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L'Eurogroupe au chevet des banques
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Dimanche 12 Octobre 2008 à 16:00
par James Mackenzie et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La France réunit ce dimanche une réunion extraordinaire des dirigeants de l'Eurogroupe dont Nicolas Sarkozy a dit attendre un plan "ambitieux et coordonné" pour contrer la panique qui s'est emparée des marchés financiers.

Le mot d'ordre général est de rétablir la confiance sur les marchés et débloquer le crédit, alors que le FMI a évoqué samedi soir un système financier mondial proche de l'éclatement.

Les principales banques britanniques devraient annoncer lundi leurs plans de recapitalisation par l'Etat, Berlin s'apprête aussi à dévoiler un vaste programme de sauvetage et le gouvernement français se réunira lundi en conseil des ministres extraordinaire pour adopter une disposition visant à faciliter le refinancement des établissements de l'Hexagone.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont également assuré qu'elles garantiraient les dépôts bancaires, le Portugal a annoncé la mise en place d'une ligne de crédit de 20 milliards d'euros à ses banques et les Emirats arabes unis ont pris une série de mesures d'urgence.

Recevant à l'Elysée le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, Sarkozy a déclaré attendre de l'Eurogroupe un plan "ambitieux et coordonné", ajoutant qu'il annoncerait lundi un certain nombre de mesures spécifiques à la France.

"Ce que j'attends, c'est que l'Europe parle d'une seule voix", a souligné le chef de l'Etat, président en exercice de l'Union européenne, sur le perron de l'Elysée.

Barroso a salué pour sa part les décisions prises vendredi soir par le G7 tout en souhaitant que l'Union européenne aille "au-delà" avec un "plan plus détaillé".

"DE LA CHAIR ET DES MUSCLES"

Le sommet de Paris, qui débutera à 17h00, fait suite à une série de rencontres à haut niveau à Washington, où les ministres des Finances et les banquiers centraux des sept pays les plus industrialisés de la planète ont adopté un plan en cinq points visant à rétablir la confiance des marchés.

Soulignant que "la situation actuelle réclame une action urgente et exceptionnelle", ce plan engage notamment les pays du G7 à "utiliser tous les outils disponibles" pour éviter les faillites de banques systémiques dont la chute aurait un effet domino, pour débloquer les marchés du crédit et permettre aux banques de lever des capitaux d'origine publique et privée.

Samedi soir, les 185 Etats membres du FMI ont apporté leur soutien à ce plan.

A Colombey-les-deux-Eglises, en Haute-Marne, où ils se sont retrouvés samedi pour un déjeuner de travail, Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont annoncé avoir "préparé un certain nombre de décisions que nous soumettrons à nos partenaires" de l'Eurogroupe.

La chancelière a assuré que la solution ne pouvait en aucun cas être un fonds européen de soutien au système bancaire - une mesure à laquelle l'Allemagne est opposée et que Nicolas Sarkozy a de nouveau catégoriquement démenti avoir proposé.

"Il faut qu'il y ait une approche commune en Europe mais il faut aussi pouvoir s'adapter de façon flexible aux différentes situations nationales", a souligné Merkel.

Juste avant de quitter Washington, Christine Lagarde a promis que la réunion aboutirait à des décisions précises, qu'il y aurait "de la chair et des muscles". L'idée d'une garantie des prêts interbancaires avancée par le Premier ministre britannique Gordon Brown sera débattue lors du sommet de l'Eurogroupe, a précisé la ministre française de l'Economie.

SOUS PRESSION

Selon une source proche du président français, les pays de l'Eurogroupe travailleraient à un dispositif "inspiré du plan britannique" de soutien au système bancaire.

Gordon Brown, dont le pays n'appartient pas à l'Eurogroupe, a été reçu par Nicolas Sarkozy en prélude au sommet. Barroso et Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), participent à cette rencontre avant de prendre part également aux discussions de l'Eurogroupe.

Le Trésor britannique a annoncé mercredi un programme de soutien aux banques et établissements de crédit immobilier du pays pour renforcer leurs fonds propres et restructurer leurs finances. Selon le Sunday Times, quatre banques (HBOS, RBS, Lloyds TSB et Barclays) demandent au total 35 milliards de livres (44 milliards d'euros).

A en croire la presse allemande, Berlin envisage la constitution d'un fonds spécial de liquidités qui pourrait s'élever à 100 milliards d'euros, dans le cadre d'un plan plus vaste comprenant des garanties interbancaires et des prêts directs.

Les Européens seront sous la pression du plongeon, la semaine passée, des Bourses de la planète et de la méfiance généralisée sur les marchés du crédit.

"Les inquiétudes qui s'intensifient sur la solvabilité d'un certain nombre des plus importantes institutions financières aux Etats-Unis et en Europe ont poussé le système financier mondial au bord d'un effondrement systémique", a prévenu samedi soir le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

Version française Henri-Pierre André, Jean-Stéphane Brosse


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