(La Vie Financière) -
Hi Media vient de révéler ses résultats 2007. Quelles sont les principales conclusions à tirer de cette publication ?
Nos résultats sont parfaitement en ligne avec les indications données lors de la publication du chiffre d’affaires. Le résultat opérationnel (hors coût des stock options et actions gratuites) a bondi de 109 % à 15,1 millions d’euros (à comparer à un objectif de 15 millions d’euros). Et ce, malgré un impact négatif de l’ordre de 80 000 euros de Fotolog, consolidé sur le dernier mois de l’année.
Les chiffres 2007 subissent l’impact des frais financiers liés à la dette contractée au cours de l’année, du fait que nous commençons à payer de l’impôt sur les sociétés et du coût des stock options et actions gratuites attribuées à plus de 110
salariés. Selon les normes IFRS, ce coût est étalé sur la durée des plans d’attribution : les programmes 2005, 2006 et 2007 sont donc en partie imputés dans nos chiffres 2007. Ainsi, le bénéfice net 2007 atteint 10 millions d’euros, soit une croissance de 50 % par rapport à 2006.
Des chiffres récents semblent indiquer une désaffection des internautes pour les sites dits de « réseaux sociaux », comme Myspace ou Facebook. Cela touche-t-il Fotolog ?
Il est inévitable que la croissance des réseaux sociaux connaisse un plateau à partir d’un certain seuil. Pour Myspace, on parle de quelque 110 millions de membres, et de 80 millions pour Facebook. Nous sommes encore loin de tels chiffres pour Fotolog et la croissance continue sur une tendance similaire à ce qu’elle a été par le passé. Environ 20 000 à 25 000 nouveaux comptes sont ainsi ouverts chaque jour. Nous allons bientôt franchir le cap des 16 millions de membres, soit une progression de 60 % par rapport à août 2007, au moment de l’annonce du rachat. Et l’activité du site bat sans cesse des records : 4 milliards de pages vues par mois et près d’un million de photos mises en ligne chaque jour.
Confirmez-vous que Fotolog sera rentable cette année ?
Il n’y a aucune raison de remettre en cause cet objectif. Notre activité de régie publicitaire monte en puissance, notamment en Espagne, où le site touche 3,4 millions de visiteurs. Dans les pays dont nous sommes absents, nous avons signé des accords avec des régies locales, comme Fox (Groupe Murdoch) au Mexique ou le groupe de presse El Mercurio au Chili. Enfin, nous mettons en place sur le site notre outil de micro-paiement Allopass, qui permet de développer les services payants. Une nouvelle version du site sortira en avril et facilitera la traduction dans de nouvelles langues.
Votre stratégie de développement en tant qu’éditeur de sites Internet va peser sur les marges en 2008. Quel est son intérêt ?
Nous avons prouvé ces dernières années notre capacité à construire un groupe média intégré et à générer de la croissance. Nous attendons encore une activité en hausse de 35 % cette année. Si nous investissons dans l’édition de sites, c’est pour augmenter à terme notre rentabilité d’exploitation, qui devrait dépasser les 20 % à un horizon de 5 ans. Jusqu’ici, nous avons racheté des sites, dont nous avons fait progresser significativement l’audience (+94 % en moyenne entre septembre 2006 et janvier 2008). Désormais, nous préférons créer de nouveaux sites en interne que de dépenser quelques dizaines de millions d’euros pour en racheter. Exception faite d’acquisitions opportunistes de petite ou moyenne taille si celles-ci correspondent aux exigences financières de rentabilité d’Hi-Media ! Nous savions le groupe Cyréalis en vente (
M6 est entré en négociations exclusives pour son rachat, Ndlr) mais nous n’avons pas regardé le dossier.
Comment se portent vos activités à l’international ?
Très bien. En Allemagne, nous venons de signer un contrat exclusif de régie avecTUIfly, troisième compagnie aérienne nationale, qui va nous permettre d’accélérer notre développement. Nous comptons aussi transposer dans ce pays certains de nos sites au second semestre pour y développer notre stratégie d’éditeur.
En Suède, l’activité se porte à merveille, notamment grâce à la publicité locale. Nous avons d’ailleurs importé ce modèle et démarré mi janvier nos premières campagnes locales dans l’Est de la France.
Propos recueillis par Emmanuel Schafroth