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| Le vote du plan Paulson ne suffit pas à rassurer | |||
| Jeudi 02 Octobre 2008 à 18:22 Catégorie : Point de Marché | |||
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par Eddie Evans et Ralph Boulton NEW YORK/LONDRES (Reuters) - L'adoption du plan Paulson par le Sénat américain n'a pas suffi à rassurer jeudi les milieux économiques, alors que s'accumulent les indices d'une contagion de la crise du crédit au reste de l'activité. La Banque centrale européenne a, comme prévu, maintenu ses taux d'intérêt inchangés mais a évoqué l'idée d'une baisse dans le climat actuel de crise financière, en relevant le "niveau extraordinairement élevé d'incertitude". Le sort du programme de sauvetage des banques américaines, voté par 74 sénateurs contre 25 mercredi soir, est désormais entre les mains de la Chambre des représentants, qui devrait se prononcer vendredi. Dans l'attente d'un résultat encore hypothétique, les marchés boursiers ont marqué le coup de part et d'autre de l'Atlantique à l'annonce d'une baisse de 4% des commandes à l'industrie en août aux Etats-Unis, leur plus forte contraction depuis octobre 2006. Wall Street a ouvert en baisse et les places européennes ont terminé nettement dans le rouge (-1,7% à Londres, -2% à Paris, -2,5% à Francfort). L'EUROPE CHERCHE À S'ACCORDER Pendant ce temps, les dirigeants européens se sont efforcés d'accorder leurs points de vue à deux jours d'un mini-sommet des quatre pays européens du G8 organisé à Paris par la présidence française de l'Union. L'idée d'une version européenne du plan Paulson, un programme atteignant 300 milliards d'euros, a semble-t-il été jetée aux oubliettes après avoir circulé plusieurs jours. Le président Nicolas Sarkozy a démenti publiquement "le montant et le principe" d'un tel plan sans dissiper totalement la confusion née d'informations contradictoires qui circulent sur le sujet au sein de l'UE . L'idée a été catégoriquement rejetée par Berlin et Nicolas Sarkozy a reçu à l'Elysée le Premier ministre néerlandais, dont le pays avait un moment défendu une telle hypothèse. Jan Peter Balkenende a finalement déclaré, à la sortie du palais présidentiel, qu'il était opposé à un plan de soutien mais favorable à une meilleure coordination des pays membres. Il a critiqué à demi-mot la décision de l'Irlande de garantir les dépôts de six banques irlandaises à hauteur de 400 milliards d'euros, au risque de déstabiliser les banques concurrentes. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, tout en disant ne pas voir la nécessité d'un plan de sauvetage, a plaidé lui aussi pour une réponse de l'UE "un peu plus systématique". Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy préconise une démarche en deux temps : il souhaite avancer sur la voie d'une meilleure régulation des marchés au sein des Vingt-Sept dès le conseil européen des 15 et 16 octobre, puis préparer une remise à plat du système financier lors d'une réunion du G8 éventuellement élargie aux pays émergents. Le mini-sommet de Paris, samedi, devrait constituer la première étape de ce processus. Le ministre italien de l'Economie, Giulio Tremonti, a indiqué que le problème des règles comptables internationales devrait y être abordé. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui participera à la réunion avec Juncker et le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a souligné que les situations américaine et européenne n'étaient pas comparables. "En Europe, nous nous trouvons dans un cadre qui n'est pas celui d'une fédération politique. Nous n'avons pas de budget fédéral, l'idée que nous puissions faire la même chose que ce qui est entrepris de l'autre côté de l'Atlantique ne correspond donc pas à la structure politique de l'Europe", a-t-il dit. PESSIMISME DES CONSTRUCTEURS Le patron de la BCE a souligné que l'activité économique dans la zone euro faiblissait avec la contraction de la demande intérieure et le durcissement des conditions de financement. Aux Etats-Unis, les grands constructeurs automobiles, General Motors ou Ford, ont mis en garde contre des temps difficiles, soulignant que le crédit en berne freinait la demande et pourrait conduire à des pertes d'emploi. "Les problèmes des subprimes et de l'assèchement du crédit sont désormais étendus au monde entier", a déclaré le directeur général de Ford, Alan Mulally. "Le ralentissement est plus long et plus fort que nous ne le prévoyions il y a un an." Le nombre d'inscriptions au chômage a atteint aux Etats-Unis la semaine passée son plus niveau en sept ans, alors que sont attendus vendredi les chiffres de l'emploi pour septembre. Les opérateurs de marché restent très prudents sur les chances de voir adopté le plan du secrétaire au Trésor Henry Paulson vendredi à la Chambre des représentants, malgré les déclarations teintées d'optimisme de plusieurs parlementaires. Même l'adoption du plan pourrait ne pas enrayer la récession, estiment les plus pessimistes. Le programme de sauvetage doit purger les banques de leurs actifs pollués par les prêts hypothécaires à risque (subprimes) mais suscite une large hostilité dans l'opinion américaine, qui estime que le contribuable n'a pas à payer les risques pris inconsidérément par Wall Street pour des profits à court terme. La crise est devenue un sujet brûlant de la campagne présidentielle américaine, à un mois du scrutin. Les deux candidats, Barack Obama et John McCain, ont voté le plan en jugeant qu'il était peut-être imparfait mais vital pour prévenir une catastrophe économique de plus grande ampleur. Avec Dave Graham, Kevin Smith, Emmanuel Jarry, version française Jean-Stéphane Brosse |
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