Snecma est aumilieu du gué et il a exclu récemment une fusion avec Zodiac.

Quant à Thales, convoité dans le passé par EADS, des experts pensent qu'il pourrait être rapprochéd'Alcatel-Lucent, qui a 21% de son capital. "Cela permettrait de créer un groupe plus stable avec une grosse portionde revenus récurrents alors qu'Alcatel-Lucent est en perte de vitesse", résume un expert connaissant les deuxgroupes.

La fusion entre Alcatel et Lucent n'a pas séduit les marchés et le nouvel ensemble a dû lancer trois avertissementssur ses résultats en 2007. L'action a dévissé de 54,6% l'an dernier, la pire performance de l'indice CAC 40.

Pour des sources proches du dossier, une fusion entre Thales et Alcatel Lucent buterait toutefois sur la question del'équipe de direction. Serge Tchuruk, président du conseil d'administration de l'équipementier télécoms, nesouhaiterait pas confier les rênes du groupe à Denis Ranque, P-DG de Thales.

C'est la raison pour laquelle le nom de Thierry Breton, ancien P-DG de Thomson et de France Télécom avant dedevenir ministre de l'Economie et des Finances, revient avec insistance dans les milieux industriels. L'intéresséenseigne actuellement à Harvard et travaille pour Rothschild aux Etats-Unis.

"C'est typiquement le genre de dossier qui a besoin d'une impulsion politique. Si Sarkozy veut intervenir, il peut lerégler comme il l'a fait pour Sanofi-Aventis", dit un expert gouvernemental.

Les dossiers de l'énergie continueront d'être au coeur de la politique industrielle du président Nicolas Sarkozy en 2008. Tout le monde attend une nouvelle opération sur Electricité de France dont l'Etat a près de 85%, une participation valorisée plus de 126 milliards d'euros au cours actuel (autour de 81,8 euros). /Photo prise le 6 décembre 2007/REUTERS


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