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| "Grâce à son dynamisme, la Chine va devenir une classe d'actifs à part entière" - YANG LIU, gérante du fonds Atlantis China Fund (3 milliards de dollars d'actifs) | |
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Lundi 11 Aout 2008 à 09:00
Catégorie :
Interview du Jour
Enthousiaste et déterminée, Yang Liu reste persuadée qu'il faudra fortement investir dans l'empire du Milieu pour réaliser de belles performances boursières.
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(La Vie Financière) - Les Jeux olympiques débutent à Pékin. Est-ce bon pour la Bourse de Shanghai ?
Y. L. Tout le monde est focalisé sur les Jeux olympiques. Il fallait acheter la Bourse chinoise avant les Olympiades ! Aujourd'hui, les désordres financiers mondiaux sont le sujet principal des conversations et ont fortement contribué à la chute des Bourses chinoises. Pourquoi les actions domestiques chinoises ont-elles baissé de plus de 50 % ? L'an dernier, elles avaient progressé de 170 % et les PER caracolaient à 45 fois les bénéfices, contre 15 fois seulement aujourd'hui. Un flot de nouvelles actions est venu inonder le marché. Enfin, beaucoup de fonds ont vendu toutes leurs positions en Asie à la fin du premier trimestre et d'autres ont renouvelé l'exercice en juin, rejetant les bons titres cotés comme les mauvais, sans distinction. Sans oublier la crise financière internationale ! Le gouvernement chinois n'a-t-il pas également mené une politique restrictive ? Les politiciens se sont sentis très vulnérables à l'approche des Jeux olympiques. Toute leur attention a été concentrée pour que ceux-ci se déroulent avec succès et sans anicroche. Il a fallu planifier, construire les infrastructures sportives, s'attaquer au problème de la pollution et gérer les pressions politiques tant intérieures qu'internationales. A mon sens, les gouvernants ont mené une politique trop restrictive, mais, une fois les Jeux derrière eux, ils vont pouvoir se concentrer et résoudre les vrais problèmes économiques. Des mesures spécifiques seront prises, afin de résoudre les difficultés inhérentes à l'immobilier, d'aider les exportateurs et certaines banques, de subventionner les agriculteurs et les ménages aux revenus modestes... Cependant, ne l'oubliez pas : la Chine, ce n'est pas les Etats-Unis. Nos indicateurs macroéconomiques sont excellents : surplus immense de la balance des paiements et de la balance commerciale. Votre monnaie est-elle forte ? Oui, le yuan s'apprécie régulièrement. Les ménages ont une épargne disponible considérable placée en comptes courants. Leurs salaires sont en augmentation constante. Les agriculteurs, notamment, ont vu leurs revenus croître de 18 % au premier trimestre de cette année ! Bien utilisées, ces masses d'argent peuvent réduire de nombreux problèmes. Déjà, en juin, le gouvernement central a débloqué 19,8 milliards de yuans (1,8 milliard d'euros) de subventions, afin de compenser l'effet négatif de la hausse du prix du pétrole et de l'électricité. Et l'Etat devrait voter de nouvelles subventions qui pourraient atteindre 2,5 % du budget 2008. La politique chinoise est un vrai casse-tête, n'est-ce pas ? Pour bien la comprendre, il faut être né ici. Je serais bien incapable d'appréhender la politique américaine et je ne me risquerais pas à gérer un fonds actions des Etats-Unis. En Chine, il faut essayer de s'y retrouver, entre les politiques du gouvernement central et les intérêts locaux, entre les conflits opposant le monde rural et le monde citadin, les régions côtières et l'intérieur du pays, sans oublier l'opposition entre les jeunes et les vieux... Et la croissance ? La croissance réelle du PNB, qui était égale à plus de 10 %, va ralentir mais restera l'une des meilleures au monde, à 4-5 %. La Chine est mieux placée que les autres pays asiatiques. L'inflation, due surtout à l'augmentation du coût des denrées alimentaires et des importations, devrait se stabiliser vers 6-7 %. Il faut donc avoir le courage d'acheter ! Les actions chinoises sont non seulement survendues mais sont, en outre, bon marché et constituent des opportunités de croissance uniques au monde, notamment dans les secteurs des services, des biens de consommation aux marques fortes, des industries minières et dans tous les domaines qui profiteront des politiques gouvernementales de relance. Avez-vous un exemple ? China Water Affairs est le plus grand distributeur privé d'eau en Chine (10 millions de mètres cube par jour). Cette société vient d'annoncer que ses bénéfices ont été multipliés par 5,7 cette année par rapport à ceux de l'an dernier, et j'estime qu'ils doubleront encore d'ici trois ans. Cela représente un cash important. Le PER n'est que de 5 ; pourtant, aujourd'hui, personne ne veut de ce titre ! Votre conclusion ? Par son dynamisme économique, la Chine va obligatoirement devenir une classe d'actifs à part entière, comme le Japon il y a vingt ans. Les investisseurs devront tôt ou tard surpondérer cette région, ce qui fera immanquablement remonter la Bourse chinoise. Il me semble donc impératif de commencer dès aujourd'hui à accumuler des actions de notre pays. Propos recueillis par Claude Bejet Interview parue dans la Vie Financière n°3296 |
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