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L'unité européenne affichée face à la crise reste à concrétiser
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Mardi 07 Octobre 2008 à 00:40
PARIS/LUXEMBOURG (Reuters) - Les dirigeants européens ont multiplié les engagements à prendre les mesures nécessaires face à l'accentuation de la crise financière, mais les marchés ont vécu une journée noire dans l'attente que cette réaction commune se concrétise.

L'indice CAC40 a signé sa plus forte baisse depuis sa création en 1988 et l'hémorragie s'est accentuée sur l'ensemble des places boursières du Vieux continent alors que les investisseurs manifestent plus que jamais leur défiance vis-à-vis des valeurs bancaires.

En soirée, les ministres des Finances de la zone euro ont réaffirmé que l'UE prendrait toutes les mesures nécessaires à la stabilité des marchés financiers et au soutien des banques.

Réunis à Luxembourg, les pays partageant la monnaie unique ont déclaré avoir fait leur les conclusions du mini-sommet de Paris entre les pays européens du G7 et que les Vingt-Sept en feraient de même lors de la réunion de l'Ecofin mardi.

Le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a précisé que les initiatives discutées lors de cette réunion se concentreraient sur l'augmentation des montants de dépôts bancaires garantis et l'accélération des paiements.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a quant à lui indiqué que les règles du bloc communautaire en matière de marché intérieur, d'aide d'Etat et de discipline budgétaire étaient suffisamment souples pour s'adapter à la "situation exceptionnelle" frappant les marchés et qu'elles n'avaient pas besoin d'être suspendues.

Plus tôt, le président français Nicolas Sarkozy, qui a de nouveau reçu les dirigeants des principales banques et assurances françaises à l'Elysée, avait assuré dans une déclaration lue au nom des Vingt-sept que l'Union européenne prendrait toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier et protéger les épargnants.

Cette unité affichée n'a pas empêché l'Autriche, le Danemark, la Suède et l'Espagne de garantir les dépôts de leurs banques, suivant en cela l'exemple de l'Allemagne qui en a pris l'initiative dimanche pour protéger ses épargnants au moment où elle travaillait au sauvetage de la banque Hypo Real Estate.

RECOMPOSITION DU PAYSAGE BANCAIRE, LES MARCHÉS DÉVISSENT

La crise financière a aussi pour conséquence une recomposition du paysage bancaire européen, où BNP Paribas, un des établissements paraissant les moins touchés, a annoncé le rachat des activités belges et luxembourgeoises de Fortis pour 14,5 milliards d'euros.

Partenaires depuis 2006, les Banques populaires et les Caisses d'épargne envisagent par ailleurs de rapprocher leurs organes centraux pour répondre à la nouvelle donne créée par la crise financière dans le paysage bancaire européen, a indiqué à Reuters une source proche du dossier.

Autre grande banque européenne, l'italienne UniCredit s'est résolue à lancer une augmentation de capital de 6,6 milliards d'euros, s'estimant victime de la vague de "défiance sans précédent entre opérateurs financiers".

Le groupe franco-belge Dexia, de son côté, a clôturé en baisse de plus de 20% à la Bourse de Paris, souffrant notamment de spéculations quant à son avenir immédiat.

Le CAC40 a perdu 9,04% alors que l'indice Euro Stoxx 50 des grandes valeurs de la zone euro a terminé la séance en net recul de 7,86%, tiré à la baisse par le secteur financier.

La Bourse de New-York a elle reculé lundi de 3,58% à 9955,50 points pour l'indice Dow Jones, qui a enfoncé pour la première fois depuis quatre ans le seuil de 10.000 points.

LE MANQUE DE RÉPONSE GLOBALE POSE PROBLÈME

Dans ce contexte, l'idée d'un plan européen de sauvetage du système bancaire, à l'image du plan Paulson de 700 milliards de dollars aux Etats-Unis, reste défendue par certains Européens, comme l'Italie, en dépit du rejet de Paris et Berlin.

Le ministre allemand de l'Economie, Peer Steinbrück, a néanmoins concédé que les opérations de sauvetage de banques au cas par cas pouvaient ne plus s'avérer suffisantes, ajoutant que Berlin devait réfléchir à une protection globale de son système financier et qu'un "plan B" était à l'étude, "mais pas sur une base européenne".

Les autorités américaines ont appelé pour leur part à une réaction "forte et coordonnée" à l'échelle mondiale tandis que la Réserve fédérale annonçait une nouvelle augmentation de ses injections de liquidités.

L'absence de réponse globale à la crise explique l'inquiétude des marchés. "Cela devient un problème de plus en plus global qui nécessite de plus en plus une réponse globale", a déclaré Dwyfor Evans, stratégiste chez State Street Global Markets à Hong Kong.

"Les banques centrales sont maintenant considérées comme les principaux apporteurs de liquidité sur les marchés. Cela fait très mauvaise impression", a-t-il ajouté.

En Asie, la Corée du Sud a annoncé qu'elle mobiliserait une partie de ses réserves de change pour apporter des liquidités à ses banques et a proposé à la Chine et au Japon la tenue d'un sommet pour discuter de la crise.

Julien Toyer, Yann Le Guernigou et Benjamin Mallet, édité par Stanislas Dembinski


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