(La Vie Financière) - Les célibataires bénissent
Marc Simoncini. En quelques années, le Pdg de Meetic à construit à coups d’acquisitions et de forte croissance interne un groupe qui compte à fin de 2007 pas moins de 577 255 personnes en quête de l’âme soeur.
Un philanthrope,
Marc Simoncini ? Pas vraiment, car pour accéder à cette base, il faut s’acquitter d’un abonnement. Et la recette fonctionne : en 2007, le chiffre d’affaires du leader européen de la rencontre en ligne a bondi de 44,5 % à 113,8 millions d’euros. De quoi donner un joli coup de pouce aujourd’hui à la valeur.
Plus important encore, la stratégie mise en place à la sortie de la nouvelle version du site en 2007 tient ses promesses, malgré les craintes qu’elle suscitait. Si les femmes peuvent s’inscrire gratuitement, elles doivent désormais payer pour certaines options. Quant aux hommes, ils se sont vu proposer un service premium, facturé plus cher.
Loin de faire fuir le client, cette évolution de la grille tarifaire commence à produire ses effets. Son objectif était de faire croître le revenu moyen par abonné. Pari tenu : il représente 17,7 euros par mois au second semestre 2007, contre 16,7 euros en 2006. Mieux, le taux de désabonnement diminue.
Autant dire que la confiance est de mise pour 2008. Le consensus table sur une croissance du chiffre d’affaires de 30 %, à 148 millions d’euros, et sur une marge d’exploitation de 19 %.
Outre la croissance naturelle de son marché, la société va en effet profiter pleinement des acquisitions réalisées l’an dernier. Certes, le groupe va continuer à investir lourdement en campagnes marketing, mais c’est le prix à payer pour alimenter son vivier d’abonnés, donc sa croissance.
Les analystes ont bien accueilli cette publication et restent en majorité à l’achat sur un titre qui ne se paie que 11 fois le résultat d’exploitation attendu en 2008. Les objectifs de cours se situent toutefois dans une fourchette assez large, de 26 euros (
Exane BNP Paribas) Ã 37,16 euros (
CM-CIC Securities).
Les investisseurs sont peut-être en train de retrouver la flamme pour un titre délaissé depuis quelques mois.
Frédéric Cazenave