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| La flambée du pétrole menace les géants US de l'automobile | |||
| Vendredi 23 Mai 2008 à 17:38 Catégorie : Point de Marché | |||
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par David Bailey et Kevin Krolicki DETROIT (Reuters) - Depuis plus de deux ans, les constructeurs automobiles américains ont exigé de la patience de leurs investisseurs, créanciers et salariés, promettant le prompt redressement d'un secteur en profonde restructuration. Mais la flambée des cours pétroliers a fait tomber le cours de Bourse des géants de Detroit à des plus bas de près de dix ans, alors que les Américains délaissent de plus en plus leurs véhicules utilitaires et leurs 4x4 et qu'un nouveau risque se profile: l'avenir des constructeurs pourrait leur échapper. Ford a averti jeudi qu'il n'allait pas comme prévu redevenir rentable en 2009, une preuve supplémentaire de pression croissante sur un secteur américain mal en point. Pour l'instant, Ford, General Motors et Chrysler ont suffisamment de trésorerie et de crédit pour résister à une chute prolongée du marché, en gagnant du temps avec de nouvelles ventes d'actifs et levées de fonds, de l'avis d'analystes actions et d'analystes crédit. "Ils peuvent actionner des leviers et ont du temps devant eux", juge Pete Hastings, analyste obligations de Morgan Keegan. Si le marché automobile américain n'atteint pas un plancher en 2008, troisième année consécutive de baisse, ou si les cours pétroliers s'envolent toujours, le risque d'échec augmente. Les japonais Toyota et Nissan, partenaires du français Renault, ont aussi tous deux averti que le marché américain allait peser sur leurs résultats mais ils restent rentables et ne dépendent pas fortement comme les "Big Three" des ventes de gros véhicules. "Nous avons constaté une vraie évolution de la demande de véhicules utilitaires et de 4X4 les deux premières semaines de mai", explique Alan Mulally, le directeur général de Ford. "Nous semblons à un tournant où les consommateurs ont commencé à se détourner de ces véhicules à un rythme accéléré". "Nous assistons à un transfert massif des véhicules utilitaires vers les voitures", juge pour sa part Erich Merkle, responsable des prévisions du cabinet de conseil IRN. En avril, la part de marché combinée de GM, Ford et Chrysler aux Etats-Unis était déjà passée sous les 50%. En 1980, GM détenait encore à lui seul 45% de ce marché. UNE QUESTION DE SURVIE? Toyota a détrôné Ford comme numéro deux du marché américain en 2007 et Honda s'apprête à ravir la 4e place à Chrysler. Honda a la gamme de véhicules la plus économe en carburant du marché américain et les utilitaires ne représentent qu'environ 43% de ses ventes, contre 68% pour Chrysler. "A court terme, les trois groupes (américains) vont souffrir de gammes de produits mal adaptées", estime Mark Oline, directeur général de Fitch Ratings. Peter Morici, économiste de l'Université du Maryland, se demande lui si la crise a épuisé ses effets. "Il s'agit selon moi de savoir si Chrysler et Ford seront encore là à l'avenir et leurs responsables ne semblent pas encore conscients (...) d'être en survie et non en convalescence", explique Morici. Les ventes automobiles pourraient tomber à 15 millions d'unités cette année aux Etats-Unis, contre 16,15 millions en 2007, avec un faible espoir de rebond au second semestre 2008. Chrysler pourrait subir la pression la plus forte. Il est désormais détenu par le fonds de capital-investissement Cerberus , qui a investi un record de $18,6 milliards de dollars (11,8 milliards d'euros) dans le secteur automobile en 2007, quand les sociétés étaient mieux valorisées et les coûts d'emprunt plus réduits, selon le cabinet AlixPartners. Le résultat est là: "Ils (Cerberus et Chrysler) doivent connaître une amélioration plus marquée que le reste du secteur", estime John Hoffecker, partenaire d'AlixPartners. Detroit pourrait dans le même temps souffler un peu grâce à une pause dans la hausse des cours du brut et des matières premières comme l'acier. L'augmentation du prix de ce dernier a renchéri de $900 cette année le coût moyen par véhicule. A partir de 2010, les Big Three vont aussi économiser davantage grâce aux accords négociés avec le syndicat United Auto Workers sur leurs prestations de santé et de retraites. "Cela revient à savoir s'ils peuvent survivre aux 18-24 prochains mois", juge Robert Streda, analyste à l'agence de notation DBRS. "Je pense qu'ils ont les liquidités pour cela, sauf si le marché américain plonge beaucoup plus et j'en doute." Le Chicago Board Options Exchange a un contrat d'option sur la dette de Ford et GM. Ces contrats, peu souscrits, permettront de gagner de l'argent si le constructeur concerné est en faillite ou en défaut de paiement avant septembre 2012. Le risque de défaut avoisine les 48% pour Ford sur ce contrat et 47% pour GM sur la période. Version française Stanislas Dembinski |
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