(La Vie Financière) - Vous venez d’annoncer un chiffre d’affaires 2007 de 1,43 milliard d’euros, conforme aux attentes du marché. Quels sont les principaux enseignements de l’exercice écoulé ?
Sur le plan opérationnel, l’année 2007 a été satisfaisante et même, oserais-je dire, brillante, compte tenu d’un contexte économique qui a été perturbé à partir du mois de juillet. Après avoir passé le cap du milliard d’euros de facturations en 2006, nous avons maintenu une croissance forte (27 % à périmètre comparable). Mais au-delà de ça, l’exercice passé nous a apporté la confirmation de certains des avantages de notre modèle économique.
Rappelons que nous avons trois lignes de produits : les aciers anti-abrasion, principalement utilisés dans le BTP les mines et les carrières, les aciers inoxydables, qui servent plutôt dans les secteurs de la chimie, de l’agroalimentaire ou de l’énergie, et, enfin, les aciers mécaniques, surtout utilisés dans la construction. Ce la nous permet de ne pas être dépendant d’un seul secteur industriel.
Cette particularité vous préserverait-il des effets d’une récession aux Etats-Unis ?
Notons tout d’abord que nous ne subirions que peu d’effets directs, les Etats-Unis ne représentant que 3 % de notre chiffre d’affaires. Quant aux répercussions qu’une telle récession aurait en Europe, la diversification de nos débouchés a un fort effet amortisseur.
Votre dynamique de croissance témoigne-t-elle de gains de parts de marché ?
Oui. Par exemple, la progression des volumes de près de 16 % enregistrée en 2007 dans les aciers mécaniques montre que nous avons fait mieux que nos concurrents, même si ce marché a été très porteur. Il y a aussi l’effet des trois acquisitions importantes réalisées l’an dernier (Cotubel, Produr et Brescia Acciai). Au total, l’ensemble de nos acquisitions a contribué à hauteur de 123 millions d’euros sur le chiffre d’affaires et de 57 000 tonnes sur les volumes. Cela signifie que près de la moitié de la croissance réalisée en 2007 provient du périmètre existant.
Vous affichez l’ambition d’atteindre un volume de l’ordre d’un million de tonnes à l’horizon 2010. Cap maintenu ?
Tout à fait. Cela correspond à une croissance moyenne des volumes de 16 % par an, dont 6 % devraient provenir de la croissance interne. Nous envisageons ainsi de conforter notre statut de leader européen, avec une part de marché de l’ordre de 14 % en 2010, contre près de 9 % actuellement.
Votre niveau d’endettement n’est-il pas un obstacle à la poursuite de la croissance externe ?
Fin septembre dernier, nous étions en effet près de la limite d’endettement fixée par nos « covenants » bancaires, mais nous avons nettement redressé la barre depuis, notamment grâce à une diminution de notre besoin en fonds de roulement au quatrième trimestre. Et cela va se poursuivre sur le début de l’année 2008.
Notre plan de développement 2008-2010 ne nécessite pas a priori d’appel au marché. Il nous impose de réaliser une croissance d’environ 600 millions d’euros de chiffre d’affaires (croissance externe + croissance organique) que nous financerons grâce au cash flow généré, tout en respectant nos covenants bancaires.
Nous avons cependant fait voter en assemblée générale toutes les autorisations nécessaires à une augmentation de capital. Une mesure de simple prudence, au cas où une opération de plus grande taille se présenterait.
Propos recueillis par Jean-Baptiste André et Emmanuel Schafroth