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L'Opep pourrait décider une baisse officieuse de sa production
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Dimanche 07 Septembre 2008 à 19:00
par Barbara Lewis et Simon Webb

LONDRES (Reuters) - L'Opep pourrait décider de baisser officieusement sa production lors de sa réunion mardi à Vienne face à la baisse des cours du pétrole et au ralentissement de la croissance économique mondiale, tout en laissant ses quotas de production inchangés.

De fait, malgré des quotas officiellement inchangés depuis plusieurs mois, l'offre de l'Opep est à la hausse depuis le mois de mai, essentiellement du fait de l'Arabie saoudite. Le royaume s'est engagé à pomper 9,7 millions de barils par jour à partir de juillet, soit 750.000 barils de plus que son quota officiel.

Selon une enquête Reuters, les 12 membres de l'Opep soumis à quotas (sur 13) ont produit en août au total 790.000 bpj au-dessus du plafond officiel de production, selon une enquête Reuters . Ils pourraient donc ramener leur production à un niveau plus proche des quotas officiels.

Les cours du pétrole ont plongé de près de 30% par rapport à leur pic de plus de 147 dollars le baril touché en juillet au terme d'une flambée qui a vu les prix multipliés par plus de cinq en six ans.

Parallèlement, la demande d'or noir des Etats-Unis, premier pays consommateur, a baissé à son rythme le plus rapide depuis 1982 au premier semestre 2008 compte tenu du ralentissement en cours dans le pays et de la flambée des cours.

Dans ce contexte, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole va devoir réduire sa production d'ici la fin de l'année pour empêcher une poursuite de la chute des prix, estime David Kirsch, chez le consultant PFC Energy, à Washington.

Un consensus est en train de se faire jour au sein de l'Opep, qui fournit plus d'un tiers du pétrole mondial, sur la nécessité d'une réduction de la production, assure-t-il.

"La question n'est pas de savoir s'il y aura baisse, mais quand", commente David Kirsch. "Mais (...), veut-on retirer du pétrole du marché alors que la demande est censée atteindre son pic au quatrième trimestre?"

D'autant que l'Opep n'a peut-être pas envie de se mettre en mauvaise posture politique en réduisant officiellement sa production alors que les cours restent nettement au-dessus des 100 dollars le baril.

LA BARRE DES 80 DOLLARS

La flambée des prix, qui a permis à l'Opep de gagner autant d'argent en sept mois cette année que sur l'ensemble de 2007 selon les chiffres du gouvernement américain, a entraîné des manifestations cette année un peu partout dans le monde.

"Il serait actuellement inconvenant de la part de l'Opep de réduire officiellement sa production", estime Adam Sieminski, économiste chargé de l'énergie à la Deutsche Bank qui estime que le cartel pourrait rogner toutefois rogner sur sa production.

En dehors de l'Arabie saoudite, les autres membres de l'Opep n'ont pratiquement pas la possibilité de produire plus que leur quota et de fait ne les dépassent pas ou peu.

L'Iran et le Venezuela sont les deux pays de l'Opep les plus offensifs en matière de prix. Ils estiment que les cours ne doivent pas descendre sous les 100 dollars le baril et ont été les premiers à sonner l'alarme quand les prix ont reculé.

Le représentant de l'Iran au sein de l'Opep, Mohammad Ali Khatibi, a déclaré mardi que l'Opep pourrait se voir contrainte de réduire son offre de brut de 1,5 million de barils par jour d'ici début 2009, soit de près de 5%, face à la baisse de la demande et à un marché qu'il juge sur-approvisionné.

Dimanche, il a estimé que si l'Opep continuait à produire aux niveaux actuels, il risquait d'y avoir surproduction au premier semestre 2009.

Il a estimé que les prix ne pouvaient pas descendre sous les 80 dollars, niveau de coût de production cité par certaines majors pétrolières pour le développement de nouveaux gisements.

Les autres membres de l'Opep et notamment l'Arabie saoudite, ont adopté des positions plus modérées. Le roi Abdallah avait indiqué en juillet après le record de 147,27 dollars atteint par le baril de brut américain, que le royaume était "déjà insatisfait" quand les cours avaient atteint pour la première fois les 100 dollars cette année.

Selon une source de l'Opep, le cartel ne procédera à aucune réduction officielle de sa production tant que les cours resteront au-dessus de 80 dollars le baril.

D'autant que la baisse du prix du baril est dans une certaine mesure compensée pour les pays producteurs par le rebond du dollar.

L'Opep se réunira à nouveau en décembre, en Algérie.

Lors de sa réunion à Vienne en septembre 2007, quand les prix étaient encore sous les 80 dollars, l'Opep avait décidé une modeste hausse de sa production, de 500.000 bpj. Elle a depuis laissé ses quotas de production inchangés.

Version française Danielle Rouquié

L'Opep pourrait décider de baisser officieusement sa production lors de sa réunion mardi à Vienne face à la baisse des cours du pétrole et au ralentissement de la croissance économique mondiale, tout en laissant ses quotas de production inchangés. /Photo d'archives/REUTERS/Bruno Domingos


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