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| Le déficit commercial revient sous les 3 milliards d'euros | |||
| Lundi 07 Avril 2008 à 13:41 Catégorie : Point de Marché | |||
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PARIS (Reuters) - Le déficit commercial de la France est revenu sous la barre des trois milliards d'euros en février, grâce à une nouvelle hausse des exportations et à une réduction de la facture énergétique, montrent les chiffres publiés lundi par les Douanes. Les échanges commerciaux de la France ont accusé le mois dernier un déficit de 2,765 milliards d'euros en données CVS/CJO, bien inférieur au consensus des économistes, après -3,183 milliards en janvier et -4,327 milliards en décembre. Quatorze économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un déficit de 3,8 milliards d'euros. Les exportations françaises ont progressé de 10,8% depuis novembre dernier en dépit de la hausse de l'euro, alors que les importations augmentaient de 4,0% dans le même temps, relève la ministre de l'Economie Christine Lagarde dans un communiqué. "Christine Lagarde considère que ces évolutions montrent la capacité des entrepreneurs français, en particulier dans le secteur industriel, à faire face en ce début d'année aux vents contraires d'un environnement international plus incertain", souligne Bercy. "Ces chiffres, sans constituer un motif de joie débridée - les problèmes de compétitivité n'ont pas disparu - sont rassurants", confirme Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès. "Il y a encore de la croissance en Europe et dans le monde, les entreprises françaises en profitent un peu", ajoute-t-il en jugeant crédible une croissance de 0,4% au premier trimestre comme prévu par l'Insee et la Banque de France. Sur les 12 derniers mois, le déficit commercial cumulé atteint néanmoins 40,558 milliards d'euros. Après un bond de 6,9% en janvier, les exportations FAB ont augmenté de 0,9% en février, à 36,980 milliards d'euros contre 36,642 milliards en janvier, tandis que les importations se tassaient de 0,2% à 39,745 milliards contre 39,825 milliards. En glissement trimestriel, les exportations ont progressé de 6,8% sur trois mois et de 9,8% sur 12 mois. LES ÉCHANGES INDUSTRIELS SE REDRESSENT "Une hirondelle ne fait pas le printemps mais cela montre l'amélioration de notre compétitivité", a estimé la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, en se félicitant de l'"augmentation significative" des exportations. "Toutes les mesures qui y contribuent, par exemple le triplement du crédit d'impôt recherche prévu dans la prochaine loi de modernisation de l'économie, tout cela est bon pour nos exportations car partout où nous sommes innovants nous pouvons gagner des parts de marché", a-t-elle ajouté sur la radio BFM. Le déficit des échanges industriels, qui avoisinait 1,5 milliard d'euros au cours du deuxième semestre 2007, a fondu à 472 millions d'euros, grâce à une hausse de l'excédent des équipements professionnels et à une réduction du déficit des biens de consommation. Si les exportations ont augmenté dans les biens intermédiaires, la pharmacie, les équipements mécaniques et les produits agroalimentaires, elles ont en revanche baissé dans les équipements de transport et commencent à s'essouffler dans l'industrie automobile. Les importations, elles, ont légèrement reculé grâce surtout à la diminution de la facture énergétique. L'énergie, qui a représenté en février 4,5% des exportations et 14,4% des importations de la France, a vu son solde déficitaire se replier à 6,37 milliards d'euros contre 6,50 milliards en janvier. DÉFICIT DE 1,7 MILLIARD AVEC L'ALLEMAGNE Après leur poussée de janvier, la progression des importations industrielles et agroalimentaires a été plus modérée en février. Les achats de biens intermédiaires ont encore augmenté vivement, ceux d'équipements mécaniques et de produits de l'industrie automobile plus lentement, selon les douanes. A l'inverse, les importations aéronautiques et pharmaceutiques se sont repliées. Les échanges avec l'Union européenne, de loin le premier débouché des exportations françaises, ont dégagé en février un solde négatif de 1,3 milliard d'euros, contre -1,0 milliard en février. Le déficit avec l'Allemagne, premier partenaire commercial de la France, s'est également creusé à 1,7 milliard contre 1,41 milliard. L'Union européenne a absorbé en février 65,3% des exportations de la France et représenté 61% de ses importations. Avec l'Amérique au contraire, l'excédent des échanges de la France a pratiquement triplé à 326 millions d'euros contre 113 millions en janvier, reflétant une hausse des livraisons aéronautiques et des exportations pharmaceutiques en dépit de l'euro fort qui pénalise les exportateurs européens. Olivier Gasnier, économiste chez Société générale, se refuse d'y voir pas un motif d'optimisme alors que la première économie mondiale s'enfonce dans la récession. "Les biens d'investissement se tiennent bien mais c'est encore un peu tôt, des nouvelles moins bonnes arriveront dans les prochains mois du fait du ralentissement américain qui n'est intervenu qu'à partir de décembre", tempère-t-il. "Il y aura forcément une amélioration si les prix du pétrole se détendent un peu mais il ne faudra pas tout confondre. Il ne faut pas s'appuyer sur de meilleurs chiffres de ce côté-là pour en conclure que le commerce extérieur français va mieux", conclut-il. Véronique Tison, avec Brian Rohan |
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