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| Etes-vous pétrolières ou « 2-boeufs » ? | |
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Lundi 25 Aout 2008 à 14:18
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Edito
La récente tentative de rebond des marchés d'actions a subi un sérieux revers mardi. A la situation économique défavorable s'ajoute une dégradation brutale du contexte géostratégique.
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(La Vie Financière) - En phase de récupération au début de l'été, les marchés boursiers ont brutalement décroché mardi sous l'effet d'une série de mauvaises nouvelles. En plus du énième épisode de la tragédie financière aux Etats-Unis, de la faiblesse persistante du secteur immobilier, de la poussée de l'inflation, du fort ralentissement de la croissance économique mondiale et alors que la Chine décrète des mesures de... relance économique, les menaces géostratégiques se sont soudainement aggravées.
La poudrière géorgienne Il est moins question aujourd'hui du terrorisme de groupes clandestins que de rivalités d'une bien plus grande envergure entre des ethnies et, surtout, entre des Etats et des coalitions, ce qui n'est pas sans rappeler le contexte du début du xxe siècle. A nos frontières, la Belgique des Wallons et des Flamands est au bord de l'implosion. A une bien plus grande échelle, l'axe Etats-Unis - Grande-Bretagane - Israël s'oppose à celui de l'Iran et de la Russie. Comme lors de la révolution bolchevique, la Russie craint le déploiement d'un cordon sanitaire garni de missiles que l'Otan et les Etats-Unis menacent d'installer jusqu'en Pologne (pour se prémunir d'éventuelles frappes iraniennes), alors que l'Ukraine, pays culturellement très proche de la Russie, propose les services de ses radars anti-missiles. Ce qui est perçu comme une provocation par le Kremlin, partenaire de l'Iran dans son programme civil nucléaire. Pour de nombreux pays occidentaux, et, au premier chef, Israël et les Etats-Unis, la menace nucléaire iranienne est considérée comme un casus belli. Justement, le canon retentit en Géorgie, une des trois petites républiques de Transcaucasie, historiquement dans la zone d'influence russe. Le pays ambitionne de passer dans le camp de l'Otan et aurait osé s'attaquer à l'Ossétie du Sud, province à forte densité russe. Cette fois, le Kremlin a fait tonner le canon. La région est une véritable poudrière. Les vastes réserves de pétrole de l'Azerbaïdjan, pays frère de l'atlantiste Turquie, transitent par le gigantesque oléoduc souterrain BTC (Bakou pour l'Azerbaïdjan, Tbilissi pour la Géorgie, Ceyhan pour la Turquie), d'une capacité de 1,2 million barils/jour, principalement exploité par BP selon un tracé très politique. Il évite, au sud, l'Arménie (en conflit avec l'Azerbaïdjan en raison de la sécession de la région autonome du Karabakh), l'Iran des ayatollahs et, au nord... la Russie. C'est donc un vaste jeu de dominos qui se joue. Le 17 octobre 2007, le président George W. Bush avait évoqué le risque d'une « troisième guerre mondiale » si les ambitions nucléaires de l'Iran n'étaient pas contrecarrées. Pour l'heure, les marchés financiers se refusent à intégrer une quelconque prime de risque : le cours du pétrole frémit à peine et celui du métal jaune poursuit sa décrue. Le pire n'étant jamais sûr, plutôt que de « troquer sa 2 CV contre une 2-boeufs », selon la formule de Raymond Devos, se constituer un bon matelas de valeurs pétrolières nous semble une solution alternative crédible. Jean-Jacques Avédissian, Rédacteur en chef Edito paru dans la Vie Financière n° 3298 |
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