Actualités
| "L'été en pente douce du Livret A" | |
|
Vendredi 04 Juillet 2008 à 15:00
Catégorie :
Edito
Créé le 22 mai 1818, le Livret A, avec des gains exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux, est toujours le champion français des placements : 45 millions de détenteurs pour un encours de quelque 126 milliards d'euros en avril.
|
|
|
(La Vie Financière) - Enfin une lueur d'espoir dans ce monde sans pitié. La rémunération du Livret A pourrait monter à 4 % le 1er août, soit son plus haut niveau depuis douze ans, contre 3,5 % aujourd'hui. La Banque de France est chargée deux fois par an d'étalonner le rendement du placement favori des Français selon un calcul automatique qui tient compte de l'inflation et des taux d'intérêt. Comme tout augmente, c'est gagné mathématiquement pour le Livret A. Sauf que le gouvernement décide in fine qu'il peut se réfugier derrière des « circonstances exceptionnelles ». Ce ne serait pas une première : alors que le livret aurait déjà dû passer à 4 % le 1er février, le pouvoir avait alors opté pour un relèvement de 3 à 3,5 % seulement. Une fois ça passe, deux fois...
Banalisation en 2009 Autre solution de repli économiquement incorrecte : la formule dérange, changeons la formule. François Fillon avait d'ailleurs chargé, au début de l'année, la ministre de l'Economie de faire évoluer l'équation, qui repose sur l'évolution des prix hors tabac. Un indice élaboré au temps où l'arme de l'augmentation du prix des cigarettes était utilisée contre les fumeurs. Aujourd'hui, c'est le pétrole qui fait l'actualité. Il suffirait de jeter l'indice hors tabac et de le remplacer par son cousin hors énergie, dorénavant beaucoup plus sage. Faut pas confondre le petit épargnant de l'Hexagone avec le roi du pétrole ! Avec un taux d'inflation de 3,3 % en mai, un record depuis 1991, le livret procure aujourd'hui un gain réel de 0,2 %. Pas si mal selon Bercy, qui rechigne à toute augmentation qui menacerait, dit-on, le financement du logement social. Pas assez pour les bas de laine troués par la crise, que nos autorités feraient bien de ne pas traiter par le mépris. Il n'est pas de circonstances exceptionnelles ou de traficotage de formule qui tiennent. En pleine campagne de prime time sur le pouvoir d'achat, il serait pour le moins maladroit de se dérober. D'autant que, dans quelques mois, la distribution du livret se généralisera à l'ensemble des banques. Cette banalisation, selon le terme consacré, est prévue pour le 1er janvier 2009. A cette date, vous pourrez détenir un livret ailleurs que dans les établissements traditionnels : Caisse d'épargne, Crédit mutuel et La Banque postale. Attention, un seul livret par personne sera autorisé. C'est déjà le cas mais, compte tenu de la mauvaise organisation du réseau actuel, les multidétenteurs sont nombreux : 8 millions, ont compté les sénateurs. Videz vos placards ! Pour une rémunération qui vaut ce qu'elle vaut, vous risqueriez une amende dont le montant reste encore à définir. Cette mise en concurrence aura au moins l'avantage d'obliger les banques à faire plus que s'intéresser mollement à votre argent. Il leur faudra convaincre avec des arguments bien sonnants pour arrimer autour du livret une clientèle d'autant plus rétive qu'elle est en train de payer chèrement la facture d'un tsunami financier provoqué par l'inconséquence de ces mêmes banques. Françoise Rey |
|
|
Copyright (c) 2007-2008 La Vie Financière. Tous droits réservés. |
|
| Les dernières actualités |
| 22/11 | ||
| 22/11 | ||
| 22/11 | ||
| 22/11 | ||
| 22/11 | ||




