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| "Et un impôt de plus, un !" | |
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Lundi 08 Septembre 2008 à 15:07
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Edito
Depuis 1996, les prélèvements sociaux sont passés de 0,5 à 12,1 % . Dernière trouvaille du gouvernement : financer le revenu de solidarité active pour nous dit-on, éviter de laisser filer un peu plus le déficit budgétaire...
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(La Vie Financière) - Le chef de l'Etat a donc décidé d'instituer - ce sera en fait au Parlement de le faire mais nul doute qu'il s'exécutera - une nouvelle taxe. Il y a, reconnaissons-le, un bon côté des choses : pour une fois - c'est sans doute une première dans l'histoire budgétaire de la France -, voilà une dépense engagée par l'Etat dont le financement sera assuré. Il n'est pas dit toutefois que celui-ci soit durablement suffisant ! Cette décision a, si j'ose dire, le mérite de la franchise car combien de fois, par le passé, a-t-on vu un gouvernement faire des promesses en laissant le soin aux successeurs, si possible d'un autre bord politique, d'en supporter les conséquences en augmentant les impôts ?
Il n'en demeure pas moins regrettable que ce gouvernement, qui s'était engagé à baisser les impôts, fasse le contraire. Je rappelle pour mémoire ce qu'avait déclaré le candidat Nicolas Sarkozy dans son programme économique : « Je n'augmenterai pas les impôts, mais au contraire je ferai tout pour les baisser. Je ne vois pas quelle gloire on peut tirer du fait que nos impôts sont de 4 points plus élevés que la moyenne de ceux de l'Union européenne à 15. » Autre contradiction : accentuer la pression fiscale va à l'évidence à contresens du discours sur la préservation du pouvoir d'achat des Français. Car, qu'on ne s'y trompe pas, cette nouvelle taxe va sanctionner largement l'épargne de ces derniers, qu'elle soit sous forme immobilière ou financière. Plus grave encore, l'Etat montre une fois de plus que l'épargne n'est pas et ne sera jamais en sécurité. Cet argent, que nous mettons de côté pour assurer notre avenir et celui de nos proches, était déjà sous la menace d'un retour pernicieux de l'inflation, c'est-à-dire d'une érosion de notre pouvoir d'achat. Cet argent est aussi, et risque de l'être de plus en plus, sous l'emprise d'une autre pression, celle des frais, commissions et prélèvements divers de la part des banques et des intermédiaires financiers. Comme si cela ne suffisait pas, l'Etat, dont une fois encore on vient à douter de la parole donnée, porte la main sans vergogne sur cette épargne, dont nous cherchons tous à nous doter pour nous préserver. Quand je pense, par exemple, que le Plan d'épargne en actions (PEA) avait été créé en 1992 en totale exonération fiscale. Regardez au fil des années ce qu'est devenue cette promesse de « sans impôt ». On en est maintenant à 11 % de prélèvement sur les plus-values et dividendes et, demain, à 12,1 % avec cette nouvelle taxe. Une allure d'ISF... Certes, la justification de cette dernière est louable, si tant est que les contours de cette « solidarité active » n'aient pas des allures de panier percé. Mais, franchement, demain, après-demain... les gouvernements successifs trouveront d'autres justes raisons : sauver la Sécurité sociale de ses 12 milliards d'euros de déficit annuel, sauver les retraites de la faillite qui les menace, sauver l'Etat plombé par presque 50 milliards d'euros de déficit annuel et une dette de plus de 1 200 milliards... Et comment faire autrement, nous dit-on, qu'instituer une taxe ? Mais en restreignant les dépenses de l'Etat et en faisant en sorte que chaque euro de nos impôts soit mieux utilisé avec un plus grand sens de l'efficacité ! Soyons clairs, Mesdames et Messieurs les parlementaires : cette taxe risque d'avoir pour beaucoup de nos compatriotes une terrible allure d'ISF - traduisez : Incitation à Sortir de France. Jean-Denis Errard, Directeur de la rédaction Edito paru dans la Vie Financière n°3300 |
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