PARIS (Reuters) - Les
dirigeants de
Natixis assurent que la banque n'a jamais envisagé de faire appel à des fonds souverains pour lever des fonds.
Dans une interview publiée lundi par Les Echos, Charles Milhaud et
Philippe Dupont, qui président respectivement le conseil de surveillance et le directoire de la banque, déclarent également que les Caisses d'épargne et les
Banques populaires n'ont pas déprécié à ce jour la valeur de leur participation dans
Natixis.
Prié de dire si
Natixis a approché des fonds souverains pour boucler son augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros lancée la semaine passée, Charles Milhaud répond : "Pensez-vous que nous aurions monté une augmentation de capital avec droit préférentiel de souscription si nous avions voulu faire appel à un ou plusieurs fonds souverains ? Tous les investisseurs de long terme sont évidemment les bienvenus, mais nous souhaitons surtout que nos actionnaires actuels continuent à nous accompagner."
"Nous n'avons jamais envisagé de faire appel à un nouvel actionnaire de référence", déclaré pour sa part
Philippe Dupont, ajoutant : "
Natixis dispose de deux grands actionnaires de référence, qui ont fait la preuve de leur solidité et de leur capacité à travailler ensemble. Les fonds souverains sont déjà présents au capital de
Natixis dans des proportions limitées, comme ils le sont d'ailleurs dans d'autres groupes financiers."
A la question de savoir pourquoi
Natixis a sollicité la Caisse des dépôts,
Philippe Dupont répond : "La Caisse des dépôts est un grand institutionnel, un grand partenaire et un grand client de
Natixis. Il était donc normal que je l'informe de cette opération."
Cette augmentation de capital a été lancée au prix de 2,25 euros par action, alors que le placement de titres
Natixis, lors de la création de la banque fin 2006, s'était fait au prix de 19,55 euros.
Les Caisses d'épargne comme les
Banques populaires, qui détiennent de
concert et à parité près de 70% de
Natixis n'ont pas à ce jour déprécié la valeur de leur participation.
"Aux Caisses s'épargne, nous faisons périodiquement des tests de dépréciations pour une partie de nos activités. Nous l'avons encore fait au premier semestre pour notre participation dans
Natixis. Il n'y a pas matière à déprécier notre participation", indique Charles Milhaud.
"Pour les
Banques populaires non plus", renchérit
Philippe Dupont.
Prié de dire si la perspective d'un rapprochement entre les organes centraux des deux groupes mutualistes ne s'est pas éloignée avec la crise qui touche
Natixis, Charles Milhaud répond : "Le problème, c'est que si l'on vous répond que cette perspective ne s'est pas éloignée, vous êtres persuadé que c'est pour demain ! Cela rentre dans une certaine logique, mais ce n'est pas d'actualité. Plus les gens travaillent ensemble, plus les choses maturent."
Yann Le Guernigou