(La Vie Financière) -
En deux mots, comment expliquez vous la forte croissance de votre activité en 2007 ?
Nous continuons de profiter de l’engouement des français pour les offres triple play (télévision,
Internet, téléphone) des opérateurs télécoms. Cette dynamique constatée en 2006 s’est poursuivie en 2007, d’où la croissance de 33 % de notre chiffre d’affaires. La progression du nombre de box (ces décodeurs qui permettent d’accéder Ã
Internet, de regarder la télévision et de téléphoner) livrées est même plus importante. Mais, comme dans toute l’industrie de l’électronique grand
public, nous faisons face à de fortes pressions sur les prix.
Malgré cette forte croissance, votre marge d’exploitation a reculé de 13,3 % en 2006 à 9,6 % en 2007. Pourquoi ?
Cette diminution de la marge s’explique par deux éléments : tout d’abord, une hausse des frais fixes. Etant donné notre rythme de croissance et la taille de la société, nous avons mené une politique de recrutement indispensable et sommes ainsi passés de 26
salariés en 2006, à 40 en 2007. Ce niveau ne devrait plus augmenter fortement aujourd’hui. Ensuite, la hausse des volumes s’est faite sans nouveaux clients majeurs. Or, plus les volumes augmentent avec un client donné, plus la grille des prix joue en sa faveur.
Quelle croissance attendez-vous en 2008 ?
Je ne donnerai pas de prévisions, mais le marché des opérateurs télécoms étant mature en France, on peut s’attendre à ce qu’il contribue à notre chiffre d’affaires 2008 de façon équivalente à 2007. Cependant, nous avons plusieurs relais de croissance. Nous souhaitons augmenter la part des services dans notre activité, dont le potentiel de marge est nettement plus important. D’où l’acquisition de
Glowria, le spécialiste de location de vidéo par
Internet. Cela nous permet d’être présent à plusieurs niveaux de la chaîne de valeur.
Pouvez-vous justement détailler ces relais de croissance ?
La stratégie de Netgem n’est pas seulement de vendre des box en marque blanche. En 2008, nous allons ainsi lancer une marque propre qui sera commercialisée en France sous le nom de Netbox. Cette gamme de produits concentrera toutes les fonctionnalités que nous offrons aux opérateurs (réception et enregistrement en haute définition, disque durs...) et un accès à la plateforme de vidéo à la demande (VOD) de
Glowria. En France, 14 millions de foyers sont équipés en haut débit, mais 10 millions d’entre eux n’ont pas accès à la télévision par
Internet, en grande majorité parce qu’ils ne sont pas éligibles à cette fonction. C’est à eux que notre Netbox s’adresse, car elle s’appuiera sur le réseau TNT pour recevoir la télévision haute définition et le disque dur intégré permettra une utilisation plus confortable des services de VOD. Surtout, notre technologie permettra de garantir aux futurs clients d’une Netbox un service de qualité. La Netbox devrait arriver en magasins au troisième trimestre, afin d’être présent pour la cruciale période des fêtes de fin d’année.
En attendant, l’intégration de Glowria dans vos comptes devrait peser sur votre rentabilité. Une nouvelle baisse de la marge d’exploitation n’est-elle pas inéluctable en 2008 ?
Encore une fois, je préfère ne pas me prêter au jeu des prévisions pour 2008. Mais il est vrai que
Glowria, qui a accusé des pertes en 2007, devrait peser sur notre rentabilité. Nous tablons sur un retour à l’équilibre pour cette société en 2009 au plus tard. Et à moyen terme, nous estimons que Netgem doit être capable, en rythme de croisière, de dégager une marge d’exploitation de l’ordre de 10 %.
Quel est l’impact pour vous de la fusion attendue de vos deux principaux clients Neuf Cegetel et SFR ?
Je vois cette opération plutôt d’un bon oeil dans la mesure où la part de marché du nouvel ensemble dans l’ADSL – actuellement de 25 % - devrait s’aligner sur celle de
SFR dans le mobile qui est plutôt de 33 %, grâce à la puissance marketing et au réseau de distribution de
SFR.
Propos recueillis par Frédéric Cazenave