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| "La valorisation des actions européennes a rarement été aussi attrayante" - Olivier de Faramond, responsable de la gestion Europe chez Swan Capital Management | |
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Lundi 15 Septembre 2008 à 08:58
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Interview du Jour
Même en admettant que les investisseurs soient trop optimistes au sujet des bénéfices 2009, de nombreuses sociétés ne vaudraient toujours qu'une douzaine de fois leurs résultats.
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(La Vie Financière) - Le sauvetage des banques hypothécaires américaines Freddie Mac et Fannie Mae augure-t-il la fin des problèmes pour le secteur bancaire ?
Effectivement, l'annonce de ce sauvetage concrétise le début d'un règlement efficace de la crise des subprimes aux Etats-Unis. Mais il sera temps de recommencer à investir dans le secteur bancaire lors de la création, espérée au cours des premiers mois de la prochaine présidence, d'un organisme chargé de régler sans dommages pour les clients et les tiers les défauts bancaires. Au-delà du secteur bancaire, considérez-vous qu'il est aujourd'hui temps de revenir sur le marché ? Tout dépend de votre horizon d'investissement. D'une manière générale, j'estime qu'il est périlleux d'essayer de spéculer sur l'évolution des marchés à quelques jours ou quelques mois. Pour l'épargnant, le meilleur comportement consiste à investir de manière régulière la même somme en actions. Un investisseur qui aurait procédé de la sorte, aux Etats-Unis, aurait pu gagner 11 % par an en moyenne ces soixante-dix dernières années, cela malgré les crises et les krachs. Ensuite, un constat s'impose : la valorisation des actions a rarement été aussi intéressante. Plus de 700 entreprises européennes dans l'univers que nous suivons valent aujourd'hui moins de 10 fois leurs estimations de bénéfices pour 2009, attendus en progression de 12 %. Même si les investisseurs se trompent et que les bénéfices 2009 finiront par reculer de 10 à 20 %, ces sociétés ne valent toujours qu'une douzaine de fois leurs résultats. Ce qui est particulièrement bon marché pour ce que l'on peut espérer aujourd'hui être un exercice de bas de cycle. Il est donc temps d'investir... Prudemment. Historiquement, le point bas du marché est atteint, le plus souvent, un mois après le creux du cycle économique, que beaucoup d'experts situent en juin 2009 aux Etats-Unis. Ce n'est donc qu'à compter du second semestre de l'an prochain qu'il conviendra de se repositionner de manière plus agressive sur les marchés d'actions, même si de belles entreprises, faiblement valorisées, méritent dès à présent d'intégrer les portefeuilles. Dans le contexte actuel, s'agissant du niveau du prix des sociétés, un fait peut être considéré comme positif : une très large majorité de gérants sont pessimistes ! Les vendeurs les plus motivés se sont donc déjà manifestés... On ne peut pas exclure cependant que les points bas touchés par les indices en juillet soient de nouveau atteints au cours des prochains mois. Un ralentissement économique dans les pays émergents, en Asie en particulier, ne peut-il retarder la reprise en Occident ? Bien sûr, l'interdépendance des marchés est une réalité. L'Asie connaît sans aucun doute un ralentissement, mais il ne sera pas, selon nous, d'une ampleur considérable. La croissance, qui tend vers 8 %, pourrait abandonner 2 à 3 points. De fait, les entreprises européennes qui interviennent en Asie sont affectées. Dans ce contexte, quels secteurs et valeurs privilégiez-vous ? Les infrastructures et l'environnement, avec, par exemple, l'industrie du solaire. Nous n'en sommes encore qu'à la préhistoire dans cette activité, qui connaît déjà une croissance soutenue. La société Q-Cells nous semble l'acteur à privilégier. Le secteur des chemins de fer est également porteur. Les préoccupations environnementales et la diminution des ressources pétrolières à moyen terme entraînent des investissements considérables partout dans le monde, aussi bien dans les infrastructures que les équipements ferroviaires. Delachaux, Faiveley, Vossloh, etc., sont de bons investissements à moyen terme. Les concessionnaires et constructeurs d'infrastructures constituent également de bonnes opportunités dans une approche à moyen et à long terme, même si certains d'entre eux pourront être affectés par les cycles. Vous évoquiez la diminution des ressources pétrolières... Comment voyez-vous évoluer les prix du pétrole ? Le peak oil [Ndlr : le pic de production de pétrole] me semble avoir été atteint. Pour le dépasser de nouveau, cela coûtera très cher, parce qu'il faudra aller chercher l'or noir dans des zones particulièrement difficiles d'accès. Surtout, un prix du pétrole durablement élevé remet en question les stratégies de globalisation de beaucoup d'entreprises, qui devront en revenir à une régionalisation de leur production [Ndlr : produire dans la zone où elles vendent]. Sans compter la réintégration en interne de fonctions auparavant externalisées (informatique, comptabilité, etc.), induite par la hausse des coûts dans les pays émergents. Après la période douloureuse des délocalisations, le balancier pourrait pencher dans l'autre sens. Propos recueillis par Christophe Descamps Interview parue dans la Vie Financière n°3301 |
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