Actualités
| L'unité européenne affichée face à la crise reste à concrétiser | |||
| Lundi 06 Octobre 2008 à 17:28 Catégorie : Point de Marché | |||
|
PARIS (Reuters) - Les dirigeants européens multiplient les engagements à prendre les mesures nécessaires face à l'accentuation de la crise financière, mais s'ils partagent le vocabulaire et le ton adoptés face à la tempête, les marchés attendent toujours la concrétisation d'une réaction commune. L'Autriche, le Danemark et la Suède ont ainsi décidé à leur tour de garantir les dépôts de leurs banques, suivant en cela l'exemple de l'Allemagne qui en a pris l'initiative dimanche pour protéger ses épargnants au moment où elle travaillait au sauvetage d'Hypo Real Estate, poids lourd de la finance outre-Rhin. L'unité affichée samedi à Paris par les pays du G4, qui s'étaient engagés à agir de façon concertée pour protéger leurs banques, a été ainsi sérieusement entamée par l'exacerbation de la crise financière. Le président français Nicolas Sarkozy, qui recevait à nouveau lundi à 16h30 les dirigeants des principales banques et assurances françaises à l'Elysée, a néanmoins assuré dans une déclaration lue au nom des Vingt-sept que l'Union européenne prendrait toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier et protéger les épargnants. La crise financière a aussi pour conséquence une recomposition du paysage bancaire européen, où BNP Paribas, un des établissements paraissant les moins touchés, a annoncé le rachat des activités belges et luxembourgeoises de Fortis pour 14,5 milliards d'euros. L'opération, qui fera de BNP la première banque de dépôts de la zone euro, sera financée notamment par une augmentation de capital de neuf milliards d'euros. Le groupe accueillera à son tour de table la Belgique et le Luxembourg, qui en détiendront respectivement 11,6% et 1,1%. Dexia, de son côté, plongeait de plus de 20% en fin de séance à la Bourse de Paris, souffrant notamment de spéculations quant à son avenir immédiat. Partenaires depuis 2006, les Banques populaires et les Caisses d'épargne envisagent par ailleurs de rapprocher leurs organes centraux pour répondre à la nouvelle donne créée par la crise financière dans le paysage bancaire européen, a indiqué à Reuters une source proche du dossier. Autre grande banque européenne, l'italienne UniCredit s'est résolue à lancer une augmentation de capital de 6,6 milliards d'euros, s'estimant victime de la vague de "défiance sans précédent entre opérateurs financiers". LES MARCHÉS DÉVISSENT A l'issue d'un week-end de négociations ardues, Berlin est parvenu de son côté à un accord de sauvetage d'Hypo Real Estate mobilisant le secteur privé pour 15 milliards d'euros sous forme d'apport de liquidités, en plus des 35 milliards convenus précédemment. Mais l'Allemagne a aussi décidé dimanche de garantir l'ensemble des dépôts privés dans ses banques, après avoir critiqué la veille, lors du sommet de Paris, une initiative similaire de l'Irlande. L'Autriche, le Danemark et la Suède ont suivi lundi tandis que l'Espagne se disait prête à prendre cette mesure, sans pour autant rassurer les marchés boursiers, en forte baisse sous la pression des valeurs financières. Vers 16h40, l'indice Euro Stoxx 50 des grandes valeurs de la zone euro perdait 7,47%, tiré à la baisse par le secteur financier (-10,17% pour les assurances et -8,84% pour les banques). BNP Paribas signait l'une des moins mauvaises performances des grandes banques européennes (-4,97%). La Bourse de New York a de son côté ouvert en forte baisse et le Dow Jones est tombé sous le seuil de 10.000 points pour la première fois depuis quatre ans. Il perdait plus de 4% après une heure et demie d'échanges. Dans ce contexte, l'idée d'un plan européen de sauvetage du système bancaire, à l'image du plan Paulson de 700 milliards de dollars aux Etats-Unis, reste défendue par certains Européens, comme l'italien Silvio Berlusconi, en dépit du rejet catégorique de Berlin et Paris. Bruxelles a indiqué lundi ne pas en avoir eu connaissance d'un tel projet. "TOUTES LES MESURES NÉCESSAIRES" Le ministre allemand de l'Economie, Peer Steinbrück, a quant à lui concédé que les opérations de sauvetage de banques au cas par cas pouvaient ne plus s'avérer suffisantes, ajoutant que Berlin devait réfléchir à une protection globale de son système financier et qu'un "plan B" était à l'étude, "mais pas sur une base européenne". Les autorités américaines ont appelé pour leur part à une réaction "forte et coordonnée" à l'échelle mondiale tandis que la Réserve fédérale annonçait une nouvelle augmentation de ses injections de liquidités. L'absence de réponse globale à la crise explique l'inquiétude des marchés. "Cela devient un problème de plus en plus global qui nécessite de plus en plus une réponse globale", a déclaré Dwyfor Evans, stratégiste chez State Street Global Markets à Hong Kong. "Les banques centrales sont maintenant considérées comme les principaux apporteurs de liquidité sur les marchés. Cela fait très mauvaise impression", a-t-il ajouté. En Asie, la Corée du Sud a annoncé qu'elle mobiliserait une partie de ses réserves de change pour apporter des liquidités à ses banques et a proposé à la Chine et au Japon la tenue d'un sommet pour discuter de la crise. En Europe, les ministres des Finances devaient se réunir lundi soir au niveau de l'Eurogroupe en prélude à un conseil Ecofin ce mardi. Yann Le Guernigou, Benjamin Mallet, édité par Jacques Poznanski |
|||
|
|||
| Les dernières actualités |
| 09h21 | ||
| 00h20 | ||
| 00h11 | ||
| 21/11 | ||
| 21/11 | ||





