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Fannie Mae et Freddie Mac restent au centre des spéculations
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Jeudi 21 Aout 2008 à 20:51
par Lynn Adler

NEW YORK (Reuters) - Les spéculations sur un éventuel renflouement par l'Etat fédéral de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants américains du refinancement de crédits immobiliers, continuent d'agiter Wall Street, ce qui s'est traduit ces derniers jours par une chute de leurs actions mais aussi par la hausse de leurs obligations.

Ces dernières bénéficient en effet de la perspective d'une nationalisation partielle ou totale des deux sociétés, ce qui améliorerait bien sûr leur solvabilité, tandis que leurs actions souffrent de la peur de voir les actionnaires actuels dilués en cas de recapitalisation massive sur fonds publics.

Jeudi, les actions de "Fannie" et "Freddie", après avoir ouvert en net repli, ont regagné tout au partie du terrain cédé mais restaient non loin de leurs plus bas niveaux depuis près de vingt ans.

Les deux groupes, qui partagent le statut particulier de "government-sponsored enterprise" ou GSE, c'est à dire d'entreprise à capital privé mais sous tutelle publique, perdent de l'argent depuis un an, tandis que la montée des défauts de remboursement dévalorise leurs actifs et fragilise leur bilan.

Ils continuent toutefois de respecter les règles de capitalisation que leur impose Washington et refinancent régulièrement leurs dettes. Une nationalisation ne semble donc ni indispensable, ni urgente.

Mais Fannie Mae et Freddie Mac financent ou garantissent la moitié environ de l'ensemble des crédits immobiliers aux Etats-Unis, soit plus de 5.000 milliards de dollars de dettes au total. Et alors que le pays traverse la pire crise immobilière depuis les années 1930, leur capacité à financer des crédits en levant des capitaux sur les marchés est jugée cruciale pour le marché du logement et pour l'économie dans son ensemble.

DÉMANTELER...

Après la chute de leurs cours de Bourse, l'analyste spécialisé Dick Bove, du courtier Ladenburg Thalmann, estime que les autorités fédérales doivent se résoudre à démanteler purement et simplement les deux groupes.

"La seule décision rationnelle" à adopter concernant Fannie et Freddie "est de s'en débarrasser", juge-t-il dans une étude.

A Wall Street, les dettes émises par Fannie et Freddie se sont fortement appréciées ces deux derniers jours vis-à-vis des bons du Trésor, le marché estimant que le soutien des pouvoirs publics renforcerait la probabilité de remboursement des titres.

Les investisseurs surveillent avec d'autant plus d'attention l'évolution de ces dettes que les deux GSE doivent refinancer d'ici la fin septembre plus de 225 milliards de dollars de papier, selon Barclays Capital.

"S'ils arrivent à refinancer leur dette fin septembre (...) cela montrera que les marchés du crédit jugent la situation actuelle suffisamment confortable, ce qui, avec le soutien du gouvernement, leur assurera un répit important", estime Brian Gardner, analyste de Keefe, Bruyette & Woods.

"Si cela ne se passe pas bien, alors le Trésor, s'il ne l'a pas déjà fait, sera forcé d'entrer en jeu et d'agir plus vite que prévu."

... OU RENFLOUER EN DOUCEUR ?

Si les pouvoirs publics manifestent d'une manière ou d'une autre son soutien aux deux groupes en évitant une dilution massive des actionnaires, les actions des deux GSE devraient rebondir.

De ce point de vue, le marché suivra avec attention l'intervention de Ben Bernanke, le président de la Fed, prévue vendredi à 14h00 GMT sur la "stabilité financière".

En l'absence de perspectives claires, les actions resteront vulnérables, soulignent les analystes.

"Personne n'investira dans les fonds propres ou les actions préférentielles de Fannie et Freddie si la question : "que va faire l'administration ?" reste en suspens", explique Robert Napoli, analyste de Piper Jaffray.

L'une des solutions, estime-t-il, consisterait à lever l'obligation faite à Fannie et Freddie de détenir des capitaux supérieurs aux planchers en vigueur.

"Si l'administration leur apportait son soutien sans balayer les actionnaires (...) on assisterait à une année supplémentaire de mauvais résultats trimestriels puis les choses commenceraient à s'améliorer", assure-t-il.

Le Trésor pourrait aussi prendre une participation dans les deux entreprises, leur racheter des titres adossés à des crédits immobilier ou reprendre une partie de leur dette senior, estiment des analystes.

A la Bourse de New York, l'action Fannie Mae gagnait 7,05% vers 18h30 GMT tandis que Freddie Mac perdait 6,15%, après avoir cédé jusqu'à plus de 14% en début de journée.

avec Al Yoon et Walter Brandimarte, version française Marc Angrand


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