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| Les marchés financiers attendent toujours du concret | |||
| Mardi 07 Octobre 2008 à 15:30 Catégorie : Point de Marché | |||
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par Olmar Valdimarsson et Keith Weir REYKJAVIK/LONDRES/PARIS (Reuters) - Les marchés financiers sont de nouveau saisis par le doute dans l'attente de décisions concrètes illustrant la volonté des autorités politiques et monétaires d'apporter une réponse coordonnée à la crise financière et à ses retombées économiques. La dégringolade générale des Bourses lundi a été suivie d'un bref rebond à l'ouverture mais le pessimisme a vite repris le dessus, touchant en premier lieu les valeurs bancaires britanniques. En milieu de journée en Europe, l'indice FTSEurofirst 300 cédait 0,33%. Le CAC 40 à Paris ne gagnait plus que 0,68%, le FTSE à Londres perdait 0,34% et le Dax à Francfort 0,16%. L'indice DJ Stoxx paneuropéen des banques reculait de 2,8% et celui de l'assurance de 2,5%. Valeur la plus touchée au sein du secteur bancaire, Royal Bank of Scotland chutait de près de 30% à Londres. Le groupe s'est refusé à tout commentaire sur l'éventualité d'une recapitalisation par l'Etat. Mais cette possibilité a bel et bien été évoquée lundi soir lors d'une réunion entre les autorités et des dirigeants de banques, selon une source proche des discussions. A Paris, le président Nicolas Sarkozy, parlant de "gigantesque crise de confiance", a également évoqué la possibilité d'une entrée de l'Etat au capital de banques. L'ISLANDE MENACÉE DE "FAILLITE NATIONALE" Autre foyer de tension, l'Islande, dont les autorités ont pris le contrôle de la deuxième banque du pays, Lansbanki, usant de nouvelles prérogatives entrées en vigueur la veille. L'Islande et ses 300.000 habitants paient très lourd depuis plusieurs semaines le prix de la diversification de leurs banques à l'étranger ces dernières années, une stratégie qui s'est traduite par une accumulation de créances douteuses. Le Premier ministre, Geir Haarde, a évoqué la menace d'une "faillite nationale". La banque centrale a annoncé mardi que la couronne islandaise, en chute libre ces dernières semaines, serait désormais encadrée. Ces décisions pourraient prendre une connotation diplomatique inattendue puisque la Russie pourrait voler au secours de Reykjavik en lui prêtant quatre milliards d'euros. La journée avait pourtant commencé par une nouvelle susceptible de raviver l'espoir, avec la baisse d'un point des taux d'intérêt en Australie, qui a alimenté les spéculations sur la possibilité d'une action coordonnée des autorités monétaires mondiales pour tenter de juguler la crise et de dégeler les marchés du crédit. Les autorités américaines avaient appelé lundi à une réaction mondiale "forte et coordonnée" face aux tensions sur les marchés. "Les décideurs politiques ne peuvent plus se permettre de se tromper: le temps passe et il est minuit moins une", écrit Barclays Wealth, la division de gestion de patrimoine de la banque britannique Barclays, dans une note à ses clients. L'UE POURRAIT MIEUX GARANTIR LES DÉPÔTS BANCAIRES A Luxembourg, les ministres des Finances de l'Union européenne rassemblés pour la réunion mensuelle de l'Ecofin s'efforcent donc d'adopter rapidement des décisions communes aptes à rassurer les banques, les entreprises et les particuliers. L'Union a essuyé des critiques de plus en plus vives ces derniers jours pour son manque de coordination et de solidarité. La décision prise unilatéralement la semaine dernière par l'Irlande de garantir sans aucune limite les dépôts des épargnants a notamment été dénoncée par d'autres Etats membres. "Nous devons trouver une solution commune car une solution dans un pays donné peut constituer un problème dans un autre", a souligné le ministre suédois, Anders Borg. Selon une source européenne, l'Ecofin étudie donc la possibilité d'harmoniser les garanties de dépôts bancaires sur son territoire en relevant le seuil couvert à 100.000 euros par épargnant. Une telle mesure pourrait dissuader les épargnants de vider leurs comptes et donc stabiliser la situation de certains établissements. Par ricochet, elle pourrait contribuer à relancer l'activité des marchés interbancaires, sur lesquels les banques se prêtent d'ordinaire les unes aux autres mais qui sont quasiment paralysés par la défiance depuis plusieurs semaines. Cette situation contraint les grandes banques centrales à jouer leur rôle de prêteur en dernier ressort en abreuvant les marchés monétaires de liquidités. Les instituts d'émission doivent désormais aller plus loin en réduisant leurs taux, estiment désormais de plus en plus d'observateurs. La décision australienne pourrait donc être suivie d'autres mesures d'assouplissement monétaire, en Europe et aux Etats-Unis notamment. "S'il faut faire baisser les taux pour les ramener à un niveau plus proche de la neutralité, pourquoi tergiverser ? Faisons-le en une seule fois", souligne Brian Redican, économiste de la banque australienne Macquarie, à propos de la décision de Canberra. La Banque du Japon a pour sa part laissé inchangés ses taux d'intérêt, déjà très bas puisque le principal est fixé à 0,5%. La Bourse de Tokyo a fini en baisse de 3%, au plus bas depuis cinq ans. Les contrats à terme montrent que le marché estime possible une baisse de 75 points de base des taux de la Réserve fédérale américaine à l'issue de sa prochaine réunion, le 29 octobre. En Europe, la Banque d'Angleterre pourrait assouplir sa politique dès jeudi. Version française Marc Angrand |
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