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| "Le mythe de l'autorégulation" | |
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Lundi 06 Octobre 2008 à 14:03
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Edito
« Quoi qu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français », promet Nicolas Sarkozy. Un engagement rassurant pour l'épargnant... pas pour l'actionnaire.
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(La Vie Financière) - La crise internationale actuelle est alarmante dans la mesure où personne ne semble savoir jusqu'où elle peut nous emmener. Des empires s'effondrent aux Etats-Unis et cette cascade de faillites a de quoi provoquer l'inquiétude des épargnants du monde entier. Les pertes du secteur financier vont dépasser 1 000 milliards de dollars, comme le Fonds monétaire international l'avait annoncé il y a six mois. « L'opacité est telle qu'aujourd'hui on a du mal à comprendre même ce qui se passe », a reconnu Nicolas Sarkozy dans son discours de l'ONU. Notre ministre de l'Economie, Christine Lagarde, se borne quant à elle à constater que « nous avons encore toute une série d'obstacles à franchir et de difficultés à surmonter ». Bref, cette crise est une démonstration terrifiante de l'absence d'efficacité des dispositifs de régulation.
Dindons de la farce En bâtissant des châteaux de cartes de spéculation, les grands établissements financiers de la planète ont introduit ce qu'on appelle un « risque de crise systémique ». Après tant de séismes dans l'histoire économique, on se croyait pourtant protégé par tout un arsenal de règles prudentielles. Après l'écroulement du géant Enron aux Etats-Unis, la loi Sarbanes-Oxley apparaissait comme un puissant rempart contre de nouvelles dérives ; de même en France avec l'instauration par la loi dite de sécurité financière, de l'AMF, présentée comme plus rigoureuse que l'ancienne COB. De nouvelles règles comptables IFRS et des exigences de solvabilité renforcées, dites « Bâle II », pour les banques ne devaient-elles pas aussi renforcer la transparence et la fiabilité des comptes ? Il y a dans cette déroute un cynisme irritant, avec ce côté « pile je gagne, face vous perdez » : lorsque la conjoncture est bonne, les dirigeants de ces banques, leurs conseils et leurs traders reçoivent des « packages » de bonus faramineux et, lorsqu'elle se retourne, ce sont les actionnaires (avec la baisse des cours de Bourse), les épargnants (avec les hausses de frais, les risques sur les placements), les collaborateurs de tout niveau (avec les restructurations) qui en supportent les conséquences. Il paraît donc salutaire, comme l'a suggéré notre président à New York, « que ceux qui ont mis en danger l'argent des épargnants soient sanctionnés et assument enfin leurs responsabilités ». Sauf que, dans l'histoire de France, combien de dirigeants d'entreprise, coupables d'avoir trahi la confiance des épargnants ou des actionnaires, se sont fait poursuivre par la justice ? La restauration de la confiance exige une vraie initiative concertée d'un G8 élargi à toutes les grandes nations économiques comme la Chine, l'Inde, le Brésil... afin de prévenir ce type de crise et de mettre un terme au mythe de l'autorégulation des acteurs de marché. Car, sans des Etats forts, cette crise aurait sans doute provoqué un vrai come-back de 1929. Je trouve rassurant d'entendre le premier de nos responsables politiques se déclarer solennellement garant de la sécurité de l'épargne : « Je n'accepterai pas qu'un seul déposant perde un seul euro. » Mais pour ceux qui ont risqué leur argent en investissant dans l'économie (portefeuille d'actions, fonds boursiers des assurances vie, comptes d'épargne salariale) et qui se voient laminés par cette crise, pouvez-vous l'accepter, Monsieur le Président ? Jean-Denis Errard Edito paru dans la Vie Financière n°3304 |
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