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Le climat des affaires dans l'industrie a chuté en septembre
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Mardi 14 Octobre 2008 à 13:32
PARIS (Reuters) - Le climat des affaires dans l'industrie est tombé en septembre à son plus bas niveau depuis la récession de 1993 et les perspectives restent négatives à court terme, selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France publiée mardi.

L'institution a dans la foulée abaissé de 0,2 point sa prévision de croissance pour le troisième trimestre, tablant désormais sur une contraction de 0,1% du produit intérieur brut - synonyme de récession après la baisse de 0,3% du PIB au deuxième trimestre.

L'indicateur du climat des affaires dans l'industrie a chuté à 87 en septembre contre 94 en août, son plus bas niveau depuis septembre 1993 quand il se situait à 84. Il évolue sous sa moyenne de long terme, qui est de 100, depuis le mois de mai.

Selon les chefs d'entreprise interrogés par la BdF, l'activité industrielle a enregistré un "recul sensible" en septembre. Le taux d'utilisation des capacités de production a diminué à 80,2% contre 80,7% en août, restant à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période.

"Le courant de commandes nouvelles s'est nettement contracté tant sur le marché intérieur qu'en provenance de l'étranger", souligne la BdF. Les carnets de commandes, qui ont continué de se replier, se situent à un niveau jugé inférieur à la normale tandis que les stocks de produits finis se sont alourdis et sont jugés supérieurs au niveau souhaité.

Le solde mesurant l'évolution de la production est ainsi tombé à -20, contre 8 en août, et celui sur les commandes à -32 contre -1. Le solde sur les effectifs est aussi en baisse.

L'AUTOMOBILE DÉRAPE

"Les prévisions des chefs d'entreprise indiquent dans l'ensemble une poursuite de la baisse de l'activité à court terme", souligne la BdF.

Les opinions sont cependant contrastées selon les secteurs. Ainsi l'activité devrait-elle se maintenir dans les biens d'équipement dans les prochains mois et même augmenter légèrement dans les biens de consommation et les industries agricoles et alimentaires.

L'activité devrait en revanche poursuivre son mouvement de repli dans les biens intermédiaires et surtout dans l'automobile, dont l'enquête confirme les difficultés.

Le solde mesurant le niveau des carnets de commandes dans ce secteur a plongé à -65 en septembre, contre -38 en août, tandis que celui sur les stocks a grimpé à 36 contre 20.

"Le niveau des carnets, toujours jugé inférieur à la normale, a enregistré un nouveau recul tandis que les stocks de produits finis apparaissent excédentaires," note la BdF.

Comme à chaque début de trimestre, l'enquête mensuelle de la BdF est accompagnée d'un supplément trimestriel qui montre que les dépenses d'investissement au ralenti au troisième trimestre.

"Selon les prévisions des chefs d'entreprise, elles devraient se stabiliser au prochain trimestre," indique la BdF en faisant par ailleurs état d'un recul des résultats bruts d'exploitation.

La BdF signale également que les trésoreries, "un peu plus tendues que le trimestre précédent, se situent désormais à un niveau jugé conforme à la normale."

CROISSANCE REVUE EN BAISSE

La crise financière qui s'est emballée en septembre et au début octobre a pu cependant modifier les comportements des entreprises, ce dont rendront compte les enquêtes futures.

"La crainte d'un effondrement du système financier a conduit les entreprises, notamment en Europe, à des comportements plus restrictifs, à tout faire pour ne pas avoir besoin de chercher des liquidités auprès de leurs banques, donc à réduire leurs stocks et leur activité", relève Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven.

"Si comme on l'espère la crise s'estompe, cet aspect là peut disparaître assez rapidement. Rien qu'un arrêt des déstockages, voire une petite reprise du stockage peuvent soutenir pas mal l'activité à court terme."

En attendant, la Banque de France a remisé sa précédente prévision d'une croissance symbolique de 0,1% au troisième trimestre pour tabler désormais sur une contraction de 0,1%.

Sa nouvelle prévision pour le troisième trimestre est conforme à celle de l'Insee, qui anticipe -0,1% non seulement pour les trois mois écoulés mais aussi en octobre-décembre.

Le PIB de la France s'est contracté de 0,3% au deuxième trimestre selon l'Insee, après une hausse de 0,4% sur les trois premiers mois de l'année. Les chiffres du troisième trimestre seront connus en novembre.

Une récession se définit techniquement comme deux trimestres consécutifs de contraction de l'activité.

Le gouvernement a revu sa prévision de croissance pour l'ensemble de 2008 à 1% et ce chiffre constitue l'hypothèse retenue pour le projet de budget 2009. Selon la BdF, l'acquis de croissance 2008 était de 0,9% à la fin septembre.

Véronique Tison, édité par Gilles Trequesser


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