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| Le rachat de Jaguar et Land Rover par Tata est confirmé | |||
| Mercredi 26 Mars 2008 à 17:15 Catégorie : International | |||
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par Sumeet Chatterjee et Kevin Krolicki BOMBAY (Reuters) - Tata Motors a confirmé le rachat de Jaguar et Land Rover à Ford pour 2,3 milliards de dollars (1,46 milliard d'euros) environ et le groupe indien disposera ainsi d'une gamme de véhicules allant du très bon marché au grand luxe. Pour Tata, qui doit commercialiser cette année la Nano, la voiture la moins chère au monde (2.500 dollars), l'adjonction de la rentable marque Land Rover est un plus face à son concurrent local Mahindra & Mahindra qui était également intéressé par un arrangement avec Ford. Ford lui se débarrasse de la marque Jaguar, déficitaire, au moment où il a bien besoin d'argent frais face à un marché américain qui déprime et sur lequel il a accumulé plus de 15 milliards de dollars de pertes ces deux dernières années. Le prix de vente représente 40% à peu près du prix que Ford avait payé pour les deux marques de l'ex-British Leyland. Ford avait acheté Jaguar en 1989 pour 2,5 milliards de dollars mais n'a jamais pu lui faire atteindre la masse critique, accumulant les pertes au fil des ans. Ford avait également versé 2,75 milliards de dollars à BMW pour s'offrir Land Rover en 2000. BMW avait lui-même racheté le groupe Rover à British Aerospace en 1994 mais n'avait jamais pu le remettre à flot, d'où le surnom de "Patient anglais" dont les médias allemands avaient affublé la filiale britannique du groupe bavarois. Ford apportera une contribution de l'ordre de 600 millions de dollars aux caisses de retraite de Jaguar et Land Rover après la réalisation de la transaction, prévue au deuxième trimestre. Il continuera également à fournir des moteurs et des pièces détachées, ainsi qu'un soutien technique et un financement aux concessionnaires pendant un an, ont fait savoir les deux constructeurs automobiles. En tenant compte de la contribution aux retraites, Ford recevra 1,7 milliard de dollars environ, un montant conforme à ce qui était prévu. Le constructeur américain, qui a publié une perte nette de 2,7 milliards de dollars en 2007 après celle de 12,6 milliards subie en 2006, vend ces deux marques pour se concentrer sur le redressement de ses activités déficitaires en Amérique du Nord, qu'il entrevoit pour 2009, encore que le risque de récession complique sa tâche, tout comme le fait que son programme de départs volontaires n'ait pas rencontré beaucoup de succès, font valoir des analystes. "Il est temps à présent pour Ford de s'attacher à l'intégration de la marque Ford mondialement, conformément à notre objectif de créer une société Ford Motor forte", souligne le directeur général de Ford Alan Mulally dans un communiqué. INTEGRATION DELICATE "C'est sûr, ça lui fait un peu de cash en plus", commente Erich Merkle, analyste d'IRN. "Ca met un terme à l'hémorragie (causée par Jaguar) et il peut rediriger ses ressources". Merkle pense que Ford pourra à présent porter ses efforts sur sa propre marque haut de gamme, Lincoln, l'une de ses trois grandes marques en Amérique du Nord. Par cette cession, Ford a quasiment démantelé sa division Premier Automotive Group, qui n'est plus représentée que par Volvo. Les analystes pensent que la marque automobile suédoise suivra le même chemin mais pas avant d'avoir renoué avec le bénéfice. Ford a reconnu que Volvo avait perdu de l'argent en 2007 et il a déprécié la valeur de la filiale de 2,4 milliards de dollars en janvier. Les analystes ont exprimé certains doutes sur le montage financier de l'opération pour Tata Motors. Ils se sont également demandé comment ces deux marques de luxe pourraient s'intégrer dans la gamme d'autocars, de camions et de voitures de tourisme que développe le groupe indien. Tata, troisième constructeur automobile indien mais premier pour les camions et les autocars, a fait part de son intention de lever quatre milliards de dollars d'argent frais pour financer l'achat ainsi que la construction de la Nano. Compte tenu du contexte troublé des marchés financiers, qui renchérit sensiblement toute opération de financement, Standard & Poor's a placé en janvier sous surveillance avec implication négative la note BB+ de Tata Motors. L'accroissement potentiel de l'endettement du groupe indien pour l'achat de Jaguar et de Land Rover est particulièrement surveillé par S&P. Tata Motors, dont la capitalisation boursière tourne autour de 6,5 milliards de dollars, n'est que l'une des sociétés du groupe Tata qui englobe 98 entreprises dans les secteurs les plus divers, parmi lesquels l'acier, le sel, les logiciels, l'énergie, l'automobile, les communications ou la chimie. Le groupe Tata a procédé à un certain nombre d'acquisitions à l'étranger ces dernières années, dont celle, en 2007, du sidérurgiste anglo-néerlandais Corus, opération de 13 milliards de dollars pour le compte de la filiale Tata Steel. Version française, Wilfrid Exbrayat |
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