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La stabilité des prix nécessaire à la croissance, dit Trichet
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Vendredi 07 Mars 2008 à 12:14
PARIS (Reuters) - La mondialisation a coïncidé depuis 15 ans avec un déclin continu de l'inflation mais la situation actuelle montre qu'elle peut aussi présenter des risques, estime Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE).

"La flambée actuelle des prix des matières premières, y compris des produits alimentaires ces derniers temps, qui résulte, en particulier, d'une incapacité de l'offre à répondre à la hausse de la demande des marchés émergents, nous rappelle que la mondialisation peut aussi entraîner des risques haussiers pour l'inflation mondiale", a-t-il dit lors d'un colloque organisé par la Banque de France de France sur le thème "Mondialisation, Inflation et Politique monétaire".

"De surcroît, les événements globaux pourraient jouer un rôle si important dans le développement de l'inflation qu'ils affecteraient la conduite de la politique monétaire", a-t-il ajouté.

"Par exemple, il se pourrait que le lien traditionnel entre l'inflation et des variables 'domestiques' - le niveau du chômage notamment - soit devenu obsolète dans un monde où l'Asie émergente et les anciens pays communistes fournissent une telle quantité de main d'oeuvre bon marché".

"Au sein de l'Eurosystème, nous suivons de très près la correction de marché significative que nous connaissons depuis le milieu de l'année dernière, en prenant en compte toutes les conséquences possibles y compris pour l'inflation", a ajouté Trichet.

RIEN À AJOUTER SUR LES TAUX

En introduction du colloque, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a souligné que les risques relatifs à la croissance et à l'inflation étaient actuellement de sens opposés dans tous les pays, ce qui constitue un défi commun pour toutes les banques centrales.

Le fait que tous les pays soient affectés à des degrés divers par les turbulences sur les marchés du crédit constitue une autre difficulté pour les banques centrales, a-t-il ajouté.

Noyer a noté que depuis la mondialisation avait jusqu'ici poussé à la stabilité des prix. "Ces forces désinflationnistes sont toujours présentes. Mais d'autres forces aujourd'hui plus puissantes jouent en sens inverse", a-t-il dit, en faisant référence à la croissance des pays émergents et à l'augmentation de leur demande intérieure.

"Au total, la mondialisation a cessé, probablement pour une longue période d'être spontanément désinflationniste", a-t-il poursuivi.

Evoquant les différences de situation entre pays, Noyer a observé que "la distribution du crédit reste très dynamique en Europe" et que les marchés immobiliers restent relativement stables dans la plupart des pays de la zone euro.

Jean-Claude Trichet n'est pas revenu sur le maintien des taux décidé jeudi par la BCE sinon pour dire qu'il n'avait "rien à ajouter" à ce qu'il avait dit lors de sa conférence de presse mensuelle.

FISCHER PARLE D'UNE ÉCONOMIE US "ANÉMIQUE"

Egalement invité, le président de la Banque de Réserve fédérale de Dallas, Richard Fischer, a assuré que la banque centrale américaine n'avait pas cédé à la précipitation en baissant ses taux de 2,25 points depuis septembre.

"En tant que banquiers centraux, nous ne réagissons pas à des évolutions à court terme mais nous réfléchissons à leur impact sur le système financier et aussi sur la croissance économique et l'inflation sur le plus long terme", a-t-il dit.

"Il est important que les banquiers centraux gardent la main ferme même dans des circonstances exceptionnelles. Je ne dis pas qu'il s'agit de circonstances exceptionnelles", a ajouté Fischer en qualifiant le FOMC - le comité de politique monétaire de la Fed - de "groupe réfléchi".

Il a assuré qu'il agissait "non en fonction des anticipations du marché des futures sur les Fed Funds mais avec l'idée de faire au mieux pour l'économie et pour le peuple américain en termes de croissance économique, de croissance de l'emploi et de gestion de l'inflation".

"Nous avons une économie anémique. Je suis peut-être le plus pessimiste du Federal Open Market Committee sur l'état de notre économie (...) mais je suis très optimiste sur le long terme", a-t-il ajouté.

Véronique Tison

Pour le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, la stabilité des prix est une condition nécessaire à la croissance. /Photo prise le 15 février 2008/REUTERS/Sergio Perez


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