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| "Les marchés réagissent à toute nouvelle d'importance. Mais ils réagissent surtout à la concrétisation d'une stratégie claire" - Patrice Gollier, 57 ans, directeur général d'InVivo* | |
| Mercredi 17 Septembre 2008 à 09:10 Catégorie : La Bourse vue par... | |
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©Thomas Gogny
(La Vie Financière) - Le rapprochement d'InVivo avec Evialis répond à un besoin stratégique et non à une course à la croissance. Pour se développer dans le métier de la nutrition animale, le groupe doit grossir et s'internationaliser par des opérations de croissance externe, notamment dans les pays émergents. Et la Bourse est un très bon vecteur de financement. InVivo, avec 350 millions d'euros de fonds propres, a les moyens de faire des acquisitions, mais il souhaite conserver un certain équilibre dans le développement de ses différents métiers. La Bourse répond parfaitement à cette stratégie, c'est pourquoi nous n'avons pas retiré le titre Evialis de la cote. Nos sociétaires, qui sont aussi nos clients, sont des coopératives agricoles. Elles attendent une forte capacité d'innovation et d'expertise de notre part. Toutes ont donc très bien compris l'intérêt stratégique de cette opération. Leurs attentes ne sont pas en contradiction avec celles des petits porteurs.
Même si la Bourse est un univers particulier, j'aborde cette nouvelle étape avec beaucoup de sérénité parce que je suis très confiant dans notre capacité à répondre aux exigences des investisseurs. J'ai bien conscience que les marchés réagissent fortement, à la hausse ou à la baisse, à toute nouvelle d'importance. Mais ils réagissent surtout à la concrétisation d'une stratégie claire. Et je suis serein, parce que nous apportons une réponse au développement futur du groupe. Nous ne nous inscrivons pas dans une stratégie à court terme, bien au contraire. Et la finalité de ce projet n'est pas de suivre le cours de l'action au quotidien. Je suis surpris de constater que les investisseurs n'ont pas encore anticipé ce que nous sommes en train de construire. Mais il est vrai que nous sommes très discrets et que la faiblesse actuelle du flottant, avec seulement 18 % du capital sur le marché, et l'absence d'éléments financiers précis justifient sans doute cet attentisme. Nous sommes en phase de construction et le plus important est de bien réussir ce chantier. Les actionnaires jugent les résultats, et pas seulement les intentions. Le monde agricole, un secteur en mutation La Bourse, quant à elle, n'est absolument pas rodée au monde agricole, mais cela devrait changer. La valeur stratégique de ce domaine d'activité va aller croissant. Je pense que les sociétés du secteur seront regardées demain tout autrement qu'elles l'ont été ces vingt dernières années. La lenteur de la prise de conscience du public face aux problèmes d'alimentation et surtout la survivance de messages négatifs vis-à-vis du monde agricole sont étonnantes. Nous sommes entrés dans une profonde phase de mutation liée à l'accroissement de la demande mondiale. La France est l'un des pays où le niveau de sécurité alimentaire est le plus élevé. Tout le monde trouve cela normal, et tant mieux. Mais il est important de comprendre que nous avons atteint cette qualité au prix d'efforts colossaux de la part du monde agricole. Et l'avenir n'est pas simple... il va falloir augmenter la production pour nourrir de plus en plus d'êtres humains, tout en préservant de mieux en mieux la planète, en gérant les terres arables, le manque d'eau... Nourrir le monde n'est pas si simple. Propos recueillis par Perrine Delfortrie Article paru dans la Vie Financière n°3301 *groupe coopératif agricole (5 milliards d'euros de chiffre d'affaires). |
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